bilingue a écriture exclusivement grecque. Les
deux feuillets, qui contiennent le Ps 77,20-31.51-61, appartiennent sans doute à un
psautier complet, entièrement disparu. Le contenu de la Geniza de Damas a été trans-
féré au Musée des arts turcs et islamiques d'Istanbul, comme le montre D. Sourde!, «À
propos des documents de la grande Mosquée de Damas», dans Revue des études isla-
miques 33 (1965), 75-85. La présence des voyelles dans ce fragment a été excellem-
ment exploitée par J. Blau pour illustrer les particularités de l'arabe chrétien ancien.
A. Baumstark s'est appuyé sur des arguments de critique textuelle touchant le texte du
Ps 1 10, dans un manuscrit qui portait autrefois Sa cote 94 à Zurich et a été mis en vente
en 1922 par la firme Hiersemann. Les manuscrits de ce catalogue sont également sou-
vent cités par G. Graf. Leur position présente a été dépistée par B. Outtier, «Le sort des
manuscrits du catalogue Hiersemann 500», dans Analecta Bollandiana 93 (1975),
377-380. Le psautier de A. Baumstark se trouve aujourd'hui dans la bibliothèque de
Bryn Mawr Collège, près de Philadelphie aux États-Unis. Le manuscrit lui-même date
du VIII c -lX e siècle, et l'étude de A. Baumstark attribue à son texte une ancienneté
allant jusqu'au V e siècle, dans «Der âlteste erhaltene griechisch-arabische Text von
Psalm 110 (109)», dans Oriens Christianus, 3 e série, 9 (1934), 55-66.
Citant les sources utilisées pour sa grammaire, J. Blau (29-35) a énuméré les
manuscrits les plus anciens, en y adjoignant encore des références bibliographiques
que nous ne reproduisons pas ici. Certains de ces textes ont fait l'objet d'une édition
ultérieure que nous citons:
- le Val. Borg. ar. 95 du LX e siècle, contenant les quatre évangiles a été édité pour
Matthieu et Marc par B. Levin, Die griechisch-arabische Evangclien-Ubersetzttng Val.
Borg. ar. 95 und Ber. orient, oct. 1108 (Uppsate, 1938). j. Blau leur adjoint le ms. Sin.
ar, 72, daté de 897, ainsi que les Sin. 74 et 75. Le codex daté présente déjà des cor-
rections de langue. Sur le ms. ar. Sin. 72, S. Arbache a écrit Une ancienne version
arabe des Évangiles (Bordeaux III, 1994), comme doctorat à l'Université Michel de
Mentaigne, A ce propos, le Bulletin d'arabe chrétien 1/3 (octobre 1977) annonçait un
travail d'ensemble sur les versions arabes des évangiles par A. Ferré, destiné à rem-
placer I. Guidi, Le traduzioni degli Evangelii in arabo e in etiopico (Rome, 1888), et
G. Graf, 138-170. Ce travail n'a cependant pas été mené à terme.
- le ms. Sin. ar, 70, du IX e siècle, contient également les quatre évangiles.
- le ms. Vat. ar. 13, également du IX e ' siècle, contient aussi les quatre évangiles.
- dans une langue beaucoup moins dialectale, le ms. Tischendorf XII, oriental 1075
INTERPRLTATION OFTHE BII1LE
de Leipzig, du X e siècle, et sa continuation Brit. Muséum add. 14467, contiennent des
fragments des évangiles. La première partie a été publiée par I. Gildemeister, De evan-
geliis in Arabicum e SimpHci Syriaca tmmhitis (Bonn, 1865). La traduction provient
du syriaque.
- le codex Sin, 155, du IX e siècle, a été édité par M. D. Gibson, An Arabie Version of
the Epislles ofSt Pau! to the Romans, Corinthians, Galalians wilh Pari of the Epislles to
lise Ephesians (Studia Sinaitica 2; Londres, 1894). L'éditrice ne savait pas que la suite
du même codex se trouvait au British Muséum, or. 8612 jusqu'à 2 Tim 2,12a. L'auteur
de cette version laisse apparaître une certaine influence araméenne, mais il s'agit en-
core d'une version sur !e grec.
- le ms. Sin. ar. 73, contient les épîtres de saint Paul, de Rom 6,20 à 2 Tim 3,8. Du IX e
siècle, sa langue est pourtant déjà moins locale.
- le ms. Sin. ar. 154, du IX e siècle, contient les Acles, et a été publié par M. D. Gibson,
An Arabie Version o/the Acts of tlie Apostles (Studia Sinaitica 7; Londres, 1899). Cette
version est traduite sur le syriaque.
- le ms. Paris ar. 6725, écrit en 902 à Jérusalem contient des fragments des Actes des
Apôtres, dans une langue plus évoluée.
- le ms. Brit. Muséum or. 8605, du X e siècle, contient Act 5,32-8,32; 13,13 jusqu'à la
fin et les épîtres catholiques. L'auteur trahit également une influence araméenne.
- le ms. Sin. ar. 151 du X e siècle contient les épîtres de saint Paul et les Actes, il est
copié sur un modèle daté de 867. Les épîtres ont été publiées par H. Staal, ML Sinai
Arabie codex 151 I: Tlw Poutine Epislles (CSCO 452; Louvain: Peeters, 1983) avec la
traduction anglaise (CSCO 453; Louvain, 1983); II: Acts of the Apostles: Calholic Epislles
(CSCO 462 et 463; Louvain, 1984).
- le ms. Sin. ar, 4, écrit en 964, est traduit sur la Peshitta et contient le Pentateuque. La
langue est déjà classique.
- le ms. Sin. 2 , du X e siècle, contient également le Pentateuque.
- le ms. British Muséum add. 26l 16, du IX e siècle, contient des parties de Job qui ont
été publiées par W. G. F. Graf von Baudissin, Translalionis antiquae arabicac libri
fobi quae supersunl mme primum édita (Leipzig, 1870) avec une traduction latine. La
suite de ce manuscrit est le ms. Sin. ar. 1, qui contient également des parties de Daniel,
Jérémie et Ezdras. Le texte de Job doit être confronté avec le codex de Lcyde 14238,
fol. 66-99, daté de 950, décrit par M. van Esbroeck, «Remembrement d'un manuscrit
sinaïtique arabe de 950», dans K. Samir, Actes du premier Congrès international d'étu-
des arabes chrétiennes (Orientalia Christiana Anatecta 218; Rome, 1982). G. Graf sig-
nale (127) encore ce codex sous la cote K. Miersemann, Katal. 500, Nr. 16, et y ajoute
des témoins de Milan, Sharfeh et Abu Maqâr.
- le ms. Sin. ar. 155, du IX C -X C siècle, contient le Siracide, et a été publié par
Iflrbl «... CSBHOOX, LES VERSIONS ORIENTALES DE LA BIBLE UNE ORIENTATION WRUOfiRAPHIQUP.
r, M. Frank, Tlie Wisdom of Jésus ben Sirach (CSCO 357 et 358; Louvain, 1974).
_ le ms. Sin. ar. 30, écrit en 977 contient les Psaumes et les Odes en arabe très clas-
sique.
- les fragments Bibliothèque Lénine or. 432 à Moscou contiennent un psautier trilin-
gue grec-syriaque-arabe écrit au IX e siècle.
Cette vingtaine de manuscrits anciens témoignent de traductions très ancien-
nes. Mais dès le IX e siècle, certains manuscrits ont déjà délaissé les tournures dialect-
ales propres à l'arabe chrétien. Les autres recopient des versions effectuées à des da-
tes plus reculées. La découverte en 1975 de manuscrits entre les deux murailles du
couvent de Sainte-Catherine au Mont Sinaî permet d'ajouter encore certains témoins,
décrits par L E. Meimaris, KaxôXoyoç râv véaiv àoajiimv xaQoygâqmv ttjç fegâc. ftovr/ç
éyiaç AixaTEQivriç roù ôgovç Itvâ (Athènes, 1985), surtout les parchemins n c 14 et 15,
avec les miniatures représentant les évangélistes, 33 et 56 pour l'Ancien Testament, 59
pour les Actes, 23 et 34 pour les Psaumes et les Odes, et le manuscrit de papier 19
pour la Sagesse. La plupart de ces fragments sont des parties de manuscrits connus
déjà par ailleurs.
Sur la Genèse, signalons R. Kôbcrl, «Die âlteste arabische Genesîs-Ubersetzung»,
dans E. Altheim et R. Sliehl, Die Araber in der alten Welt, tome 2 (Berlin: W. de Gruy-
ter, 1965), 333-343, qui imprime Gen 1-3 intégralement cité dans le -Kitâb al-Ma'arif»
d'Ibn Qutaybah, décédé en 884 ou 889.
Dans le tome 6 de Vie Coptic Encyclopédie) (New York / Toronto: Macmillan,
1991), 1827-1836, K. Samir a précisé les pages de G. Graf pour l'Ancien Testament du
point de vue copte. 11 examine successivement les traductions arabes-coptes com-
plètes pour les livres des Chroniques, d'Ezra, de Josué, des Juges, de Néhémie, du
Pentateuque et de Ruth, en remontant des éditions vers les manuscrits, tous médié-
vaux et postérieurs aux témoins en arabe-chrétien. Il distingue six versions des Chro-
niques dont il remonte la Filière manuscrite, quatre pour Ezra, quatre pour Josué, cinq
pour les Juges, trois pour Néhémie, six pour le Pentateuque, dont la première est celle
de Saadia Gaon, mon en 942, et le cas particulier de Ruth qui semble n'avoir pas tou-
jours figuré au canon biblique. Certaines parties ont fait l'objet d'une étude spéciale:
B. Knuttson, Studios in the Text and Language ofThree Syriac-Arabic Versions oftlie
Book ofjudiatm wilh Spécial Référence to llia Middle-Arabk Eléments (Leyde, 1974). À
celte étude fait écho K. Samir, «Trois versions arabes du livre des Juges», dans Oiiens
Christianus 65 (1981), 87-101.
Pour ce qui concerne le livre des Chroniques, le même savant compte une série
de versions:
- Pour la polyglotte de Paris, le manuscrit le plus ancien est le Paris ar. 23, copié en
Egypte au début du XIV-' siècle. A la même famille appartiennent le Paris ar. 1 (1585),
INTERPRETATION OFTHE BIBLE
UltM .<,* FSI1KOECK, LES VERSIONS ORIENTALES DE LA BIBLE: UNE ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE
le ms. du patriarcal copte Graf 244 [- G. Graf, Catalogue des manuscrits arabes chrù-
tiens conservés au Caire (Vatican, 1934)] ou Simaykah 49 [- M. Simaika Pasha et Yassa
Abd-al-Massih Effendi, Catalogue ofthe Coptic and Arabie Manuscripts in the Coptic
Muséum, the Patriarcale, the Principal Clmrches ofCairo and Alexandrie and the Mo-
nastcrîes ofEgypt, 2 vol. (Le Caire, 1939 et 1942) les cotes de Simaykah, étant les
seules à être connues sur place au Caire], et la Bodl. 270 (Nicoll, Christian Arabie 2
|XV11 C siècle)). 1 Chron y est appelé «6 èmc livre des Rois»,
- Une version antérieure au XIV e siècle se trouve dans le Bodl. 493 (Nicoll Christ.
Arab. 5). A cette version se rattachent deux manuscrits du Caire au patriarcat copte:
Graf 235 ou Simaykah 13 (1585) et Graf 236 Simaykah 94 (1760), Ces versions don-
nent pour titre une fausse interprétation de l'hébreu «dibre hayyamîm» comme «dbar
Yamin», fils de la main droite. L'origine est sans doute syriaque sfardbaryomïn.
- Une autre version avec le même titre en paraît un remaniement, et se trouve dans
les manuscrits du Patriarcal copte Bible 44, avec le même texte, mais une division
différente. S'y rattachent les mss Vatican 399, XV e siècle, le manuscrit du Musée Copte
Bible 102, Graf 674, Simaykah 29, et le Patriarcal Copte Bible 44, Grar 237, Simaykah
107, de 1782.
- Au XV L " siècle il y encore trois témoins d'une autre traduction, Paris ar. 24, Florence
bibl. Palatine or. 9 et Patriarcat copte Graf 257 et Simaykah 44.
- Aux XVÏÏ e -XVIII c siècles, pas moins de sept manuscrits du Patriarcat copte es huit
du Musée Copte ont copié l'édition romaine de 1671.
On trouvera dans Vie Coptic Encyclopédie les détails pour les autres livres de
l'Ancien Testament, et donl la morphologie générale est assez proche du cas des
Chroniques, l'édition romaine de 1671 ayant partout provoqué de nombreuses copies
manuscrites.
Les travaux de G. Graf et de K. Samir n'ont pu encore inclure les 44 manuscrits
bibliques brièvement signalés par U. Zanctti, Les manuscrits de DayrAbû Maqâr (Ge-
nève: P. Cramer, 1986), 17-20.
Parmi les recensions coptes-arabes, plusieurs sont intégrées dans les manuscrits
ou éditions de la Bible complète, par lesquelles G. Graf avait commencé son exposé
(88-101). Il est utile de les mentionner ici:
- D'après MasTjdî, mort en 957, la Septante aurait été entièrement traduite en arabe
par Hunayn ibn Ishâq, mort en 873. Rien n'en est demeuré.
- Du côté melkite, au XVT siècle, une traduction complète de la Bible demeura à
Balamam au Liban avant d'être transférée par le patriarche melkite Grégoire IV (1906-
1928) à Saint-Pétersbourg, où il figure sous la cote Musée Asiatique D 226, Son texte
correspond aux mss Vatican arabe 467 et 468. Ceux-ci furent composés par le jésuite
Giovanni Baptista Eliano en 1578-1579, a la demande du Pape Grégoire XIII. Le rap-
port entre ces deux rédactions a donné lieu à une ample discussion, dûment signalée
par G, Graf, 90-92. Elles remontent probablement à un archétype commun. Ce texte
devait aboutir à l'édition romaine de 1671.
- A la même époque, on confectionna chez les Coptes une Bible entière à partir de
versions partielles diverses. Il s'agit du Paris ar. 1, écrit au Caire en 1584-1585, base de
la polyglotte de Paris. La suite en est le British Muséum or. 1326, ar. Suppl. 1. G. Graf
signale encore quelques Bibles complètes, qui devraient être analysées: une signalée
au collège Maronite de Rome, une dans la collection Adler de Washington, et une frag-
mentaire dans le Parisinus ar. 4759, une dans le ms. Beyrouth 419, achevée en 1690.
Au British Muséum l'or. 8745 serait une traduction sur la Vulgate, d'après O. Lôfgren
dans Studien zu don arabischen Danielûbcrsctzungen (Uppsala, 1936). Enfin les Ca-
pucins usaient en 1633 à Alep d'une Bible arabe traduite de la Vulgate.
- La première édition complète est celle des polyglottes de Paris et de Londres. Ga-
briel le Sionitc y traduisit du syriaque sur la base du Paris ar. 1.
- La deuxième édition est celle du Pape Grégoire XIII parue en 1671 sur les mss Va-
tican 467 et 468: Biblia sacra arabica sacrae Congregationis de Propagande Fide
jttssu édita ad usum Fxclesianim Orienlalium addilis et regionis bibtiis latinis mdgatis,
3 vol. (Rome, 1671). Sur cette édition, G. Graf donne encore une bibliographie im-
portante, 96-97.
- Le copte Raphaël al-Tùkhî édita à Rome une bilingue latine-arabe: Biblia sacra in
lingua arabica (Rome, 1732), en deux volumes. L'auteur a traduit directement de la
Vulgate. Sa traduction n'a pas eu d'influence en Égypie.
- À l'initiative de Eli Smith, missionnaire protestant mort en 1857, l'imprimeur Cor-
nely van Dijck de Beyrouth mit en route une traduction destinée à remplacer la Bible
de 1671. Y travaillèrent les savants maronite Butrus al-Bustâni et melkite Nâsîf ai-
-Yazigi ainsi que le professeur musulman de la mosquée d'al-Azhar du Caire, Yûsuf al-
-Asir. Sur celte édition qui parut à Beyrouth en 1858 et 1860, puis en un volume en
1864, 1. A Saliba, «The Bible in Arabie: The 19lh Century Protestant Translation», dans
Vie Muslim World 65 (1975), 254-263, a puisé d'utiles renseignements aux Archives
de l'American Board of Commissioners For Foreign Missions, conservées au Harvard
Collège Library, Cambridge, Massachusetts. Un résumé en est fourni par S. Khalil dans
le Bulletin d'arabe chrétien 3 (1979), 33-34,
- J. D. Carlyle, Vie Holy Bible; Containing the Okl and the New Testaments in the Ara-
bie Language (Newcastle upon Tyle, 1811), est la première Bible protestante a l'usage
des missionnaires. Le Nouveau Testament connut quatre éditions en 1820, 1833, 1850
et 1858, et la Bible entière en 1822, 1831, et 1860. La bibliographie concernant le texte
de ces éditions est donnée par G. Graf, 98-99. Elles continuèrent avec huit éditions jus-
qu'en 1907 et cinq éditions de la Société biblique américaine jusqu'en 1884 à Beyrouth.
Interprétation or the liniu:
- Les Dominicains de Mossoul à l'initiative de Joseph David publièrent une Bible
complète en 1875-1878 en 4 tomes. Il s'agit pratiquement d'une révision de l'édition
de 1671.
- L'édition des jésuites al-Kilâb al-Mitqaddas, Beyrouth, 1 (1876), 2 (1880) et 3 (1878)
eut cinq éditions jusqu'en 1932. Elle se signale par sa vocalisation intégrale et sa tenue
littéraire.
Là où G. Graf, 101-137, passe en revue les traductions par livres isolés de l'An-
cien Testament, nous extrayons mainienani ce qui ne concerne pas les coptes, déjà
recensés et mieux identifiés par K. Samir, ni les éditions déjà rencontrées. Autrement
dit, il s'agit des livres isolés dépendant du syriaque.
- Pour le Pentateuque, trois versions dépendent de la Peshitta. La première a été
éditée par P. de Lagarde, Materialien zitr Kritik und Gescliichte des Pcntatcuclts, vol. 1
(Leipzig, 1867) sur la base du manuscrit de Leydc or. 2365, de 1240, dont le texte doit
être corrigé selon les indications de J. Caleb Hughes, De Lagardcs Ausgabe der arabi-
schen Ûberselzung des Pentateuchs Cad. Leiden arab. 377 ttachgepni/t (Leipzig, 1914)
et Lcipziger Sentit. Studien VII, 3 (1920), et figure ci-dessus dans le corpus de J, Blau
pour la grammaire de l'arabe chrétien d'après le fragment Tischcndorf. G. Graf signale
encore Breslau univ. or. 1, Minganaar. chr. 1 (1270) el Berlin ar. 10172(1280) pour des
fragments seulement. La deuxième recension dépend de la Peshitta syriaque orientale,
et a été présentée par G. Graf, «Die arabischc Peniaieuchûbersetzung in cod. Monac. Ar.
234-, dans Bibtische Zeitscliri/i 15 (1919-1921), 97-115, 193-212 et 291-330. Une partie
de cette version se trouve aussi acéphale et mutilée clans le Vat. ar. 525 (XVII C -XVIII°
siècle). La troisième version provient de l'Hcxapte syriaque. Elle a été composée au X e
siècle par le syrien al-Hârit ibn Sinân ibn Sinbàl, originaire de Harrân, Elle a été décrite
par Abu'l Barakât ibn Kabar, mort en 1324, au chaô de «La lampe des ténèbres», On la
trouve dans le Paris, ar. 13, dans le Bodl. Ar. Christ. Uri 2, et dans Dayr Abu Maqâr
1. Quelques exemples de sa traduction figurent dans les commentaires du tome 6 de la
polyglotte de Londres. G. Graf énumère encore 108 plusieurs manuscrits non analysés
du Pentateuque, dont quelques-uns ont été déjà rencontrés ci-dessus chez les coptes.
- le psautier a été étudié par J. C. Dôderlein, «Von arabischen Psaltern», dans Peperto-
riumfûr biblisdte und inorgeiilàndisclw Literatur, vol. 2 (Leipzig, 1778), 151-179; vol.
4 (1779), 57-96. Les traductions indépendantes ont été nombreuses. Abdallah ibn al-
•Fadl, au XI e siècle, refit une traduction melkite dont le prologue se trouve dans le ms.
Vat, ar. 4. En 1735, le melkite Abdallah Zâhir en fil une révision, qui a fini par s'impo-
ser même chez les Coptes. Un aperçu des innombrables éditions est donné par C. Ka-
ralevsky, Xçuaoarojuxâ, Rome 1908, 604 sqq.
- L'édition du Patriarche Athanase IV Dabbâs d'Antioche à Alep en 1706 connut seize
impressions jusqu'en 1863.
McAïf m» rXtlRoeCK. LES VERSIONS ORIENTALES DE LA DIIILE; UNE ORIENTATION HlMJOGRAI'mQtJE
Parmi les textes arabes de toute provenance, on notera l'édition du dominicain
Augusttnus Justinianus, évêque de Nebbio en Corse (1470-1536), qui publia à Gênes
un Psalterinm Hebreum, Graeaim, Ambicum et Chaldoum cum tribus latinis inlerprc-
tationibus et glossis (Gênes, 1516). Le couvent Saint-Antoine de Quzhaiyà publia un
nouveau psautier syro-arabe carchùni (arabe écrit avec des caractères syriaques) à
l'initiative de l'archevêque maronite Sarkls ar-Ruzzî: Psalmi syriace et arabicc (1610).
G. Graf signale encore 124-126 deux psautiers mozarabes, British Muséum Ar. 4 (1239)
et Val. ar. 5 (XIII e siècle), et plus de cinquante manuscrits qu'il faudra:! dépouiller
pour situer leur version dans le large vôlam des traductions arabes.
- Le Canlique des Cantiques a été publié à part par J. G. Nisselius, Cantiatm canti-
connu Sclwlemanis aethiopice et arabice (Lugd. Balav., 1656). Les Proverbes de l'édi-
tion de 1671 furent fortement retravaillés sur l'hébreu dans l'édition de Agapius Bsay,
Amial Sulaiman at-hakim (Malte, 1834). Du même une édition bilingue arabe-copie:
Proverbia Salomonis (Rome, 1889). La Sagesse el le Siracide sont imprimés dans
Claude.). Labib, Kitab alasfâr al-mahdufa (Le Caire, 1911). Les livres de la Sagesse,
Proverbes, Siracide el Cantique furent également, selon le témoignage d'Abu'l Bara-
kâl, traduiis par al-Hârit ibn Sinân de Harrân. Parmi la tradition manuscrite on notera à
Birmingham le Mingana ar. chr. 121, du X e siècle. Le Siracide apparaît aussi dans une
traduction de «Pcihion fils de Job, traducteur du pays de Syrie», qui travaillait au milieu
du IX'' siècle, notamment dans le codex du Caire Patriarcat copte 232 (XVII e siècle),
fol. 74-91. Pour le Siracide, le jacobite Basile de Tibériade fit également au X e siècle
une révision sur la Septante d'un modèle dépendant du syriaque, contenu dans le ms.
carchùni Paris syr. 179, fol. 58-126. À ces quelques points de repère, G. Graf adjoint
(130-131) 38 manuscrits dont le texte devrait êire analysé.
- Pour les prophètes, il y a une étude d'A, Vaccari, «Le versioni arabe dei profeli»,
dans BibHca 1 (1920), 266; 2 (1921), 401-423. Les manuscrits utilisés pour les polyglot-
tes remontent à un archétype traduit par un certain 'Alam. Une autre traduction sur les
Septante se trouve dans le ms. British Muséum Ar. SuppL 3 (1806). Une iroisième tra-
duction a été faite immédiatement sur le copte. Elle est conservée dans les mss Am-
brosienne C 58 inf (1226), dans le ms. Brit. Muséum or. 5918 (XIII c -XIV e siècle), el
dans le ms. Bodl. Ar. Christ. Uri 6. Pour les prophètes, Pelhion a égalcmeni donné une
traduction d'Isaïe, Jérémie et Ezéchiel que l'on trouve dans les mêmes manuscrits. Les
recensions du livre de Daniel ont été étudiées par O. Lôfgren, Studien ztt den arabi-
schen Danieliibersetztmgen mit besonderer Bcntcksichligtmg des cbristlidien Textes
(Uppsala, 1936).
Le Nouveau Testament possède encore un plus grand nombre d'éditions el de
manuscrits. Un survol toujours valable en a été fourni par H. Hyvernai, dans l'article
(versions) arabes du Dictionnaire de la Bible, tome 1 (Paris: Lclouzey el Ané, 1912),
iNTERI'lUiTATTONnFTin; BIBLE
411
KM ™„ ESnnOFCK, LES VERSIONS ORŒNTALBS Dé LA BUILE- UNE ORtliNTATTDN BIBLIOGRAPHIQUE
col. 851-856, sur in base de I. Guidi, Le trciduzioni dei Evangcli in arabo e in etiopico
(Rome, 1888), tandis que G. Graf lui consacre 138 à 195 des notices plus fouillées.
- Le premier groupe est antique, et représenté par quatre témoins manuscrits:
MS. Borgia ar. 95 (IX e siècle), Berlin or. oct. 1 108 (1046-1047), Leipzig or. 1059 A (IX e
siècle) et Sin. ar. 74 (IX e siècle). Tous ces fragments proviennent du Mont Sinaî. Un
cinquième tout petit fragment, Mt 13,49-52, contenant aussi un morceau du texte
grec, a été décrit par J, Rendel Harris, Biblical Fragments from the Motmt Sinai (Lon-
dres / Cambridge, 1890), puis dûment édité par A. Smith Lewis, A Catalogue ofthe Sy-
riac Mss in tlie Con vent o/Sl. Catherine on Mou nt Sinai (Londres, 1 894), 1 05. Le tout a
été étudié et édité comme on l'a vu parmi les sources de la grammaire dej. Blau, par
B. Levin, Die griechisch-arabischc Evangelien: Ùbersetzung Vat. Borg. 95 und Berl.
orient, oct. 1108 (Uppsala, 1938). Cette recension porte des rubriques liturgiques
d'une antiquité telle, qu'il n'est pas exclu du tout que la traduction date de 630. Elle
reflète des usages sûrement antérieurs à 843- Se rapprochent de ce type, les mss Sin.
ar. 75 et Sin. ar. 72, écrits en 897 par Stéphane de Ramlah. Cette version garde des
traces du Diatessaron. À cette recension, G. Graf rattache le fragment de Paris suppl.
grec 911, qui provient du Saint-Sépulcre et contient Le 23,46-47. Il a été reproduit
dans Rômische Quartakchrifl 1 (1893), planche XIV, 2 et commenté 78.
- Le Vat ar. 13, du IX e siècle, présente une traduction différente, souvent élargie par
des reprises et des commentaires, dont I. Guidi, le versioni, 8 sqq., a reproduit des
spécimens pour Mt 10,28-41 et 26,1-13.
- Théophile ibn Taufil, évèque melkite du Caire originaire de Damas fit une tra-
duction des évangiles dont deux exemplaires, l'un daté de 1046, l'autre de 1 195, servi-
rent au remaniement qu'effectua le copte Hibatallâh ibn al-'Assâl en 1253- S'y ratta-
chent, parce que traduits sur le grec, les mss Sin. ar. 69 (1065), Sin. ar. 99 (1286) et Sin.
ar. 91 (1292), étroitement dépendants du codex Alexandrinus. Egalement les mss Sin.
ar. 97 (1123), Sin. ar. 104 (1281) et 106 (1056). Ces derniers sont des lectionnaires.
G. GraT ajoute encore huit autres manuscrits de Beyrouth, du Saint-Sépulcre, de Flo-
rence, de Sarfeh, ainsi que trois bilingues Sin. ar. 43 (995-996) et Saint-Sépulcre grec
25 (XI e siècle) et Venise Marc. Grec 539,1 (XII e siècle).
- G. Graf classe ensuite 148-149 six manuscrits comme mélange entre les versions
arabes-syriaques et arabes-grecques, dont le Borg. nr. 71 du XI e siècle, est le plus an-
cien. Sur ce groupe, on verra l'article de C, Peters, «Von arabtschen Evangclientexten
in Handschriften des Universitâts-Bibliothek Leiden», dans Acta Orientaiia 10 (1940),
131-135. C'est dans ce groupe que figurent les mss Vat. ar. 467 et 468 qui aboutirent a
l'édition de 1671. S. Euringcr, «Zum Stammbaum der arabischen Bibelhandschriften
Vat. ar, 468 und 467>, dans Zeitschrift fur Semilistik und verwandte Gehiete 7 (1929),
259-273, a démêlé l'influence du Diatessaron dans ce groupe.
- Pour les versions arabes dépendant du syriaque, j. Gildemeister, De evangeliis in
arabicum e simptici syriaca translate (Bonn, 1865), a réuni les témoignages du codex
de Leipzig, Univ. or. 1075 (X e siècle) avec ceux du BriL Muséum add. 14467. Le Vat. ar.
1 3, étudié par I. Guidi, s'y rattache.
- Le nestorien Abu'I Farag 'Abdallah ibn at-Taiyib, mort en 1043, traduisit directement
du syriaque. Ibn al-'Assâl signale un autre contemporain BiSr ibn as-Sirri dont il a uti-
lisé la traduction pour Matthieu et Luc. Appartiennent a une traduction de ce type huit
manuscrits dont les plus anciens sont le ms. Sin. ar. 82 (1197) et le Carchûni Berl. ar,
10175 (1265). G. Graf donne encore (152) dix-sept autres manuscrits plus tardifs qui
paraissent se rattacher a ce type, avec la bibliographie qui s'y rattache.
- Il reste également une traduction arabe du Diatessaron lui-même, éditée à partir
d'un manuscrit du XII e siècle de la bibliothèque de Paul Sbath, d'abord par A. Ciasca,
Diyàtàsânm... sett Tatiani Evangeliorum Harmoniae arabice (Rome, 1888). Une im-
pression anastatique parut en 1914. Cette édition provoqua une grande série de publi-
cations, dont quelques-unes sont signalées par G. Graf. L'existence de cette version fut
mieux déterminée par A S. Marmardji, Diatessaron de Tatien: Texte arabe établi, tra-
duit en français, collationné avec les anciennes versions syriaques, suivi d'un évangile
diatessarique syriaque et accompagné de quatre planches hors-texte (Beyrouth, 1 93 5).
il se base sur le manuscrit du Caire 263 (1796) qui correspond au Borgia ar. 250 et qui
nomme Ibn at-Tayib comme traducteur. L'ouvrage a été critiqué par A. Baumstark
dans Oriens Cbristianus 33 (1936). 235-245, par D. S. Margoliomh d^s Journal of
Vwological Studies 38 (1937), 76-79 et par P. Benoit dans Revue Biblique 46 (1937),
124-128. L'auteur a trop souvent été influencé par son propre «arabe classique., et a
négligé les fragments de Beyrouth, signalés par S. Euringer. Die Oberlieferung der
arabischen Ùbersetzung des Diatessarons (Beyrouth, 1912), où l'on trouve aussi Die
Bairuter Fragmente par G. Graf. La découverte d'un fragment diaiessarique a Doura-
-Europe* en 1935 est intégrée dans la monographie de C. Peters, Das Diatessaron
Tatians (Rome, 1939).
- La recension Harcléenne syriaque a été également traduite en arabe dans le ms.
British Muséum ar. Suppl. 5 (or. 2291) du XII e siècle. Un autre exemplaire est signalé
par L. Cheikho à Saint-Marc dejérusalem.
- En Egypte, la Vulgate égyptienne prolonge la version bohaïrique copte. Un des ma-
nuscrits utilisés par Hibatallâh ibn al-'Assâl pour son édition savante était daté de 1204,
et Cheikho signale une traduction également Alexandrine de 1048. De cette version il
existe une édition bilingue au Caire en 1820 et une autre en 1902. En outre, elle figure
à côté du texte copte dans l'édition de H. Tattam à Londres en 1829. De cette version,
G. Graf énumère 38 manuscrits (156). Il en existe sûrement beaucoup d'autres. La pre-
mière édition est due à G. B. Raimundi, al-IngM al-muqaddas: Evangelium Sanctum, in
T
interprétation oftiie Bmu
i«>frt ainsi aue l'année suivante avec une traduction
!yP o g raphia Mto» £~ ^ ^ ^ d£ tex(c qu , puisé Sédition de Thon,.
interlinéaire d'Antoine Siomia. C est a ce type h r
van Erpe, ou Erpenius a Leyde en tftt qui s'appu^ur le m i L ^ ^ ^
,yant appartenu à Scalige, La provenance est analyste par p - * ^ '
Z du m. Vienne or. 1544 (XTV-XV- siècle), complète par L ydc o, 2374 ov^
„ n également de Scaliger. Le, polyglottes ont utilisé .'édition de Rome de 159 De
H vuSe égyptienne, G. Graf note encore (169-171) 92 manuscrits avec queues
Gospels , y G _ Gfaf cn sigrale une ving-
rf<? erudicôn oriental (Saragosa: M. Cscar, ijwj. du j'
■„ i eo léfc K. Samir -La version arabe des évangiles d al As ad ion ai
taine de manuscrits 162-103 .K. samir, ^ mMm crriK 11
n , , j.nw«,fi9 0994)441-451, a porté ce nombre à 31 manuscrits, il
"Assâ», dans Parole de lOneiitWdJJU.-* 1 ' > » ■ . „ n «,iJ M ifiKdc
x ■ _ J. i r.uitli en 1888. de MacDonald en 11W, ae
k- n R-iilcv «The Arabie version ol UK moie>, uaua &
scri,s mélangeant les deux traductions, le plus ancien étant du XV,^ s,ecl .
Texil au surplus plusieurs essais d'interprétation des évangi es en s, ce ,
gan, arabe. Le plus célèbre auteur est le syrien 'Abd,, * «^^££
Coran se justifiant de son origine divine uniquement par le critère ^la subhn, <^
sa hngue ces essais démontrent que l'évangi.e ne présente aucun obstacle pour être
au premier Symposium syro-arabicum de Kaslik en septembre «^T^
arabe est encore a paraître. G. Graf en signale six manuscrits dont certains
^^Z de ce genre littéraire très spécia. est toutefois attestée a date beau-
OTU p ;::::i m z «^ * «* *. « ^r «^
Z d'ii-Oâsim ton Ibrahim al-Hasani, un imâm yémemte decéde en 860. L de Ma.
^ ÎEÏÏ ÏÏl —on compte semble avoir exis.dom J
moign^ mss Vat. a, 17 (1309) et 18 (993). Des échantillons en on, été pub,,.
13 413
, ESSBOECK, LES VERSIONS 01llî-NTAl,l=S DE LA BIBLE; UNI! ORIENTATION IllllUOORAPHIQUE
par C, Peters àanaActa Orientalia, t. 18 (Leyde, 1940), 124-137.
Un autre essai de ce genre revient au nesjorien Isoyahb ibn Malkùn au XII e
siècle. G. Graf signale trois mss Sarfeh ar. 2/1, Sbath Fihris 226 et Borg. syr. 47 (1399).
Des échantillons ont paru à Beyrouth dans Mairiq 1 1 (1908), 903-907. Un Cheikh Ibn
Dâd Yasu' aurait, au témoignage d'Abdiso' de Nisibe, déjà composé un refacimento
analogue, qui semble perdu totalement.
- À l'initiative du hetman cosaque Jean Masepa, le patriarche Athanase IV Dabbâs
d'Antioche fit publier a Alep en 1706 une nouvelle version arabe.
- Enfin Ya'qùb al-DibsT d'Alep retraduisit les évangiles en 1691. G. Graf en signale
trots manuscrits, et quelques échantillons édités dans Mairiq 4 (1901), 108; 7 (1905),
74:17(1914), 27.
G. Graf termine son exposé sur les évangiles par quelques traductions arabes
faites sur le latin, qui proviennent d'Espagne. Il annexe ensuite à cette section la signa-
lisation de 87 manuscrits non analysés. On augmentera facilement ce nombre si on
utilise les petits catalogues récents publiés en arabe el qui recensent les manuscrits
des couvents melkites de Syrie et du Liban: Les manuscrits arabes dam la bibliothèque
patriarcale d'A mioche el de tout l'Orient (Beyrouth, 1 988), Les manuscrits arabes clans
la bibliothèque épiscopale d'Alep (Beyrouth, 1 989); Les manuscrits arabes dans tes cou-
vents orthodoxes antiochéens au Liban, tome 1 (Beyrouth, 1991) |6 couvents) et tome
2 (Beyrouth, 1994) [couvent de Balamant]; Les manuscrits arabes de diverses collec-
tions c) Ijoms, Hama et Latakié (Beyrouth, 1994). Le catalogue le plus copieux, celui
de Sayidnayah près de Damas, doit encore paraître. La nomenclature des manuscrits
disponibles n'est évidemment pas close.
Le Praxaposiolos et l'Apocalypse doivent enfin être traités à pari, car ils consti-
tuent souvent des manuscrits autonomes. Ils jouissent d'une distribution manuscrite
et ecdotique assez semblable, mais moins fournie que celle des évangiles.
- L'ancienne traduction est éditée sur le ms. Sln. ar. 155 (IX e siècle) par M. Dunlop
Gibson, An Arabie Version o/the Epistles o/St Paul to the Romans, Corinthians, Gala-
tians with Par! o/the Epistles to the Ephesians (Londres, 1894). Les 34 feuillets qui
manquèrent à cette édition ont figuré dans la collection Groie, et sont aujourd'hui au
Bril. Muséum or. 8612, comme l'indique F. Krenkow, >Two Ancien! Fragments of an
Arabie Translation of the New Testament», dans Vie journal o/the Royal Asiatic Soci-
ety (1926), 275-285. Sont semblables le Vat. ar 13, le fragment de provenance sinaî-
lique Brit. Mus. or. 8605 (X e siècle), et le Paris ar. 6275, écrit par David d'Ascalon en
902. Du même type sont le Sin. ar. 97 (1123), et un manuscrit de Florence, Pal. Med.
or. 9, avec traduction latine interlinéaire de Giovanni Battista Raimundi.
- Athanase IV Dabbâs a également imprimé le Praxapostolos à Alep en 1706 sur la
base du grec.
INTERPRETATION OKTI1F. niBLE
- Sur le syriaque a été traduit le ms. Sin. ar. 154 (IX e siècle) qui est un excellent té-
moin de la philoxénienne, avec les Actes et les épîtres catholiques. Le tout est édité
par M. Dunlop Gibson, An Arabie Version of the Acts of the Aposlles and the Seven
Catholic Epistles (Londres, 1899). Un fragment Tischendorf, daté de 892, aujourd'hui à
la Bibl. Publique de Saint-Pétersbourg ar. 327, dépend de la Peshitta avec un caractère
nestorien. Un échantillon est donné dans Const. Tischendorf, Notilia edilionis codicis
bîblkonim Sinaitici... (Leipzig, 1860), 67 sqq. Ce texte est aussi celui de l'édition d'Er-
penius I Leyde en 1616. Un précédent extrait avait été publié par Ruthgcr Spey, Epis-
tota Pciuli ad Galatas, item sexprimaria capita christianae religionis, arabice (Heidel-
berg, 1583). sur un manuscrit de Heidelberg. C'est là la première impression en arabe
en Allemagne. Du même manuscrit provient l'épître de saint Jude par P. Kirsten à Bres-
slau en 1611, et celle a Tite à Leyde en 1612, par J. Antonides. Thomas van Erpe lui-
-même avait en 1615 édité a Leyde Romains et Galates. Le même texte fut utilisé pour
une bilingue éthiopien-arabe à Leyde en 1654 en trois livraisons par J. G. Nisselius et
Théodore Petraeus. G. Graf y ajoute (176-177) 62 manuscrits, dont certains ont suscité
une étude.
- Sur la version arabe de l'édition de 1671, G. Graf indique huit manuscrits d'origine
syriaque.
- Une version d'origine copte est représentée surtout par le fragment Tischendorf
49, aujourd'hui Leipzig or. 1058 (Xm e siècle). Le Vat. ar. 14 (1357-1358) la présente in-
terlinéaire dans le texte copte. G. Graf signale encore une vingtaine de manuscrits qui
appartiennent vraisemblablement à cette catégorie.
- Le corpus paulinien a été traduit spécialement par al-Wagïh Yûhannâ al-Qalyûbi et se
trouve dans le ms, Var. ar. 28 (XIII e siècle), dont le texte est identique au commentaire
du même dans le ms. Vat. ar. 44. De cette version, il y a une copie de Léon l'Africain dans
la bibliothèque d'Esté à Modèneen 1521. Dans sa préface, al-Qalyûbi indique qu'il a uti-
lisé la traduction, aujourd'hui disparue, de Ibn Kâtib Qaisar. G. Graf signale enfin six ma-
nuscrits présentant u n texte mêlé d'origi ne syriaque et égyptienne.
- Quelques fragments d'une traduction du latin remontent au X e siècle, et un texte
complet s'en trouve dans le manuscrit de Madrid Bibl. Nationale 4971. Le tout est
repéré dans H. Goussen, Die dirisllich-arabischer Lileratur der Mozaraber (Leipzig,
1909), 10.
A la fin de celte section, G. Graf ajoute 52 manuscrits de contenu non étudié,
auquel il faudra ajouter ceux des catalogues récents de manuscrits non encore analysés.
Pour l'Apocalypse, G. Graf a lui-même écrit une étude, .Arabische Ûbersetzun-
gen der Apokalypse», dans Biblica 10 (1929), 170-194. Sur le grec, il signale le ma-
nuscrit de Florence Pal. Med. Or. 29, et sur le syriaque le Borg. syr. 67 (XVI e siècle) en
syriaque et carchûni. U distingue trois groupes pour la version venant du copte, et
MlrM m. KSmoKCX, LES VERSIONS ORIENTA1.ES DE LA DIRLE: UNE ORIENTATION HtnUOGRAPHIQUE
deux autres recensions dans quatre manuscrits. Neuf autres manuscrits sont écrits
face au texte bohaîrique. Finalement, il signale encore treize manuscrits non analysés.
À la fin de son étude sur les traductions arabes de la Bible, G. Graf dresse en-
core un tableau des lectionnaires. Dans ce domaine, le spécialiste est aujourd'hui
U. Zanetti, Les lectionnaires coptes annuels: Basse-Egypte (Louvain-la-Neuve, 1985). Du
côté arabe, G. Garitte, «Les rubriques liturgiques de quelques anciens tétraévangiles
arabes du Sinai>, dans Mélanges liturgiques Dont B. Botte (Louvain, 1972), 151-166, et
«Un évangéliaire grec-arabe du X e siècle (cod. Sin. ar. 1 16)», dans K. Treu, Studia Codi-
cologica (Berlin, 1977), 207-225, a montré que ces manuscrits sont des témoins de la
liturgie hagiopolite. Les données sont analysées sur un grand nombre de manuscrits
par U. Zanetti, «Les lectionnaires arabes», 191-196, dans C. Amphoux et P. Bouhot, cités
au début de ce résumé, ainsi que «Les lectionnaires coptes», 14 1-190, qui incluent ici
la Haute-Egypte.
2. Les versions arméniennes de la Bible
La date de la traduction arménienne de la Bible dépend entièrement de celle de
la création de l'alphabet arménien. Celle-ci a donné lieu a une littérature immense. Il ne
fait pas de doute que l'alphabet arménien a été créé dans le premier quart du V e siècle.
D'après l'Histoire de Moïse de Khorène et celle de Koriwn, une première traduction sur
le syriaque serait de 405-406, puis en 431, il y aurait eu une révision sur te grec à partir
des Hexaples d'Origène. Quelles que soient la date discutable de Moïse de Khorène,
qu'on place volontiers jusqu'au VIfr siècle, par exemple C. Tonmanoff, «On the Date of
the Pseudo-Moses of Chorene», dans Handes Amsoreay 75 (1961), col. 467-476, et le
genre littéraire de l'histoire de Koriwn, analysée par deux articles récents comme un
Encomiiim, A. Terian, «Koriwn's Life of Mashtols' as an Encomium», danajournal qflhe
Society for Armenian Studies 3 (1987), 1-14, et E. G. Mathcws, «The Life ofMaStoc' as an
Encomium: A Reassessment», dans Revue des études arméniennes 24 (1993), 5-26, on
ne peut nier l'origine des traductions entre 400 et 425. Ceux qui suivent plutôt l'histo-
rien Lazare de Pharbe, parlent directement d'une traduction sur le grec.
Contrairement au vaste panorama prospectif pour les versions arabes, où tant
d'instruments de travail manquent encore, les études arméniennes jouissent d'un
grand nombre de catalogues de manuscrits. Le plus important pour nos études est
sans conteste C. Adjemian, Grand catalogue des manuscrits arméniens de la Bible
(Lisbonne, 1992), 1074 pages. Ce gros volume décrit en détail 294 mss. Il a été facilité
par la présence des nombreux catalogues parus auparavant, et dont B. Coulie, cité au
début de cette notice, détaille les contenus.
La bibliographie la plus exhaustive touchant la Bible arménienne se trouve dans
INTERPRETATION OFTIIE HI1I1.I:
l'article .Bibline Sacrae Versio Armena», de H. S. Anassian, Haykakan Matenagitut'iwn
(Bibliologie arménienne 2; Erevan, 1976), col. 309-668. Elle est munie d'une introduc-
tion fouillée (col. 309-358), qui complète les données de L. l.eloîr, «Versions arménien-
nes», dans Supplément au Dictionnaire de la Bible, tome 6 (Paris: Letouzey et Ané,
i960), col. 810-818. Les col. 359-510 énumèrent parle titre, au long et au large, les édi-
tions de la Bible, d'abord pour la Bible entière, puis par livre séparé ou regroupé. Il
s'agit de 384 éditions de 1650 a 1914, dont les exemplaires les plus anciens sont décrits
en reproduisant des préfaces parfois longues de plusieurs colonnes. Les colonnes 513 à
542 décrivent les éditions en langue vulgaire arménienne, ou traduites du latin, et dans
d'autres langues mais avec l'alpliabet arménien (kipèak, turc, persan, géorgien). Enfin
les colonnes 542 à 662 donnent une bibliographie strictement alphabétique d'ouvrages
concernant la Bible arménienne, d'abord en arménien, soit 492 titres, puis en russe, soit
34 titres, en géorgien, soit 14 titres, et enfin 427 titres en langues occidentales. Les der-
nières colonnes 662 à 668 donnent la bibliographie de la célébration du XV e centenaire
de la traduction de la Bible à la Sorbonne à Paris en 1935.
Plus récent est l'article ■Bible- dans R. W. Thomson, A Bibliographe o/Classical
Armenian Literature la 1500A.D. (Turnhoui: Brepols, 1995), 239-249. Il contient une
excellente sélection de 177 titres jusqu'en 1992.
Depuis la bibliographie de II. S. Anassian, quelques colloques ont eu lieu, avec
comme thème principal la Bible. Leurs actes ont été publiés: H. Lehmann et J. .1. S. Wei-
tenberg, Armenian Task and Tools (Aarhus, 1993), rassemble les communications du
colloque de Sandbjerg en juillet 1989. On a ensuite C. Burchard, Armenia and the Bi-
ble: Papers Presented to the International Symposium Held ai TIeidelbcrgJuly 16-19.
1990 (Atlanta, Ga., 1993), et S. Ajamian et M. Stone, Text and Context Stndies in the
Armenian New Testament (Atlanta, Ga., 1994). On notera encore le recueil d'articles
publié par M. Stone, Armenian Biblical Studies (Jérusalem, 1 976).
À partir de points de départ très différents, la thèse d'une origine syriaque et
d'une révision sur le grec s'est imposée. Dans de nombreux articles qui aboutirent à
une monographie, S. l.yonnet, les origines de la version arménienne et le Diatessaron
(Rome, 1950), constate d'abord que des lectures de l'arménien supposent une version
syriaque antérieure aux évangiles séparés syriaques, et que plus d'une fois la lecture
est influencée par le Diatessaron de Tatien. Ce critère est confirmé par l'évangéliaire
géorgien d'AdiS, où l'on trouve des leçons de la vieille syriaque qui ne peuvent prove-
nir que par un intermédiaire arménien aujourd'hui perdu, ce qui confirme sous un
premier point de vue la révision du texte arménien sur le grec. G. Garitte, L'ancienne
version géorgienne des Actes des Apôtres d'après deux manuscrits du Sinai (Louvain:
Peeters, 1955), fait la même constatation sur le texte des Actes. Par ailleurs, le manuscrit
autrefois Etchmiadzin 193, daté de 1299, aujourd'hui Erevan Matenndaran 193,
,IM,*,l«. n ESBROKX, LES VERSIONS OBIENTALIS DE LA BIR1.E: UNE ORIENTATION I1IBLIOGRAPIIIQUE
possède une note finale «Cet exemplaire fut établi d'après les manuscrits alexandrins
et hiérosolymitains, et ensuite d'après les Tétraples d'Origène. Les douze Prophètes
ont été écrits d'après ies Septante-deux Traducteurs». Il n'y a pas de doute que cette
note ne se réfère pas seulement a ce manuscrit précis. Elle a été recopiée d'un exem-
plaire qui savait encore d'où provenait la traduction. De fait, les astérisques et obèles
d'Origène, ainsi que lés indications de Symmnque, raccourci en «Sim», ou celle d'Aqui-
ia, figurent dans quelques manuscrits. Anassian énumère dix manuscrits contenant ces
marques origéniennes: Matenadaran n° 178 (1253-1255), n° 4243 (1263), n° 345
(1270), n° 188 (1271), n° 179 (1292), n° 177 (même date), n° 180 (1295), n° 353 (1317),
n° 296 (1318) et Vienne n° 1. Elles sont l'objet de plusieurs études de C. Cox, Hexapla-
rie Materials Preserued in the Armenian Version (Atlanta, Ga., 1986); «Origen's Hexapta
and Jérusalem Armenian Manuscript 1925», dans Journal of the Society of Armenian
Studies 5 (1990-1991), 49-54, et en 1993 par le même C. Cox, .The Translations of
Aquila, Symmachus and Theodotion Found in the Margin of Armenian Manuscripts»,
dans C. Burchhard, Armenia and the Bible, 35-45. Selon la manière d'interpréter le
texie de Koriwn, on dira alors que la première traduction fut faite par Mastoc' en 407-
408 et retravaillée sur le grec après 436 (ainsi L Leloir, .Versions arméniennes», col.
811) ou en 406-407 et révisée juste après le concile d'Éphèsc en 431, d'après la Vie de
Rabboula, évêque cl'Édesse de 4 1 1 à 435, qui introduisit les évangiles séparés à la place
du Diatessaron (Anassian, col. 310-314), si toutefois la réforme de Rabboula est aisée a
dater d'après sa Vie.
L. Leloir a étendu le repérage des citations diatessariques du Nouveau Testa-
ment aux citations glanées dans unç série d'auteurs arméniens anciens: Citations du
Nouveau Testament dans l'ancienne tradition arménienne (CSCO 283 et 284; Lou-
vain, 1967). A travers elles, on entrevoit la vêtus syriaca sous-jacente a la traduction
refaite sur le grec.
Le manuscrit le plus ancien daté est aujourd'hui le Matenadaran n° 6200, daté
de 887. Il a été reproduit en 1899 en fac-similé à Moscou, où il se trouvait alors à l'In-
stitut Lazareff: Évangile traduit en langue arménienne ancienne et écrit en l'an 887:
Édition phototypique du manuscrit de l'Institut lazareff des langues orientales, aux
frais du Prince S. Abamelek-Lazare/f (Moscou, 1899). Il a servi de base aux premières
éditions d'Amsterdam en 1666 et de Venise en 1805, déclarait sans preuves M. Mse-
riants, «L'exemplaire comparativement le plus ancien des évangiles qui se trouve dans
le dépôt de la Bibliothèque Lazareff [en arménien]», dans Pliaros 5 (1878), 28-39. Un
exemplaire plus ancien est signalé à Jérusalem par M. Hovhanissean en 1900, et tin
autre au couvent des Antonins à Constantinople par M. H. Sethean en 1901. Il s'agit
sans doute de l'évangéliaire de la reine Mlkè, qui a suscité une discussion fournie,
dont le dernier article est sans doute celui de P. Ananian, «Le livre des Arzrounis
INTERPRETATION OFTItE BBU
419
KkMw FSMtOECK. LES VERSIONS ORIENTALES DE LA BIBLE UNE ORIENTATION DinUOGRAPIIIQUE
connu sous le nom de la reine Mlkê», dans Bazmavep 150 (1994), 1 17-127. Il y défend
une origine remontant peu après l'évangéliaire syriaque de Rabboula. Mais l'argumen-
tation ne convaincra sans doute pas tous ies spécialistes. L'ornementation dont a joui
le volume est décrite comme celle qui fut accordée à la croix de Varag en 773, laquelle
fut inaugurée en 660. Si telle est l'ancienneté par rapport au colophon de 868, date sur
laquelle tous les historiens s'accordent, pourquoi ne pas prendre au sérieux l'archa-
ïsme des illustrations? Telle est la base sur laquelle P. Ananian date cet exemplaire peu
après celui de Rabboula.
On observera que la collecte des palimpsestes et des fragments archaïques de
parchemins dans les reliures n'a presque pas été effectuée. Il manque également la
paléographie qui permettrait une datation relative. Dans ce domaine, M. Ter-Movsi-
sian, «Le plus ancien évangile du couvent de Saint-Jacques à Jérusalem (en arménien)»,
dans Bazmavep 55 (1908), 103-109, signale d'abord l'existence de ce témoin (sans
cote, sans doute dans le trésor qui n'a pas été catalogué), puis dans Fragments (mét-
aux de PAT avec illustration paléographique (en arménien) repris en russe (Saint-Pé-
tersbourg, 1915), Anassian col. 585 et 597-598. Le repérage continue avec N. Marr,
■Otryvok armjanskago pergamentnogo Evangelija lapidarnym pismom», clans //n-
stjanskij Vostok 2 0913-1914), 195-197. Sur deux fragments Gen 5,20-21 (sans doute
IX e siècle) et Tim 44-4, voir M. van Usbroeck, «Le palimpseste arménien de la col-
lection de la Bibliothèque Publique Saltykov-Scedrine de Leningrad» (en arménien),
dans Patmabanasiraktm Mandes 13 (1980), 271-274. Nul doute que le nombre des
fragments ou des palimpsestes est beaucoup plus élevé. Le ms géorgien 2 de Graz est
un psautier palimpseste du X L ' siècle au plus tard. La couche inférieure est un évangile
de Jean arménien, écrit en une petite onciale penchée très archaïque, qui remonte au
moins au Ville siècle. Son formai inhabituel imite un codex oblong de papyrus. 11 n'y
a parfois qu'un seul verset dans une page, au maximum cinq ou six. En bas de chaque
page figure des Prosermeneiai comme on en trouve dans le codex de Bèze (D), qui
sont de réponses oraculaires adaptées aux versets de l'évangile. La transmission de ce
genre de texte et l'identification du contenu du palimpseste est exposée par B. Out-
tier, «Réponses oraculaires dans des manuscrits bibliques caucasiens», dans C. Bur-
çhard, Armenia and the Bible (Atlanta, 1993), 181-184.
Pour la Bible entière, les plus anciens manuscrits sont dans l'ordre le ms, Ma-
tenadaran n" 194 (1207), Jérusalem n" 146 (1214), Matenadaran n° 178 (1253-1255),
n° 4243 (1263-1 266), n" 142 (1269), Jérusalem 1925 (1269), Matenadaran n° 345 (1270),
n° 1500 (avant 1282), n" 195 (1284-1288), n" 177 (1292), n" 180 et n° 181 (1295), n° 182
(1303), n° 183 (1308), Venise n° 1(1309), Vienne n° 71 (X1II C -XIV C siècle), Matenadaran
n° 6230 (1314), n° 353 (1317), n" 206 (1318), Jérusalem n° 153 (1323), Venise n° 12
(1332), Matenadaran n" 2627 (1338), n" 2705 (1368), Vienne n" 55 (1368-1375), Ma-
tenadaran n° 352 (1367-1371), n° 41 13 (1384) et les n° 354 et 6569 du XIV e siècle.
Pour les évangiles, outre les manuscrits de 866 à Vienne (évangile de la reine
Mlkë), de celui de l'Institut Lazareff de 887 déjà mentionné, les mss Matenadaran
n° 101 10 CX^X* siècle), Jérusalem n" 2562 (IX^-X 1 - 1 siècle), Vienne n" 103 et 123 (LX e -
X e siècle), Matenadaran n° 6384 (902), n° 7737 (965), n° 7735 (986), n" 2374 (989),
lequel a été reproduit: l'évangile arménien: Édition phototypique du ms. 229 de la
Bibliothèque d'Etchmiadzine, publiée sous les auspices de M. Léon Mantacheff (fans-.
Geuthner, 1920), Vienne n° 108 et Jérusalem n" 2555 (X e siècle), Matenadaran n" 7739
(1001), Vienne n° 116 (1007), Matenadaran n° 4804 (1018), n" 283 (1033), n" 6201
(1038), Jérusalem n° 3624 (1041), Matenadaran n° 3723 (1045), n° 3793 (1053),
n° 3784 (1057) n" 311 (1066), n° 10434 (1069), n° 275 (1071-1078), n° 288 (1099),
Vienne n" 102, 106 et 159 (XI e siècle).
Pour le rapport général entre les études bibliques et la Bible arménienne, on
lira l'introduction de C Cox, «Uiblical Studies and the Armenian Bible 1955-1980.,
dans Revue Biblique (1982), 99-119. De son côté, A. S. Zeyt'ounyan, «Concerning a
Central Manuscript Classification for die Armenian Translation of the Bible» (en ar-
ménien), dans Banber Matenadaran! 12 (1977), 295-304, a siglé dans l'ordre chrono-
logique 228 manuscrits bibliques. On a enfin E. Rhodes, An Annotated List of Arme-
nian New Testament Manusctipts (Tokyo, 1959).
Dans le cadre de ce guide, il est exclu de reproduire les 384 titres des éditions
complètes ou partielles de la Bible arménienne. Nous citerons seulement les éditions
qui par quelque côté que ce soit ont un rôle particulier dans l'histoire de l'ecdolique.
En premier lieu viendront quelques bibles complètes, et ensuite des livres isolés.
- En premier lieu, H. S. Anassian rappelle qu'en 1650, a Nor-Djougha, on mit en route
une édition complète de la Bible. Mais des difficultés techniques touchant l'encrage et
le papier en empêchèrent la réalisation complète. C'est ce que raconte J. B. Tavernier
dans Les six voyages de Jean-Baptiste Tavernier, tome 1 (Paris, 1692), 672. Parmi les
désavantages de l'imprimerie, il argue qu'ainsi les enfants ne voudront plus écrire, et
que le nouveau procédé enlèvera le pain a ceux qui gagnent leur vie par l'écriture.
- La Bible de 1666 a Amsterdam par Oskan d'Erevan a commencé d'être imprimée
en 1661 «en terre de Belgique, qui maintenant s'appelle Hollande, dans la ville d'Am-
stelodam, dans l'imprimerie de la sainte Etchmiadzine et du saint général Sarkis».
L'évangile de Matthieu fut d'abord imprimé ainsi que les hymnes «sarakank'», et en-
suite la Bible entière. Les imprimeurs étaient en contact avec Nor-Djougha et I.ivour-
ne, points chauds des premières impressions arméniennes. La base de cette édition
fut le ms. Matenadaran n" 180 (1295).
- Après une impression a Constantinople en 1705 et une autre a Venise en 1733 ap-
paraît l'édition de Yovhannes Zohrapean. ou Bible de Zohrab, imprimée à Venise en
INTERPRETATION OR THR BIBLE
IPeM mu KSHKOiCK, LES VERSIONS ORIENTALES DE I A BIBLE- UNE ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE
1805. Cette édition est la première « rechercher la justesse du texte par la critique. Elle
utilise en premier lieu le manuscrit de Venise n° 1 (1319), mais indique des variantes
majeures par le signe «omank'», «certains». Bien que les autres exemplaires ne soient
pas désignés, le nombre de variantes est très élevé. Nous ne donnerons qu'un
exemple pour Apoc 2,2, où xai eôgeç aùroùç ipEuôzïç est rendu par la variante pho-
nique xai éfigaiovç aùroùç tjtEoôeXç <ew hebrajec'is ew sten»: et les hébreux et ils men-
tent. La lecture correcte se trouve en note. La même année la Bible de Zohrab est
parue en quatre tomes de format plus petit. La Bible de Zohrab a été reproduite anas-
tatiquemeni par C. Cox, Scripitires ofthe Old ami the New Testament Edited by Hov-
han Zohrapian: A Pacsimile Reproduction ofthe 1805 Vcnetian Édition (New York:
Caravan Books, Delmar, 1984), et munie d'une importante préface (l-XXVl). Les huit
manuscrits dont se sert Zohrab pour ses variantes sont tous de Venise: n° 1634 (1641),
n° 1006 (XIII< : -XiV c siècle), n° 623 (1648), n° 229 (1655), n° 188 (1643), n° 1182 (1656)
et le manuscrit partiel n° 1 258 (1652), et enfin l'édition d'Oskan à Amsterdam. Comme
le remarque C. Cox, il eut été meilleur de choisir le Jérusalem 1925 et le Erevan 1500.
La Bible de Zohrab contient à la fin quelques apocryphes. Le III e Esclras, la ffi* épitre
aux Corinthiens, la Dormition de saint Jean et la prière de Manassé.
- La Bible de Saint-Pétersbourg en 1817 ajoute le IV e Esclras; celle de Serampore à
Calcutta parait également en 1817 aux frais de la Calcutta Auxiliary Bible Society. L'édi-
tion de Vienne en 1860 complète le texte du Siracide, qui chez Zohrab se termine au
chapitre 43. Il y eut trois éditions à Constantinople, en 1892, en 1895 en quatre tomes
plus petits, et la même année comme en 1892.
- L'édition de Vagharshapat en 1903 n'est qu'un embryon contenant Gen 1,-14,9- Mais
il est basé sur seize manuscrits d'ELschmiadzine et constitue par là une entreprise d'un
nouveau genre, due à l'activité de K. Uovsepian.
- À Vienne en 1929, la Bible fut encore imprimée sur l'édition de Constantinople en
1895.
L'histoire des éditions partielles des livres de l'Ancien Testament est beaucoup
plus fournie. Nous ne mentionnons que les éditions dont le caractère mérite de figu-
rer dans les annales de l'histoire de la Bible. En premier lieu, quelques éditions cri-
tiques ont vu le jour.
- Une édition critique du livre de la Genèse a été publiée par A. S. Zet'unyan, Girk'
Cnudocfn (Erevan, 1985). L'auteur a vu 106 manuscrits, et se constitue un texte de
base sur 71 d'entre eux. Le but que s'est donné Zet'unyan est de rejoindre les consta-
tations déjà faites par J. W. Wevers, Septttaginta: Genesis (Gôttingen, 1974), où figu-
rent des rapprochements remarquables avec la Bible arménienne. En particulier cinq
passages Gen 33,10; 34,12; 35,10; 41,12; 41,24 ont des suppléments qui ne figurent
que dans les He.xaples d'Origène. Le texte de A. S. Zeyt'ounyan a suscité une vive cri-
tique de C. Cox, «A Review of Zeytounian's Édition of Genesis from the Standpoint of
Septuagint Criticism», dans Revue des Études Arméniennes 21 (1988-1989), 87-125.
C. Cox remarque avec minutie que beaucoup de différences entre Zohrab et son ma-
nuscrit de base, écrit en 1319 et auquel A. S. Zeyt'ounyan attribue le n° 57, n'ont
pas été notées, et ensuite que les différences entre le même manuscrit et l'édition de
A. S. Zeyt'ounyan lui-même, n'apparaissent pas non plus dans son apparat. La con-
troverse entre les buts, manifestement différents, que poursuivent les deux protago-
nistes se prolonge avec A. S. Zeyt'ounyan, «Réponse à Claude Cox sur l'édition critique
de la Genèse», dans Revue des Études Arméniennes 24 (1993), 307-309, et «A Reply lo
A. S. Zet'unyan's Response to «A Review ..,>■, ibid., 313-315. Il nous paraît que la défi-
nition des variantes orthographiques ou dialectales devrait être traitée en dehors d'un
véritable apparat. Qui imaginerait de faire des éditions grecques en indiquant en va-
riantes tous les itacismes? De toute manière, l'édition de la Genèse arménienne a fait
un grand pas en avant.
- Le Dcutcronome a été édité par C. Cox, TJie Armenian Translation of Deutero-
nomy (University of Pensylvania: Armenian Texts and Studies 2; Chico, Calif.: Scholars
Press, 1981). Aux 228 manuscrits de A. S. Zeyt'ounyan, il en ajoute 6, portant le total à
234. Il en a examiné 99 pour son édition, en leur gardant le sigle de A. S. Zeyt'ounyan.
11 y effectue cinq regroupements de a à e. Il choisit le ms. Venise 1007 copié en 1338 :ï
Gladzor comme base de l'édition. Il retient pour l'apparai trois manuscrits de «, deux
pour b, et un pour c, d et e. Dans de nombreux cas orthographiques, l'éditeur suit le
manuscrit de base. Le texte est suivi de trois suppléments: les relations au texte grec,
celles au texte syriaque, et une sélection de variantes prises d'autres manuscrits. Le
texte critique est ainsi encadre en aval et en amonl.
- P. Cowe, Tlte Armenian Version of Daniel (University of Pensylvania: Armenian
Texts and Studies 9; Atlanta, Ga„ 1992), a donné une édition de Daniel.
- B. O. Kunzle, Das altarmenische Evangelium, Teil 1: Edition, Teil IL Lexikon (Bern,
1984), a réalisé la collation des deux manuscrits de 887 et de 989 qui lui étaient acces-
sibles en reproduction. Il a translitéré le texte, mis le manuscrit le plus jeune en appa-
rat, et introduit le tout en français sur la page de gauche et en allemand sur la page de
droite, Son iravail est suivi d'un index exhaustif et d'une bibliographie copieuse.
Pour les Psaumes, dont H. S. Anassian signale pas moins de 162 éditions entre
1512 et 1931, A. Baumstark a publié une série d'études dans Oriens Christiamis de
1925 à 1927. Sur l'Ecclésiaste, N. Covakan (N. Polarean), «Les traductions anciennes ar-
méniennes de l'Ecclésiaste (en arménien)», dans Sion (1936), 45-48. Pour les Parali-
pomènes de même, «Les traductions anciennes arméniennes des Paralipomènes»,
dans Sion (1937), 109-114. Aussi S. P. Cowe, «The Two Armenian Versions of Chro-
nicles», dans Revue des études arméniennes 22 (1990-1991), 33-96. H. Oskean, La
INTERPRETATION QFTHE BIBLE
première et la seconde traduction du Cantique dos Cantiques (en arménien) (Vienne,
1924). M. E. Stone, «The Old Armenian Version of Isaiah: Towards the Choice of the
Base Texl for an Édition», dans Textus 8 (1973), 107-125. On noiera par exemple que
Is 41,19 en arménien nomme dix arbres, le grec cinq, le latin et leTargum sept.
Du point de vue bibliologique, l'édition arménienne de la Sagesse, publiée à
Venise en in-16 en 1827 et en 1854, est un joyau de l'art d'imprimer. Le grec figure sur
la page d'en face, et le latin en bas de page.
Un peu en marge de la Bible, Grégoire Magistros, décédé en 1059, a écrit un
poème rimé, qui est à sa manière une concurrence a la langue du Coran, mais en ar-
ménien: A. Terian, «The Bible in verse by Gregor Magistros», dans C. Burchard, Arme-
nian and the Bible (Atlanta, Ga., 1963), 213-219- M. M. Jinbachian, dans le même re-
cueil, 97-123, donne une étude intitulée «Modem Armenian Translations of the Bible»,
qui analyse la manière de traduire dans dix-huit éditions de 1828 à 1989. C'est ici le
lieu de rappeler que H. S. Anassian indiquait déjà vingt et une éditions en turc avec
des caractères arméniens dont la plus ancienne date de 1800, ainsi que les Psaumes et
les épîtres en tartare-kiptehak. Sur les manuscrits de cette version, on a l'étude de
F.. Schûtz, «An Armeno-Kiptchak Print from Lwow», dans Acta Orientalia Hungtirica
13 (1961), 169, et du même «Armeno-Kiptchak Texts front Lwow (A.D. 1618)», ibid., 15
(1962), 291-292.
Sur les lectionnaires, on ne manquera pas l'étude approfondie de C. Renoux,
«Les Lectionnaires arméniens», dans C, Amphoux, I.a lecture liturgique... cité au début
de cet article, 53-74, où l'on trouvera une abondante bibliographie, La tradition ar-
ménienne est essentiellement hagiopolitaine.
3. Les versions coptes de la Bible
Aucune des langues anciennes orientales ne présente davantage une poussière
de fragments aussi dispersés que ce qui nous reste de la Bible en copte. Si on tient
compte des petits fragments individuels, ceux-ci comptent plusieurs milliers d'unités
et ne contiennent parfois même pas un verset entier de l'Écriture. Il s'ensuit pour une
description adéquate un profil tout-à-fait particulier propre à la Bible copte. Des
fragments dispersés paraissent d'abord un peu partout, puis un premier essai de join-
dre bout-à-bout des morceaux incomplets tirés de manuscrits différents voit le jour.
Ensuite on retrouve quelques manuscrits complets beaucoup plus anciens qui sont
édités tels quels, cependant que la poussière de fragments continue d'apparaître un
peu partout. A cet état de dispersion s'ajoute la distinction nécessaire d'au moins six
dialectes, du nord au sud: bohairique (de l'arabe habr 'mer'), sahidique, fayoumique,
mésokémique ou moyen-égyptien d'Oxyrrhinque, subachmimique ou Lycopolitain, et
JJiVtfl mn tSBKOEOi, LES VERSiONS ORIENTALES DE LA BIBLE UNE ORIENTATION liUlLIOGRAPlIIQUE
achmimique (Panopolis). Ces dialectes sont particulièrement bien décrits dans les
articles de R. Kasser et \V. P. Funk dans le vol. 8 d'A. Suryal Atiya, 'Die Coptic Encyclo-
pedia (New York: Macmillan, 1991), entièrement consacré à la linguistique copte.
Tous ces dialectes représentent le dernier stade de la langue pharaonique, dont le
développement se déchiffre depuis les hiéroglyphes jusqu'au démotique au long de
trois millénaires.
Une autre difficulté provient du fait que les publications se sont faites dans un
ordre très irrégulicr. Les plus anciennes éditions touchent le bohairique alors que la
majorité des fragments sont écrits en -sahidique. Un seul domaine très limité, à savoir
rien que les évangiles et seulement en sahidique, s'est développé plus que les autres.
Aussi nous commencerons par décrire la manière dont progressivement le texte sahi-
dique des évangiles a pu être retrouvé. Ensuite nous reviendrons sur les étapes anté-
rieures, le plus souvent parallèles, pour le reste du Nouveau Testament et l'Ancien
Testament en sahidique.
a) La Bible en copte sahidique
La première édition de fragments sahidiques revient à R. Tukhy qui fut le pre-
mier aussi à stimuler la renaissance des études coptes grâce à ses tiudimenta linguac
coptac sine aegyptiacae ad ttsnm collegii urbani de Propaganda Pids (Rome, 1778). Il
utilise des versets scripturaires comme paradigmes. Les premiers fragments de Jean
(6,28-67 cl 7,6-8.31) et de Matthieu furent publiés à partir de la collection du chevalier
Nani par J. A. Mingarelli, Aegyptiorum Codicum reliquiae Vvnetiis in Ilibl: Naniana as-
seruaiae (Bologne, 1785). Trois extraits de l'épître à Timothée furent édités par R Mun-
ter, CommenlMio de indolc venionis sahidicae (Copenhague, 1785) sur le ms. Borgia
86. Beaucoup plus ample est l'édition de C. G. Woide, Appendix ad editionem Novi
Testamenli gracci e codice ms. Alexandrino (Oxford, 1799), qui puise au fonds de la
Bodléienne, surtout au Lectionnaire Bodl. Huntington 5, et parfois au British Muséum.
Le Nouveau Testament y emploie 71 manuscrits, dont certains reviennent plusieurs
fois et contiennent jusqu'à une vingtaine de fragments. R. Tukhy tirait ses citations
soit du fonds de la Propagande dont il avait lui-même copié tous les textes sahidiques
du Nouveau Testament, soit de sa propre collection, qui allait être acquise la même
année par le cardinal S. Borgia, qui constitua le Musée Borgia à Velletri où il mourut
en 1804. Le fonds fut décrit par G. Zoega, qui mourut en 1809, tandis que son ouvrage
parut l'année suivante Catalogus codicum capticonim manu scriptorum qui in museo
Borgkmo Velilris adservantur (Rome, 1810), Les numéros de ce catalogue ont été
longtemps utilisés avec le sigle Z. 1 à Z. 312. Cependant le fonds Borgia s'est divisé
entre la Bibliothèque Vaticane et celle de Naples, comme l'a bien décrit J.-M. Sauget,
«Introduction historique et notes bibliographiques au Catalogue de G. Zoega», dans
INTERPRETATION OFTHE BIBLE
Mitséon 85 (1972), 25-63. Les nouvelles cotes des manuscrits sont méconnaissables, et
souvent les publications les plus récentes ne mentionnent plus les cotes Zoega. Avant
même !a publication du Catalogue de 18 1 0, A. Giorgi, Fmgmentum evangelU S. Iohan-
nis graeco<opto-thebaicum (Rome, 1789), avait publié le premier fragment gréco-
-copte Borgia. Le fonds Borgia fut utilisé pour reconstituer un texte presque complet
mais disparate du Nouveau Testament par P. J. Balestri, Sacrontm bibliomm fragmen-
ta copto-sabiilka mttsei Borgiani, vol. 3: Novum Tesiamentttm (Rome, 1904). Ce vo-
lume fait pendant a la publication antérieure des fragments de l'Ancien Testament par
A. Ciasca, ibid., vol. 1 (Rome, 1885) et vol. 2 (Rome, 1889), basé sur la même techni-
que. L'Ancien Testament est édité sur 221 fragments Borgia et contient bien des la-
cunes, et le Nouveau Testament sur 158 manuscrits Borgia, dont la plupart sont déjà
des assemblages de fragments, qui par conséquent reviennent plusieurs fois pour dif-
férents versets du Nouveau Testament. Cette publication fut couronnée par deux vo-
lumes contenant les planches photographiques de vingt cinq pages entières pour
l'Ancien Testament et de quarante pages pour le Nouveau Testament: 55. Bibliomm
fragmenta coplo-sahidica Mtisei Borgiani: Tabulai' (Roma, Fototipia Giulio Danesi)
para sans date en 1904 C'est en effet un besoin criant de la' philologie copte d'avoir
toujours sous les yeux l'écriture exacte des fragments, afin d'arriver a recomposer
autant que possible les manuscrits.
L'origine du fonds Borgia devint claire lorsqu'en 1883, G. Maspéro qui fouillait
le site du monastère d'Anba Schenouda, ou monastère blanc près de Sohag en Haute-
-Égypte, découvrit dans une chambre très difficile d'accès environ 4000 fragments,
comme il le raconte dans «Fragments de la version thébaine de l'Ancien Testament»,
dans Mémoires de la Mission archéologique française du Caire 6 (1892), fasc. 1, 1-2.
C'est à ce même fonds que R. Tukhy avait déjà puisé. Ces débris trouvèrent le chemin
de Londres, Leyde, Berlin, Vienne et surtout Paris. G. Maspéro avait déjà publié «Quel-
ques fragments inédits de la version thébaine des Livres Saints», dans fondes égyp-
tiennes 1, fascicule 3 (Paris, 1883), provenant d'Asfoun près d'Armant, à l'ouest de
Louxor. B. Amélineau, -Fragments coptes du Nouveau Testament-, dans Recueil de
Travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptienne et assyrienne, tome 5 (Pa-
ris, 1884), et «Fragments inédits du Nouveau Testament», dans Zeitschrift fur Àgypti-
sche Sprache 24-26 (Leipzig, 1886-1888), puise souvent aussi au fonds Borgia, repris
par P.J. Balestri en 1904.
En 1897 H. Hyvernat rédige le premier répertoire des fragments déjà paras:
«Études sur les versions coptes de la Bible, 11: Ce qui nous est parvenu des versions
égyptiennes», dans Revue Biblique 5 (1896), 559-562 (213 fragments dans 34 fonds),
et «ni; Ce qui a été publié des versions égyptiennes», ibid., 6 (1897), 48-79. Les publi-
cations sur les évangiles sahidiques continuent avec L. Delaporte, Fragments salti-
_
HfeM «n SSBItOIXX, LES VERSIONS ORIENTALES RE LA BIBLE: UNE ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE
diques du Nouveau Testament: Apocalypse (Paris, 1906) qui puise à 24 manuscrits de
fonds divers. L. Delaporte et H. Guérin, Fragments sahidiques du Nouveau Testament:
Évangile de Saint Jean (Paris, 1908} utilisent 32 manuscrits de Paris, dont le ms. 129 a
lui seul ne donne pas moins de 71 fragments pour les chapitres 1 a 7,47. Enfin C. Wes-
seiy, Griecliische und koptische Texte theologischen Inhalts, tome 1 (Leipzig, 1909);
tome 2 (Leipzig, 1911); tome 3 (Leipzig, 1912); tome 4 (Leipzig, 1914), recopia un
nombre très élevé de feuillets ou de fragments de la collection de l'archiduc Rénier à
Vienne, en les décrivant au millimètre près avec de nombreux spécimens d'écritures.
Le deuxième répertoire par A. Vaschalde prolonge sous le même sous-titre ce-
lui de H. Hyvernat: «Ce qui a été publié des versions coptes de la Bible», dans Revue
Biblique 28 (1919), 220-244 et 513-531; 29 (1920), 91-106 et 244-255 pour l'Ancien
Testament, ensuite 255-258; 30 (1921), 237-246; 31 (1922), 81- 88 et 234-236 pour les
évangiles sahidiques. Ce dernier répertoire intègre dans l'ordre des versets les frag-
ments déjà signalés par H. Hyvernat, ce qui donne 583 fragments, mais où les cahiers
disparates de Paris contenant jusqu'à vingt morceaux différents sont comptés pour
un. Le gros apport de cette synthèse vient des catalogues des bibliothèques de Lon-
dres, Florence, Manchester, Berlin, Leyde, Oxford, Michigan, Turin et du Caire. A. Vas-
chalde a conçu son travail sur la base de A. Ciasca et de P.J. Balestri, auquel il raccro-
che ensuite les fragments de Paris, ceux de C. G. Woide, puis ceux des autres collec-
tions, et enfin, dans le cas des évangiles, les fragments de Vienne dans une dernière
série à part, parce que particulièrement abondante. Il arrive que A. Vaschalde signale
une identificaiion d'un manuscrit de Vienne avec un fragment Borgia, par ex. K 9125
(- Wessely, tome 2, n" 92) - Z. 43-
Ce genre d'identification l'avait en fait précédé grâce à deux publications, dont
A. Vaschalde signale pour la première qu'il n'a pu l'intégrer à son travail. Il s'agit en
premier lieu de l'édition de G. Horner, Tfte Coptic Version ofthe New Testament in the
Southern Dialcct, Othenvise Called Sahidic and Tliebaic, with Critical Apparattts, Lite-
ral EngHsIt Tratislatioti, Register of Fragments and Estimafe ofthe Version, vol. 1: The
Gospels ofS, Matthew and S. Mark; vol. 2: Vie Gospel ofS. Lulte-, vol. 3: Tlie Gospel of
S. John (Oxford: Clarendon Press, 1911). Le texte disparate de Iiorner est basé sur
onze collections de papyri, à Munich, Londres, Florence, Paris, Heidelberg et Oxford,
et 139 parchemins dont plus d'une fois Horner a déjà rassemblé les fragments d'un
même manuscrit original. L'édition de Horner se distingue des autres par un apparat
copieux puisant à toutes les autres traductions orientales ainsi qu'au grec pour déter-
miner l'origine de lectures originales, et par une traduction littérale anglaise en regard
du copte, La seconde publication utilisée par A. Vaschalde continue et approfondit les
rapprochements effectués par Horner, mais sur la base de la nomenclature de G. Zoe-
ga. Il s'agit de A. Hebbelynck, Les manuscrits coples-sahidiques du 'Monastère Blano:
INTERPRETATION OFTHEBIBLE
Recherches sur les fragments complémentaires de la Collection BorgiaJ: Fragments de
l'Ancien Testament (Louvain, 1911), et II: Les fragments des évangiles (Louvain, 1912).
Ce qui n'était pour Horner qu'une conséquence de la tentative d'un texte complet sa-
hidique des évangiles, devient ici le but de la recherche. Horner n'avait pu intégrer les
publications de C. Wessely. A. Hebbelynck ne se contente pas d'ajouter ce témoin à
plus d'un manuscrit. Son répertoire de 1912 joint également ensemble des manuscrits
Borgia qui étaient séparés. Il obtient ainsi 41 codices, auxquels reviennent des cent-
aines de fragments. Si nous reprenons l'exemple déjà cité ci-dessus, K 9125 n'est pas
seulement Z. 43 (- Horner 1 14), car Z. 43 est aussi Z. 6l, auquel il faut alors adjoindre
à Vienne K 9138, 9167, 9084, 9085, 9137 et Paris 129 7 , 29-34. Les données exploitées
par Hebbelynck sont la pagination régulière des manuscrits, la cohérence des folios
par rapport à un tétraévangile complet et la similitude d'écriture et d'ornementation.
Cette reconstitution des manuscrits originaux est évidemment essentielle pour l'ap-
préciation de l'évolution du texte de la Bible.
Une quarantaine d'années après A. Vaschalde, paraît un troisième répertoire:
W. ïffl, «Coptic Biblical Texts Published after Vaschalde's Lisls», dans Bulletin oflhe
John Ryiands Library 42 (1959-1960), 229-231, public une liste de 76 fragments sup-
plémentaires pour les quatre évangiles. Parmi les nouvelles publications mises à con-
tribution, on notera P. Kahie, BaMizah, Coptic Texts from Deir al-Bala'izah, 2 vol.
(Londres: Oxford University Press, 1954) avec pagination continue de 1 à 890. Les frag-
ments qu'il analyse proviennent des fouilles de W. M. F. Pétrie en 1907 à 18 km au sud
d'Assiout. On notera !e tableau synoptique (269-275) où P. Kahle dresse pour 1954 un
schéma des plus anciens témoins coptes du ÎIP au V e siècle. En sahidique pour 77
fragments bibliques, on en a seulement 15 non bibliques. Pour 151 fragments, 92 sont
sahidiques, 21 achmimiques, 14 subachmimiques, 12 mésokémiques, 10 fayoumiques
et 2 bohaïriques. Ces proportions sont sensiblement celles qui se prolongeront après
la découverte des documents de Disbna. Un fonds important, qui malheureusement a
brûlé pendant !a guerre, est cependant sauvé par l'édition de L. T. Lefort, Les manu-
scrits coptes de l'université de Louvain, 1: Textes littéraires (Louvain, 1940). W. Till utili-
se également H. Munier, «Mélanges de littérature copte», dans Annales du Service des
Antiquités d'Egypte, I. 19 (Le Caire, 1919), 225-241; IL 21 (1920), 77-78. C. Wessely,
Griechisclw und koptische Texte theologischen Lnhalts, vol. 5 (Leipzig, 1918), et surtout
W. Till, «Coptic Biblical Fragments in the John Ryiands Library 2», dans Bulletin ofthe
John Ryiands Library, 34 (Manchester, 1952), 432-458; idem, «Kleine koptische Bibel-
fragmente», dans Biblica 20 (1939), 241-263 et 361-386; idem, «Koptische Pergamente
theologischen Inhalts I», dans Mitteilungen ans der Papyrussammlung der Nationalbi-
bliothek in Wien (Vienne, 1934); W. Till et P. Sanz, .Eine griechisch-koptische Oden-
handschrift», dans Monumenta biblica et ecclesiastica, t. 5 (Rome, 1939). Du VF siècle
Mdltt ran KSBJJOfiCA', LFS VERSIONS ORIENTALES DE IA BHll.fc UNE ORIENTATION n]BL10GHAP] IIQUE
sont les fragments johanniques publiés par W. E. Cram et H. I. Bell, WadiSarga, Coptica
III (Copenhague, 1922), 30-32. W. Till signale déjà l'existence de deux évangiles johan-
niques dans la Bibliothèque Chester Beatty ainsi que les fragments Garrido au Caire.
A la fin de 1952, deux habitants d'Abû Manâ' près de Dishna, à 12 km à l'est de
Nag Hammadi, creusaient le sol pour trouver du sel. Ils heurtèrent une jarre contenant
environ 38 manuscrits copies et des archives pachomiennes à 5 km au nord-est du
principal couvent de saint Pachôme. L'odyssée de cette découverte comporte des
épisodes dignes d'un roman. Les prix sont montés pour certaines pièces de 100 S à
380.000 %. Tout cela a été excellemment raconté par J. E. Goehring, The Crosby-Scho-
yen Codex Ms 193 in the Schoyen Collection (Louvain: Peeters, 1990), X1X-XLIII. C'est
de ce fonds que proviennent la plupart des manuscrits dits Bodmer, ceux de Barcelo-
ne et plusieurs de ceux de Chester Beatty. Le fonds est tout entier beaucoup plus an-
cien, et un document administratif qui y était joint est daté de 339-347. J. E. Goehring
propose justement d'appeler désormais cet ensemble les documents de Dishna (Dish-
na Papers), là collection Bodmer aussi bien que celle de Chester Beatty comportant
des manuscrits d'une autre provenance.
Un quatrième répertoire succède à celui de W. Till: P, Nagel, «Editionen kopti-
scher Bibeltexle seit W. Till i960», dans Archiv fur Papyntsforschung 25 (1989), 62-64.
Il signale déjà le premier tome du répertoire de base préparé à Munster: F. G. Schmitz
et G. Mink, Die Sahidischen Liandschriflen der Evangelien, 1. Tcii (Berlin / New York:
W. de Gaiyter, 1986). Cette première partie intègre la signalisation de dix évangiles
(sa 1-sa 10) presque complets et de trente manuscrits (sa 101-130) répartis en 750
fragments, et réalise ainsi sur tous les fragments alors connus la reconstitution des ma-
nuscrits originaux. La bibliographie rassemblée par P. Nagel comprend 111 titres. Il y
a 46 nouveaux fragments des évangiles dont cette fois plusieurs sont des évangiles
entiers. Nouveaux sont en particulier les manuscrits conservés à Barcelone, à Colo-
gny-Genève, et à Berlin. Au rapport de P. Nagel se rattachent directement les volumes
deux et trois de F. G. Schmitz et G. Mink, Die Sahidischen liandschriflen der Evange-
lien, 2. Teil, 1 (ibid., 1989) et 2. Teil, 2 (ibid., 1991), à pagination continue de 1 à 1279.
L'avantage de cette publication majeure consiste en ce qu'elle intègre les fragments
signalés dans les quatre répertoires qui l'ont précédée dans une suite continue de sa 1
à sa 16 pour les manuscrits entiers ou plus anciens, et de sa 101 à sa 355 pour les di-
vers autres témoins. Seulement pour les évangiles en sahidique, le volume de 1989 re-
cense 50 manuscrits à partir de 564 fragments, et celui de 1991 132 manuscrits dont
65 lectionnaires en 704 fragments. Les trois volumes comptent ensemble 312 manu-
scrits en 2018 fragments, plus quelques manuscrits quasi complets. L'apport du réper-
toire de 1991 provient surtout de trois catalogues des fonds principaux de Paris, Lon-
dres et Berlin, qui ont été provoqués par la surprise déconcertante de l'émergence
INTERPRETATION OF T1!E BIBLE
T
■123
constante de nouveaux fragments. Il s'agit de A. Bouvarel-Boud'hors, Catalogue des
fragments coptes I: Fragments bibliques nouvellement identifiés (Paris: Bibliothèque
Nationale, 1987), de H. Satzinger, Àgyptische Urktmden ans den staatlichen Miiseen
Berlin: Koptischen Urkunden, III. Band, Heft 1-2 (Berlin. 1967-1968), et de B. Layton,
Catalogue ofCoptic L iterar}' Manuscripts in the British Library Acquired since the Year
1906 (Londres, 1987). L'intégration de ces catalogues entraîne (1086-1200) vingt-huit
compléments à la série sa 1-10 et sa 101-sa 130 du premier tome de 1986. On observe
par exemple que le fragment (ohannique déjà signalé de Wadi Sarga, qui provient des
fouilles de R, Campbell-Thompson en 1913-1914 à 15 km au sud d'Assiout, a été in-
dexé a la British Library sous la cote Or. 9035 (Layton 34), et est inséré maintenant
avec un fragment berlinois dans le sigle sa 3 (1086-1089), les moitiés supérieures et
inférieures d'un feuillet figurant dans des fonds différents. Les index qui terminent le
dernier volume permettent de saisir la dimension catastrophique de la fragmentation
des manuscrits initiaux. On observera que les quatre fragments de papyrus de la Sor-
bonne, qui ont été publiés par M. Pezin, .Coptica Sorbonica», dans langues orientales
anciennes: Philologie et linguistique, tome 4 (Louvain / Paris: Peeiers, 1993), 31-34,
figurent déjà dans le répertoire de R G, Schmitz et G, Mink en 1991 sous les sigles sa
186 A, sa 213 et sa 194 B. Les auteurs se sont communiqué leurs données. Les frag-
ments sont répartis dans 28 villes et 37 fonds: la Bibliothèque Nationale de Paris a elle
seule compte 613 fragments; la Bibliothèque Nationale de Vienne 198; la Bibliothèque
Vaticane 90, et celle de Naples 6; la British Library 94; la Bibliothèque Bodléienne 54;
la Staatliche Bibliolhek de Berlin 22; le Patriarcat copte du Caire 21, dont un est deve-
nu entretemps l'Or. 6974 (73) de Londres; le Rijksmuseum van Oudheiden de Leyde
19; le Musée copte du Caire 15; la University Library d'Ann Arbor 1 1; la Chester Beatty
Library 6, mais F. G. Schmitz et G. Mink, annoncent (711) que A. Pietersma en 1990
n'avait pas encore inclus le fragment sa 281, sans cote, dans la liste de sa publication
future sur les fragments de Dublin. Les trésors des autres villes ne dépassent pas la di-
zaine de fragments, et cette nomenclature ne concerne même pas Ses épîtres et les
Actes qui ont leurs propres fragments, ni davantage l'Ancien Testament, ni enfin les
évangiles dans les cinq autres dialectes. Il suffit d'un coup d'oeil sur l'article «Papyrus
Collections» de H. Loewenstein et M. Krause, dans The Coptic Encyclopedia, 1890-
1898, pour constater que tous les fonds n'ont pas encore été inventoriés. L'ensemble
déjà réuni par P. G. Schmitz et G. Mink permet d'apprécier le volume de la transmis-
sion sahidique des évangiles, et de supputer quelque peu la masse de ce qui a disparu.
Si nous reprenons l'exemple ci-dessus du manuscrit Z. 43 - Z. 61 - série de frag-
ments viennois, nous trouvons le dernier stade auquel doivent aboutir tous les réper-
toires antérieurs: C. Rogl et I. Schlor, «Zwei Blatter zum sahidischen Johannes-F.van-
gelium sa 615», dans Enchoria 22 (1995) [1996], 139-150. Karlheinz Schûssler de Mu-
i!l,h,< » rsnnOECK. LES versions orientales de ia DlRLE: UNE ORIENTATION tlIBUOGRAPHlQUE
nich avait acquis en 1974 chez l'antiquaire H. Kraus à New York un fragment copte. À
l'analyse, ce fragment s'insère comme vingtième morceau sur les vingt trois qui nous
restent du manuscrit sa 112 de F. G. Schmitz et G. Mink, qui n'est autre que Z. 43-61.
Les vingt trois fragments qui proviennent de Rome, Vienne, Paris, Oxford et Munich
sont rangés dans l'ordre du manuscrit initial de sa 615.1 à 615.23. On voit alors que ce
tétraévangile des X e -XF siècles possédait dix-sept cahiers de huits feuillets, soit 252
pages dont il nous reste aujourd'hui 114 pages. Cet aboutissement idéal et exemplaire
devrait couronner toutes les enquêtes menées jusqu'ici. La cote «sa 615» montre que
c'est bien vers ce résultat qu'on se dirige. Alors seulement, en comparant non plus les
fragments mais les manuscrits, on aura une idée de l'évolution du texte copte sahi-
dique des évangiles.
On peut déjà énumérer dans l'ordre chronologique les témoins les plus anciens
pour le IV e siècle:
- sa 205: Barcelone, Fundaciô sant Lluc, PaBarc. Inv. N° 44: Jn 18,26-27 et 19,10.
R. Roca-Puig, .Fragment copte du quatrième évangile», dans Chronique d'Egypte 44
(1969), 385-391.
- sa 176: Le Caire, Collection G. Garrido, Mt 14,21.22.25-27.30.31.36 et 16,8.12.15.
16.20. G. Garrido, «Un nouveau papyrus de l'évangile de saint Matthieu en copte sahi-
dique», dans Les Cahiers coptes, tome 1 5 (Le Caire, 1952). 5-16; idem, «Hallazgo de un
papiro del Nuevo Testamento en copto sahidico», dans Estudios Biblicas 17 (1958),
107-108.
- sa 2: des rv e -V c siècles le Papyrus Bodmer 19, à Cologny / Genève: R. Kasser, Papy-
rus Bodmer XIX: Évangile de Matthieu XIV,28-XXVUt,20, Épitre aux Romains I, 1-11,3
en sahidique (Cologny / Genève, 1962).
Du V e siècle, au Seminario de Papirologia de la Facultad Teologica de San Cugat
del Vallos:
- sa 1; les textes complets de Marc (sauf addition finale), de Luc et de Jean, PaPalau
Ribes Inv.-Nr. 182, 181 et 183. H. Quecke, Dos Markusevangeiium saidisch: Text der
Handschrift PPalau-Rib. Inv.-Nr 182 mit den Varianten der Handschrift M 569 (Barce-
lona, 1972); idem, Dos Lukasevangclium saidisch: Texl der Handschrift PPalau-Rib.
Inv.-Nr 181 mit den Varianten der Handschrift M 569 (Barcelona, 1977); idem, Dasfo-
hannasevangelinm saidisch: Text der Handschrift PPalau-Rib. Inv.-Nr. 183 mit den Va-
rianten der Handschriften 813 und 814 der Chester Beatty library uncl der Hand-
schrift M 569 (Roma/ Barcelona, 1984).
- sa 3: Papyrus de Berlin 11946, Jn 3,10-5,19; 5,36-6,9, et BriL Library Or. 9035 (- Wa-
di Sarga) U. Luft, «Bruchsiûcke eines sahidischen Johannesevangeliums und Psalters»,
àansArchivfûrPapynisforschung 24-25 (1976), 157-170.
- sa 12: Londres Or. 14149: Mt 24-28,20 et 1,8-15,19.
INTERPRETATION OFTltl- ni nu-
Du VI e siècle:
- sa 13: Paris copte 164, Jn 1,1-9,20.
- sa 213: Sorbonne Inv. 2518, Me 8,24-26 et 31-34.
Du VI e au VII e siècle:
- sa 5 et sa 6: Papyrus Chester Beatty Copi. 814 ei 815, collationnés par H. Quecke ci-
-dessus pour l'édition de Jean.
- sa 7: Drit. Library Or. 7561, 25 fragments (Layton 27).
- sa 8: Brit. Mus. Or. 7561, 14 fragments (Layton 36), Jn 4,6; 19-20; 25-34.
- sa 12: BriL Library Or. 14149, Mt 24-28,20; Jn 1,8-15,19.
Des Vil"- VIII e siècles:
- sa 9: MS. Pierpont-Morgan 569, à New York. I! a été cotlationné par H. Quecke ci-
•dessus, et partiellement édité par G. Aranda-Perez, El evangelio di son Mateo en capta
sahidico: Texto de M 569, esludios preiiminar y aparato critico (Madrid, 1984), et El
evangelio di san Marcos en copto sahidico: Te.xto de M 569. esludios preiiminar y apa-
rato critico (Madrid, 1988).
- sa 14^ PaMichigan Inv n° 4942; Freibourg in Brisgau 615; Pierponi-Morgan 615.
Lectionnaire.
- sa 10: daté de 861-862, le codex Hamuli H 47556 au Caire. Les manuscrits du mona-
stère de Saint-Michel de Hamouli près du Fayyum ont été découverts au printemps
1910 par un laboureur. Une grande jarre contenait soixante manuscrits environ dont
la plus grande partie a été rachetée par J. Pierpont-Morgan. Les manuscrits sont au-
jourd'hui à New York. Ils sont toujours cilés sous la cote M-l jusqu'à M-660. Une re-
production photographique de la collection a été organisée par H. Hyvernat, Biblio-
thecae Pierpont-Morgan codices coplici phototypice expressi (Rome, 1922), en 57 vo-
lumes tirés a 12 exemplaires. Bien que demeuré au Caire, ce codex est reproduit dans
le tome 5 de l'édition photographique. Il s'agit de l'Évangile selon saint Jean.
Signalons encore les deux anciens lectionnaires: sa 15 L M-573 des IX e -X e
siècles, et sa 16 L Vat. Borgia 109, Pasc. 99 du XIII e siècle.
L'étude de U. Zanetti, «Les Lectionnaires coptes», dans C. Iî. Amphoux et J.-P. Bou-
hot, La lecture liturgique des Épilres catholiques dans l'Église ancienne (Lausanne: Édi-
tions du Zèbre, 1996), 141-196, se base sur sa l4 L sa 15 L et sa 291 L , et beaucoup de frag-
ments sans utiliser les sigles de Munster. Sa rédaction déjà imprimée n'a pu employer le
dernier volume de F. G. Schmitz et G, Mink qu'à la dernière minute. Il y aurait trouvé les
fragments déjà classés par manuscrit de pas moins de 65 lectionnaires sahidiques. Le
système des lectures liturgiques est décrit par U. Zanetti mieux que partout ailleurs.
Le critère d'ancienneté des évangiles en copte reste la Vie de saint Antoine, mort
très âgé en 356. Quand il était tout jeune encore, il entendit lire l'évangile en copte à
l'église. Et l'appliqua dans sa propre vie. L'évangile était donc lu vers 300 en copte.
•OU « BUUmÇM, LES VERSIONS ORIENTALES DE U BIBLE UNE ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE
Le repérage des autres livres du Nouveau Testament a suivi ta même filière
dans les quatre répertoires déjà cités, mais ils n'ont pas reçu le couronnement près-
que définitif donné par F. G. Schmitz et C. Mlnk aux fragments des évangiles On no-
,era tout d'abord une édition exemplaire des épitres catholiques par K. Schùssler Die
katholischen Brieje in der koptischen (sahidisclten) Version (CSCO 528 et 5 29- Lou
vain: Peeters, 1991). Cette édition se base sur le lectionnaire M-572. qui comporte ex-
actement les épitres catholiques, et dont une moitié est aujourd'hui au Caire au Musée
Copte sous la cote 3813, mais qui est reproduit en entier dans le tome 10 de l'édition
photographique de 1922. Paru avant le dernier tome de F. G. Schmta et G Mink ta
copieuse introduction de 103 pages dresse une liste de 71 manuscrits parallèles qui
se base sur W. Till, .Papyrussammlung der Nationalbibliothek in Wien- Katalog der
koptischen Bibelbruchstùcke - Die Pergamente., dans Zeitschrift fur die Neutesta
mendicité Wissenschaft 39 (1940), 1-57, sur G. W. Horner, -The Coptic Version of the
New Testament in the Southern Dialect-, vol. 7: 77* Catholic Epistles and the Apoca-
lypse (Oxford: Clarendon Press, 1924), et sur une vingtaine de lectionnaires déjà siglés
d'après la série de F. G. Schmit, et G. Mink. Il y ajoute une centaine de citations dans
différents auteurs traduits ou originaux en copte. Les variantes de 44 de ces témoins
figurent dans l'apparat. La liste d'ancienneté dressée par lui LXVIII donne
- du 111= siècle: Londres, le papyrus Crosby-Shoyen ms. 169 à Londres. Ce codex pre-
stigieux contient I Pet au complet. Il a fait l'objet d'une édition critique simultanée par
W. H. WiHis, .The Letter of Peter (1 Peter), dans: J. E. Goehring, 71te Crosi,y-Sch yeu
Codex Ms 193 in the Schoyen Collection (CSCO; 521; Louvain: Peeters 1990) 135-215
qui utilise 37 manuscrits, tous connus de K. Schùssler, mais ici également cités par les
sigles de F. G. Schmitz et G. Mink, et les sigles de G. W. Horner
- du m siècle: MS. Oxford Bodl. copte e 16 et 86, et copt. g.' 86, édités par P Kahle
Baln'izah (Londres, 1954), 391-396. 1 Jn 2,4-15; Jac 3.15-15.17-4 1-3 5-7. 1 P | 2 15 '
3,1.3.4; ljn 2,8-10. '
- du V e siècle: BriL Library or. 4918, Berlin, Staa.liche Museen, P. 20194 et Manches-
ter.John Rylands Library, Copt. MS. 17.
- du VI* siècle: huit témoins, du VIF siècle cinq témoins. Pour les LX<-X<= siècles il y a
une vingtaine de témoins.
Les Actes, les épilres de saint Paul et l'Apocalypse n'ont pas joui d'une édition
parallèle aussi complète. Les informations son, donc à puiser aux quatre répertoires de
H. I lyvernat. A Vnschalde, W. Till et P. Nagel, ainsi qu'à l'édition disparate de G W Hor-
ner, -Th. Coptic Version ..,, vol. 4 et 5: Vie Epistles o/S. ^/(Oxford: Clarendon Press,
9 0), et vol. 6: TlteActs of the Apostles (ibid., 1922), e, celle des épitres catholiques en
1924 mentionnée ci-dessus pour l'Apocalypse, 258-552. Toutefois, F. G. Schmitz et
G. Mink ont dressé en 1991 la liste des manuscrits employés par G. W. Horner (1231-
INTERPRETATION OF THE BIBLE
MdUI ™« FJnKOF.CK, LES VERRIONS ORIENTALES DE LA DtBLE UNE ORIENTATION tlinUOGRAHUQUE
1230 « celle des lectures du reste du Nouveau Testament et de l'Ancien Testament
dans les 65 lectionnaires (1259-1265). Le dépouillement systématique des manuscrits
de ces répertoires aboutirait a une édition critique encore * venir. Cependant, certains
manuscrits particulièrement anciens ont joui d'une édition a part.
I A Wallis Budge, CopHc BMical Texts in the Dialca of Upper Egypt (Londres,
1912) 1 22-270, a donné une édition quasi complète des Actes à partir du papyrus Sri-
ti h Muséum O, 7594, du IV< siècle. Ce codex a été acquis par Se British Muséum seu e-
mentemPlLCeneéditionrevient.'a.née suivante dans H.Thompson. 1™»*»
Or 7954 ofthe British Muséum. Notes and a Collation: Printedfor Priva* Orculanon
(Londres, 1913). Dans le tome 6 de son édition, G. W. Horner en 1922, 666-669, recon-
nue vingt-huit manuscrits en recomposant avec des centaines de tapaett jde £
tout Les trois codices sa 4 à sa 6 furent achetés chez les marchands du Ca,r e en 19 -
l 9 26parM.Ches,er Beatty.Une édition complète des Actes sur sa4ChesterBe a «y 8 13
££. env.rons de 600 a été donnée par H. Thompson, 77. Cophc -.Version ofthe
M ofthe Aposto and the Pauline Epistles in ** Sahidic Dialect (Cambridge: Un.ver-
X Press, 1932). Parmi les éditions partielles, on notera C. Wessely. Die Wiener W
^rifUlersa,,^^^
«nschafien in Wien 172, 2; Vienne, 1913). dont la liste de fragments des chap. 2 à 26
était d* donnée par A. Vaschalde en 1922 (236-238) et augmentée de 1 15 autres frag-
ments de Vienne. Enfin F. Hintze et H. M. Schenke, Die Berliner Hanter a-
l>kliscllen Apostelgeschichte (P 15926) (Texte und Untersuchungen 109 Berhn: Aka-
demie-VerJg, 1970), impriment un codex du IV< siècle . „ s'agit de P. a chn « «
G Mink sa 43, soit 57 feuillets tous incomplets dans tous les chapitres des Actes. A Vas-
chalde signale 66 autres fragments dans sept fonds, dont les manuscrit, Borgia à travers
l'édition de 7.1 Balestri. W. TH. en indique 17 tirés des publications supplémentaires et
P N-tgel 14, notamment la réédition de K 7542 à 7540 par P. Weigandt, -Zwe, gne-
chisch-sahidische Acta-Handschriften: H' und 0326, dans *****. zur Neutestamen,
lichen Textforschung, vol. 3 (Berlin-. W. de Gruyter. 1969), 54-95, à eomptaer par F G.
SchmlB -Nette Fragmente von H'., dans Berich, der Hermann-Kunst-Stiftung » Fo,
Î^ng der NeuteLentU^en Textforschung far die Jahre 1983 M tfff (Munster,
1988) 78-97, qui insère sept fragments de Vienne supplémentaires dans ce codex bi-
,4ue Dans le même volume de 1969, K. Schussler, «Eine griechisch-koptische Harid-
JriftdesApostolos(11575und0128,0203), i bid.,218-265,aprésentéunautrecode
bilingue. Une édition intégrale comme pour les épîtres catholiques n a pas encore ée
Muséum Phiiadelphia (E 16690 Coptic 1>. en collaboration avec j. M. Robinson, dans
Journal ofBiblical I-ilerature 94 (1975), 256-265.
Pour les épîtres de saint Paul, outre les éditions disparates de P. J. Balestri et de
G. W. Horner, H. Thompson, déjà mentionné pour les Actes, utilise en 1932 pour les
épîtres sa 4: Chcster Beatty 813, écrit vers 600, contenant les épîtres de Paul, de Ro-
mains a Philippiens. R. Kasser, Papyrus Bodmer XIX: Évangile de Matthieu XD/,28-
XXVHI.20, Épttre aux Romains 1,1-11,3 en sahidique (Cologny / Genève, 1962), donne
un fragment des tV-V siècles. C. Wessely, Sahidische Papynisfragmente derpaulini-
schen Bricfc (Sitzungsberichte der Kaiserl. Akademie der Wissenschaftert in Wien 174,
5; Vienne, 1914) n'a pas été intégré dans le répertoire de A Vaschalde en 1922, et con-
tient quatorze extraits morcelés des épîtres, qui ne coïncident pas avec les quelque
160 fragments signalés par A. Vaschalde dans les recueils de C. Wessely de 1909 à
1912. A. Vaschalde donne encore environ 280 fragments tirés parfois même des cita-
lions de R. Tukhy, des éditions anciennes de C. G. Woide et de P. J. Balestri, et d'autres
publications moins abondantes. À cet ensemble, le troisième répertoire, celui de
W. Till, ajoute A. Hebbelynck, «Fragment Borgia de l'Épître aux Romains en copte sahi-
dique», dans Muséon 35 (1922), 196-201, De P. Kahle, Ralcfizah, il cite une vingtaine
de fragments et dix-huit de ses propres enquêtes a Manchester et ailleurs. Cinq frag-
ments viennent du fonds L T. Lefort de Louvain et un de W, F.. Crum, 5/iorï Texts front
Coptic Ostraca and Papyri (Londres, 1921). Le quatrième répertoire apporle vingt-
-deux fragments, huit de G. M. Browne, Midiigan Coptic Texts (Barcelona, 1979), sept
de Vienne identifiés par T. Orlandi, «Koptische Papyri theologischen Inhalts», dans
Mittcilungen aus der Papyrussammlttng der Ûsterreichischen Nationalbibliolhek, NS 9
(Vienne, 1994), et quelques-uns de Heidelberg, de Berlin et de Barcelone analysés par
H. Queckc et K. Schussler. On leur ajoutera M. Pezin, «Coptica Sorbonensia», cité ci-
-dessus et paru en 1993, le fragment 2536 a. b., qui contient Rom 9,12-23.27-32, et au-
quel il faut joindre le PadTIeidelberg Kopt. 254 (667).
Pour l'Apocalypse, II. Goussen, Apoaslypsix S. Jahannis Versio Sahidica (Leip-
zig, 1895) a donné une édition lithographique du parchemin Berlin 408 et du Bris. Mu-
séum Or. 3618 qui constituent un seul manuscrit. Ses coordonnées sont décrites en
1991 par K. Schussler, Die Katholische Briefe, sous le n° 25, LXXXIH. Il date environ du
V e siècle. H. Goussen le complète par des fragments publiés par E. Amélineau en
1888, par d'autres tirés du catalogue de G. Zocga et enfin par ceux publiés par C. Ceu-
gney, «Quelques fragments thébains inédits de la Bibliothèque Nationale», dans Re-
cueil de travaux relatifs ù l'archéologie égyptienne et assyrienne 2 (1881), 94-105.
W. E. Wailis Budge édite de même dans son recueil de 1912, 272-330, l'Apocalypse
complète d'après le manuscrit de papier Brit. Muséum 6803, qui appartenait aupara-
vant à John E. Gilmore. Le dernier chapitre est cependant emprunté au ms. Berlin 408.
A. Vaschalde détaille les 15 fragments Borgia utilisés par P. J. Balestri, et y joint 34 frag-
ments dans les éditions de Vienne par C. Wessely en 1910 et 1912, et 70 fragments
INTERPRETATION OFTHE IMIIE
publias par L Delaporte, Fragments sahidlques du Nouveau Testament: Apocalypse
(Paris, 1906), à partir surtout des fonds de Paris, Londres et Berlin. G. W. Horner en
1924, tome 7, 551-552, compte 25 manuscrits de parchemin dont plusieurs recom-
posés, un de papier, de même trois lectionnaires de parchemin et quatre de papier.
Les quatre plus anciens sont du VII e siède: 1) Bodl. c 64; 2) Paris 129", Fol. 139, 141 et
142 auxquels appartiennent aussi Strasbourg 107 et Vatican 89; 3) le Paris 129 11 , foi.
124; et 4) le fragment Oxford, Chester. Trois autres manuscrits fragmentaires sont du
VIII e siècle.
Pour l'Ancien Testament sahidique, la même morphologie bibliographique
s'impose: quatre répertoires et des éditions partielles à l'occasion de la découverte de
manuscrits plus anciens. Au lieu de P. J. Balestri en 1904, l'édition d'A. Ciasca en 1885
et 1889, déjà citée au premier paragraphe ci-desus, rassemble 221 fragments Borgia, et
est la première tentative d'arriver à un texte un peu plus complet.
L'édition du Deutéronome par E. A. Waliis Budge dans son recueil de 1912,
1-113, à partir du ms. Brii. Muséum 7954 du IV e siècle, constitue le premier pas vers
l'authenticité sahidique originale. 11 juxtapose XXV-XXX des passages avec le texte
d'A. Ciasca pour faire saisir la nouveauté de sa source antique. Du même codex paraît
peu après H. Thompson, 77t<? New Biblical Papyrus: A Sahidic Version 0/ Deuterono-
myjonah and Acts ofihe Apostles from MS. Or. 7954 of the British Muséum, Notes and
a Collation: Printed for Private Circulation (Londres, 1913).
Le Pentaieuque s'enrichit chez A. Vaschalde à partir des publications suivantes,
dont certaines ont déjà été rencontrées ci-dessus: G. Maspéro, «Fragments de la version
ihébaine de l'Ancien Testament», dans Mémoires publiés par les membres de la mission
archéologique française au Caire, tome 6 (Paris, 1892), fasc. 1, 3-296. A. E. Brooke, «Sa-
hidic Fragments of the Old Testament», dans Journal of Tlieological Studies 8 (1896),
67-74. C. Ceugney cité ci-dessus en 1881. 0. von Lemm, «Sahidische Bibelfragmente III»,
dtmsBulletin de l'Académie impériale des Sciences de Saint-Pétersbourg, tome 25 (Saint-
-Pétersbourg, 1906). W. E. Crum, Catalogue ofthe Coplic Manuscripts in theBritish Mu-
séum (Londres, 1905). Le tome 4 du recueil de C. Wessely à Vienne en 1914, déjà cité ci-
-dessus. E. O. Windstedt, «Sahidic Biblical Fragments», clans Procecdings ofthe Bibli-
cal Archeologkal Society 25 (1903), 317-325; 26 (1904), 215-221; et 27 (1905), 57-64.
J. E. Gilmore et P. le Page Renouf, «Coptic Fragments», dans Proceedings ofthe Society of
Biblical Archeology 17 (1895), 251-253. J. Schleifer, «Sahidische Bibelfragmente ans
dem British Muséum zu London I», dans Sitzungsbcrichte der Kaiserl. Ahademie der
Wisscnschafien in Wien, Phil-hist. Klassc, vol. 162 (Vienne, 1909), et vol. 164, 6 (ibid.,
1911). et «Bruchstûcke der sahidischen Bibelùberseizung», ibid.,vol. 170, 1 (ibid., 1912).
H. Munier, «Sur deux passages de la Genèse en copte sahidique», dans Annales du Ser-
vice des Antiquités, tome 13 (Le Caire, 1913), 187. A. Erman, «Bruchstûcke der ober-
■ KimnECK, I.ES VESSIONS ORIENTALES Dl! LA BIBLE: UNE ORI E.NTATION mimoCRAPUIQUE
âgyptischen Ubersetzung des Alten Testaments», dans Nachricliten von der Kônigl.
Gesellschaft der Wissenschaften undderG. A. Universitàt zu Gôttingen, tome 12 (Gôt-
tingen, 1880). S. de Ricci, «The Zouche Sahidic Exodus Fragment (Ex. XVI,6-XLX,11)
from the original manuscript», dans Proceedings ofthe Soctety of Biblical Archeology,
tome 28 (Londres, 1906), 54-67. S. Gaselee, «Notes on the Coplic Versions of the LXX»,
dans ne fournai of Tlieological Studies, tome II (1909-1910), 246-257. E. Amélineau,
«Fragments thébains inédits de l'Ancien Testament», dans Recueil de Travaux relatifs
à la philologie et à l'archéologie égyptienne et assyrienne, tomes 7, 8, 9, et 10 (Paris,
1886-1888). H. Hyvernal,,4/£wM de paléographie copte (Paris, 1888), et enfin W. Pleyte
et P. A. A. Boeser, Manuscrits coptes du Musée des Antiquités des Pays-Bas à Leyde
(Leyde, 1897).
A ces données disposées dans l'ordre des versets par A. Vaschalde, W. Till
ajoute principalement les manuscrits de Louvain d'après L T. Lefort en 1940, ceux de
P. Kahle de Deyr Bala'izah en 1954, et son propre recueil, «Sahidische Fragmente des
Alten Tcstamentes», dans Muséon 50 (1937), 175-237. En outre H. Munier, .Recueil de
manuscrits de l'Ancien et du Nouveau Testament», dans Bulletin de l'Institut d'Archéo-
logie Orientale du Caire 12 (1916), 243-257, L A Schier, «Old Testament Texts on
Vellum», dans H. Worrcl, «Coptic Texts în the University of Michigan Collection», dans
University of Michigan Studies, Humanistic Séries, tome 46 (Ann Arbor, Mich., 1942),
27-167.
Dans le quatrième répertoire de P. Nagel en 1993, on trouve avant tout R. Kas-
ser, Papyrus BodmerXVt: Exode J-XV,21 en sahidique (Cologny / Genève: Bibliothe-
ca Bodmeriana, 1961) et idem, Papyrus Bodmer XVIII: Deutéronome I-XJ en sahi-
dique (ibid., 1962), où le texte est directement du IV e siècle. P. Nagel, «Sahidischen
Pentateuchsfragmente., dans Zeitschrift fur âgjptische Sprache und Altertumskunde
114 (1987), 134-166, et «Fragmente eines sahidischen Genesiscodex der Nationalbi-
bliothek zu Paris (BN 129\ fol. 8-13)», ibid., 1 16 (1989), 71-90, a lui-même commencé
de rassembler et parfois de rééditer des anciens fragments. Une place particulière re-
vient aux cartonnages de la reliure originale du ms. 7 de Nag Hammadi, fragments 89c
et 91c, édités d'abord par R. Kasser, «Fragments du livre de la Genèse 32,5-21; 42,27-
30 et 35-38 cachés dans la reliure d'un codex gnostique», dans Muséon 85 (1972), 65-
89. Le double feuillet permet de reconstituer un codex contenant la moitié de la Ge-
nèse. Les arguments tirés des documents datés de la reliure (335 et 342) et de la ma-
nière de relier les volumes aussi bien que l'écriture elle-même des fragments permet-
tent d'attribuer à ce codex déjà mis au rebut une origine de la fin du III e siècle. Ces
fragments furent d'abord édités par G. M. Browne, <Nag Hammadi Codices: Greek and
Coptic Papyri from the Cartonnage of the Covers», dans J. W. Barns, G. M. Browne et
J. Shelton, Ttie Coptic Gnostic Library: NHS, 16 (Leyde, 1981), 124-132. Parmi les au-
IM ERERLTATtON OF THE H1BLE
T
' 437
très extraits de la Genèse, on notera encore G. Gambernrdini, «Testo copto saldico de
Genesi 23,38-20 et 24,1-1-1», dans Sludia Orientalia: Collcctanea 1 (1962), 209-220, à
partir d'une collection privée du Caire; P. Bellet, «Analecta Coptica», dans 77pe Catholic
Biblical Quaterly 40 (1978), 37-52, qui contient Ex 2 1 ,1 7-35 et 23,5-2 1 à partir du frag-
ment W 739 de Baltimore et O. von Lemm. «Koptische Miscellen n° LII,8., dans Bul-
letin de l'Académie impériale de Saint-Pétersbourg 2, n° 18 (1908), 1339-1342.
Pour les livres historiques, une place particulièrement ancienne revient au livre
dejosuéau IV e siècle: R. Kasser, Papyrus Bodmer XXI, josué VI 16-25,VTI,6~XI,23,Xn,
1-2,19-XXIII, 7, 15-XXIV.23 en sahidique (Co\ogny / Genève, 1963) et F. A. Shore,/o-
shtia I-lVand Otlwrs Passages in Coptic (Dublin, 1963). Le ms. Chester Beatty inv. n°
1389 est en effet le même que Bodmer XXI, et le texte est remis ensemble dans R. Kas-
ser, L'Évangile selon saint Jean et les versions coptes de la Bible (Neuchâte!, 1966), 90-
167. Un autre codex a été édité par H. Thompson, A Coptic Palimpscst Containingjo-
shua, Judges, Ruth, Judith and Esther in the Sahidic Dialect (Londres, etc.: Oxford Uni-
versity Press, 1911). Il s'agit d'un palimpseste arrivé à Londres en 1847 du désert de
Nitrie comme manuscrit syriaque Add. 17183, écrit en 913. L'écriture inférieure est
copte. Déjà E. W. Crum, Catalogue of the Coptic Manuscripts in the British Muséum
(Londres: British Muséum, 1905), 4-7 , l'avait analysé en détail sous le n° 12. Le codex
initial date des Vl e -Vll e siècles a en juger par l'écriture. Le livre de Josué remplit tes
pages 1 a 129, mais avec des lacunes. Il en va de même pour les Juges 130-252, pour
Ruth 252-268, pour Judith 269-337 et pour Esther 337-372. IL Thompson ajoute en
note les variantes par rapport aux publications déjà mentionnées ci-dessus de G. Mas-
péro, E. Amélineau, A. Ciasca, O. von Lemm, E. O. Windstedt et R. Tukhy.
Le répertoire de A. Vnschalde ajoute aux sources déjà mentionnées ci-dessus
pour le PentateuqueJ. Krall, «Aus eincr koptische Klostcrbibliothek», dans Mitteilun-
gen aus derSammhmg der Papynis Erzherzog Rainer, tome 1 (Vienne, 1887), 62-72,
et 2-3, 43-73 (4 Rois 3,25 et Ruth 14b,15-l6 et 18-4,1), et W. E. Crum, Theological
Texlsfrom Coptic Papyri Edited with an Appendix upon the Arabie and Coptic Ver-
sions ofthe Life o/Pachomius (Oxford, 1913) [Ruth 4,5 à 10 en plusieurs fragments].
Au répertoire de W. Till, la seule source nouvelle est L Dieu, «Le texte copte-sahidique
des livres de Samuel», dans Muséon 58 (1947), 445^152.
La publication la plus importante est celle de J. Drescher, Vie Coptic (Sahidic)
Version o/Kingdoms I. II (Samuel I, II) (CSCO 313 et 314; Louvain, 1970). J. Drescher
base son édition sur un manuscrit complet daté de 892-893, le codex M 567 de New
York. Dans sa préface, J. Drescher réalise pour les deux premiers livres des Rois la
répartition des fragments d'après les manuscrits originaux dont ils ont fait partie. Il
obtient dix-neuf codices et un ostracon, auxquels il donne les sigles de A à T. Ceci
donne:
.Wirlu-r ■*,„ FSBROECK, LES VERSIONS ORIENTALES HE LA HIBUï UNE OR] liNTATION tllBLIOGRAPHIQUE
Au !V e -V e siècle, le Brit. Mus. Or. 4916 (3), le fragment 1 Rois 12,4-5.10-1 1.
Au VI e siècle, Vienne 2855 et K 7042, 2 Rois 11 et 13-14, plusieurs fragments:
Brit. Muséum Or. 4916 (4), 1 Rois 29,5-9 et 30,21-34; Bodleian Oxford e 14, de Deir
Bala'izah, 1 Rois 29,3-9; Vienne 8706, 1 Rois 1-10, plusieurs fragments.
Au VU'-' siècle, Cambridge Muséum of Anthropology and Ethnology, et Oxford
Bodleian c 16, très nombreux petits fragments de 1 Rois 1-30; Louvain Lefort 1, plu-
sieurs fragments de 1 Rois 14-15.
Viennent alors M 567 et deux manuscrits du Xr'-XIF siècle, dispersés .a Lon-
dres, Paris, Vienne et au Vatican, deux lectionnaires, deux scala et un katameros.
Cette distribution chronologique correspond au profil habitue! de la transmis-
sion de la Bible en copte. G. M. Browne et L. Papini, «Frammenti in copto dei Libri dei
Re» dans Orientalia 51 (1982), 183-203, ont encore trouvé depuis six fragments des
IV e ou V e siècles provenant des fouilles d'Antinoé en 1936-1937 et contenant 3 Rois
13,20-24 et 4 Rois 9,8-20. P. Bellet, «Un frngmcmo de la version sahidica 3 Reyes, 11-
13, 15-19', dans Studia Papyrologica 3 (1965), 69-78, identifie un fragment de Deir
Bala'izah, et G. M. Browne, «The Sahidic Version of Kingdoms IVi, dans Illinois Classi-
calStudies 3 (1978), 196-206, donne huit fragments des chap. 1 et 2. T. Orlandi identi-
fie en 1974 encore une série de fragments de 4 Rois, chap. I, 9 et 10.
Les Psaumes occupent une place particulière, vu le grand nombre de versets
cités isolément et la fréquence de psautiers isolés. Pourtant A. Ciasca, sur la base de
près d'une centaine de fragments Borgia, garde un très grand nombre de lacunes.
E. A. Wallis Budge, 77» Earliest Known Coptic Psalter in the Dialect of Vpper
Egypi Edited front the Unique Papyrus Codex Oriental 5000 in the Bristish Muséum
(Londres, 1898), édile un texte complet des YT'-Vir siècles, découvert par hasard en
1896. Le répertoire de A. Vaschalde fournil sur la base des fonds déjà rencontrés pas
moins de 660 fragments. Il y ajoute plusieurs sources très riches. Dans les Rudimenta
de R. Tukhy, près de 85 citations, 21 fragments de Turin, édités par B. Peyron, Psalterii
copto-thebani Spécimen quod omnium primum in lucem prodtt continens praeter dé-
cent psalmorum fragmenta intégras psalmas duos et triginta ad fidem codicis Tauri-
nensis cura et criticis animadversionibus Bernard! Peyronis (Turin, 1875), trois longs
fragments dans P. de Lagarde, Psalterii Versio Mcmphitica e racognitionibus Pauli de
iMgardc, accedunt Psalterii thebani fragmenta parhamiana, Proverbiorum memphiti-
corum fragmenta berolinensa (Gôttingen, 1875), et plusieurs centaines de versets
dans W. H. Worrell, 77;e Coptic Psalter in the Freer Collection (New York, 1916) et dans
A. Rahlfs, Die Berliner Handschriftdes sahidischen Psalters (Abhandlungen der kô-
nigl. Gesellschaft der Wissenschaften zu Gôttingen, Phil.-hist. Klasse, NF, Band IV, 3;
Berlin, 1901).
Le répertoire de W, Till complète parfois A. Vaschalde et y ajoute ses sources ha-
INTERPRETATION OFTHE BIIÎLE
W
■Mal ron EsnROF.CH, LES VEKSIONS ORIENTALES DE LA BIBLE: UNE ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE
bituelles, ainsi que P. Jernstedt, Koptskie Teksty Gosudarstvennogo Ermitaza (Moscou/
Leningrad, 1959) et deuxostraca. P. Nagel enregistre encore J. Vergote et G. M. Paràsso-
glou, -Les Psaumes 76 et 77 en copte sahidique d'après le P, Yale Inv. 1779», dans Mu-
séon 87 (1974), 531-541; J. Schleifer, .Bibelfragmente aus dem Brilish Muséum, III: Psal-
menfragmente», Sitzungsberichte der Kaiseri Akademie der Wissenschaften in Wien,
Phil.-hist. Klasse, 173, 5 (Vienne, 1914) et G. M. Browne «A Fragment of a Coptic Psalter
(Mich. Inv. 582a)., dans Bulletin ofthe American Society of Papyrologist 12 (1976), 67-
69. Enfin H. Quecke, «Zu zwei koptischen Fragmenten mit Psalmtexten.. dans Mittei-
lungen des Deutschen archdologischen Instituts. Abt. Kairo, tome 25 (Wiesbaden,
1 969), 1 07- 109, corn plète les débuts de lig ne des fragments de l'Ermitage Inv. N r. 1 8328
pour des versets des Psaumes 26, 47 et 49. Plusieurs fragments psalmiques se trouvent
également dans H. Quecke, Untersuchungen zum koptischen Stutidengebet (Louvain,
1 970). L'Horologium de base est le ms. M 574.
Pou r les livres sap ie ntiaux, la prem ière nouvelle réfe rcnce de A. Vascha kle est na-
turellement le codex publié par H. Thompson, The Coptic (Sahidtc) Version of certain
Rooksfrom the Old Testament from a Papyrus in the British Muséum (Londres, 1908).
Ce papyrus Crum 95 1 contient des fragments des Proverbes, de la Sagesse, du Cantique,
du Siracîde, de Job et de l'Ecclestaste. Les centaines de versets souvent fragmentaires
présents dans cette édition sont minutieusement notés à la suite des fragments Borgia
publiés par A. Ciasca. Les manuscrits de Turin sont représentés par trois éditions: F. Ros-
si, «Transcrizione con traduzione italiana dal copto di due omilie di S. Giovanni Crtso-
stomo con alcuni capitoli dei Proverbi di Satomone., dans Memorie délia R. Accademia
délie Scienze di Torino, ser. n, tome 40 (Turin, 1 889) - / Papiri Copti dei Musco Egizio di
Torino trascritti e tradotti, vol. II, fasc. 2 (Turin, 1883-1892), 99-208. Près de 85 frag-
ments des chap, 17-29 des Proverbes y sont édités. Le même auteur F. Rossi, «Un nuovo
codice copto dei Museo egizio di Torino., dans R. Accademia die Lincei, anno CCXQ
série 5 1 , Memorie delta Classe di scienze morali sloriclie e filologiche, vol. I, parte l a
(Rome, 1893), 31-136, publie 35 fragments des chap. 30-37 de Job. L. Dieu, «Nouveaux
fragments préhexaplaires du livre de Job», dans Muséon 33 (1912), 223-274, en publie
également 36 des chap. 1-5 de Job d'après le codex Crum 969 du British Muséum.
E. Amélineau, «The Sahidic Translation of the Book of Job», dans Transactions ofthe
Society of Biblical Archeology 9 (1893), a publié un texte quasi-complet de Job, sans in-
diquer l'origine des fragments. Pour la Sagesse et le Siracide, P. de Lagarde, Aegyptiaca
(Gôttingen, 1883), a publié des centaines de fragments du Musée égyptien de Turin.
Enfin, on n'oubliera pas que H. Thompson, déjà cité pour Josué, avait imprimé en 1911
un papyrus contenant de nombreux fragments d'Esther et de Judith'. Par ailleurs, pour
le livre de Tobie, le principal pourvoyeur de fragments reste G. Maspéro dans ses «Frag-
ments thébains» de 1892, mentionnés ci-dessus pour la Genèse.
A cet ensemble, le troisième répertoire de W. Till ajoute pour les Proverbes
G. P. Soblty, The Book ofthe Proverbs ofSalomon in the Dialect of Upper Egypt (Le
Caire, 1927) repris par W. H. Worrell, Tlte Proverbs ofSalomon in Sahidic Coptic ac-
cordingto the Chicago Manuscript (Chicago, III., 1931). Enfin, R. Kasser, Papyrus Bod-
mer VI (Proverbes 1,1 -XX 1,4) (CSCO 195; Louvain: Peeters, 1960), présente un codex
extraordinaire, qui a fait partie des documents de Dishna. Son écriture est des Tv^-V*
siècles, dans une langue sérieusement dialectale. On le caractérise volontiers comme
protosaliidiquc. On y touve utilisés plusieurs caractères inconnus jusque là et dépen-
dant du démotique. Cependant, le texte lui-même est vraiment de la famille sahidique
publiée par W. H. Worrell. En plus des sources déjà mentionnées qui fournissent une
vingtaine de fragments, on trouve pour la Sag 11,4-10 et 12-15. E. M. Husselman, «A
Palimpsest Fragment from Egypt», dans Studi in onore di Aristide Calderini e Roberto
Paribeni, tome 2 (Milan, 1957), 458, donne Sag 4,10 et 12-15; pour Tobie 1,7-21.
L. Saint-Paul Girard, «Un fragment inédit du livre de Tobie», dans Bulletin de l'Institut
français d'archéologie orientale du Caire 22 (1 923), 1 16.
P. Nagel signale encore pour les Proverbes S. Bartina, «Un nuevo papiro copto
de Proverblos 1 5,27-16, 8 (P. Palau Rib. Inv. 6>, dans Studia papirologica 9 (1970), 39-
49- Un fragment de Prov 13,7 et 13 est édité par W. E. Crum, Tlte Monastery ofEpipha-
nius al Tliebes, Part H: Coptic Ostraca andPapyri (New York, 1926).
Pour Isaie, la même publication de W. E. Crum donne une quinzaine de frag-
ments. Le répertoire de A Vaschalde ne présente pas de source neuve pour les pro-
phètes. A. Ciasca sur la base des fragments Borgia reste la principale source, mais ceux
de Paris chez G. Maspéro, en 1888, sont presque aussi nombreux. Les autres frag-
ments se répartissent dans les publications déjà mentionnées ci-dessus. On peut leur
adjoindre cependant P. Lacau, «Textes de l'Ancien Testament en copte sahidlque»,
dans Recueil de Travaux relatifs à la philologie et l'archéologie égyptienne et assy-
rienne 23 (1901), 103-124, ainsi que A. Hebbelynck, «Fragments inédits de la version
sahidique d'Isaie», dans Muséan 34 (1913), 177-227. Vu le grand nombre de lacunes
qui demeurent chez les grands prophètes surtout, A. Vaschalde a intégré également
les citations dans les textes littéraires coptes publiés par E. A. Wallis Budge, et ceux qui
sont cités dans les Rudimenta de R. Tukhy. Le répertoire de W. Till ajoute une quaran-
taine de fragments tirés des mêmes sources déjà mentionnées, et de deux autres: pour
Os 2,9-5,1 de W. Grossouw, «Un fragment sahidique d'Osée», dans Muséon tome 47
(1934), 190-201, et pour Bar 3,6-30, de W. Till, «Ein sahidisches Baruchfragment», dans
Muséon 46 (1933). 35^11.
Des documents de Dishna émanent R. Kasser, Papyrus BodmerXXII et Mississip-
pi Codex 11: Jérémie XL,3-LII,34, Lamentations, Épitre de férémie, Banicli IJ~V,5 en
sahidique (Cologny / Genève, 1 964), et du même, Papyrus Bodmer XXIII: Esaie XL VII,
INTERPRETATION OFTHE BID1E
1-LXVI.24 en sahidique (Cologny / Genève. 1965). Avec ces documents, on est à nou-
veau aux IV e - V e siècles. Un fragment de Dan 5,21 et 6,2-4 a été publié par S. Perni-
gotti, «1 papiri copli dell'Università Cattolica di Milano», dans Aegyptus 65 (1985), 67-
105. Du cantique des trois enfants dans la fournaise, on a également des fragments
dans l'Horologium copte analysé par H. Quecke en 1970.
Au terme de cette revue de la Bible sahidique, on constatera que deux ensem-
bles seulement ont fait l'objet d'une étude complète, h savoir tes épîtres catholiques
par K. Schûssler, et les deux livres de Samuel par J, Drescher.
b) La Bible en copte bohaïrique
Contrairement au sahidique, les textes bohairiques n'ont jamais disparu de la li-
turgie. Les éditions les plus anciennes ne connaissent que le bohaïrique, de même les
publications pastorales les plus récentes. Cependant, la quantité des textes est beau-
coup moins abondante, mais la raison en est a chercher dans les conditions clima-
tiques du Delta, moins propices à la conservation de manuscrits. Longtemps, on a cru
que le bohaïrique appartenait à la période postérieure du copte. Le papyrus Bodmer
III, texte bohaïrique du IV e siècle a définitivement corrigé celte illusion d'optique. Un
autre paradoxe est, qu'en dehors du Nouveau Testament, du Pentateuque et des pro-
phètes, il n'y a pas de manuscrit contenant au complet un autre livre de l'Ancien Testa-
ment. Il en résulte une exploitation intensive des livres liturgiques, pleins de citations
de ces livres, et une chasse aux citations permettant de constituer les livres historiques
et sapientiaux. Tout cela confère à la bibliographie bohaïrique un profil particulier.
Les quatre répertoires mentionnés pour le sahidique s'étaient déjà occupé du
bohaïrique et de plusieurs autres dialectes. L'histoire des éditions mérite d'abord quel-
que attention. Elle est exposée dans le premier répertoire de H. Hyvernat, repris dans
le Dictionnaire de la Bible, tome 2 (Paris: Letouzey et Ané, 1912), :ï l'article «Coptes
(versions) de la Bible», col. 931-951 . D. Wilkins, Quinque libri Moysis prophetae in lin-
gua aegyptiaca cxMSS. Vaticano, parisiens! et bodleiana descripsit et latine vertit (Lon-
dres: Typis Gui, Bowyer, 1731), s'appuya avant tout sur un manuscrit de Mumington
33, daté de 1674. A. Fallet, La version copte du Pentateuque publiée d'après les manu-
scrits de la Bibliothèque impériale de Paris avec variantes et notes (Paris, 1854), ne
contient en fait que les vingt huit premiers chapitres de la Genèse sans indiquer les
manuscrits utilisés. P. de Lagarde, Der Penlateuch koptisch (Leipzig, 1867), republie le
Pentateuque sur la base de D. Wilkins et sur un manuscrit de H. Tattam daté de 1303,
Brit. Mus. Copte 712, lequel contient des lacunes. Il faut attendre M. K. H. Peters, A Cri-
tical Edition ofthe Coptic (Bohairic) Pentateucli, vol. 1: Genesis (Sepluaginta and Cog-
nate Studies 19; Chico, Calif.: Scholars Press, 1985), pour obtenir une édition complète
de la Genèse, basée sur huit manuscrits: Paris BN Copte 1 (1356), Paris BN Copte 100
*flr*«îmn ESnnOFCK, LES VERSIONS ORIENTALES DE LA film* UNE ORIENTATION niBLIOGRAPIIIQUii
(1805). Paris BN Copte 56 (1660), Paris BN Copte 57 (1665), Londres Brit. Library Or.
422 (1393), Oxford Bodl. Huntington 33 (1624), Rome Vatican copte 1 QX*-JP siècle)
et Vatican copte 4 (1399). En contraste avec ces manuscrits complets, Gen 1-4,2 a été
retrouvé dans un manuscrit du IV e siècle: R. Kasser, Papyms Bodmer III: Évangile de
Jean et Genèse I-tV,2 en bohaïrique (CSCO 177; Louvain: Peeters, 1958), 47-52. Le
même M. K. H. Peters a donné l'édition de l'Exode sur les mêmes manuscrits, sauf le
Papyrus Bodmer, sous le même titre et au même endroit. ... vol. 2: Exodi/s (Seplua-
ginta and Cognate Studies 22; Chico, Calif.: Scholars Press, 1986) et enfin de même
pour le Deutéronome bohaïrique ... vol. 5: Deuteronomy (Septuaginta and Cognate
Studies 1 5; Chico, Calif: Scholars Press, 1983) sans le manuscrit de Paris BN 57, mais
avec le manuscrit de In Briiish Library Or. 8987 (1796).
Du Pentateuque bohaïrique, il reste encore les nombreuses citations clans les
livres liturgiques. Ceux-ci ont élé édités d'abord pour l'usage courant à haute époque,
ensuite par souci scientifique principalement par O. H. E. Burmester. Comme celte
technique de restituer la Bible concerne tous les livres, nous donnons ici la liste de ces
éditions. Nous donnons en français le titre copto-arabe. R. Tukhy, [Eucologe copto-
-arabe] (Rome, 1736); idem, [Missel copto-arabe] (Rome, 1786); idem, [Rituel copto-
-arabe] (Rome, 1763); idem, [Livre des Tliéatokies et Katataxis du mois de Choiac]
(Rome, 1746). Les éditions coptes locales interviennent un peu plus tard: Mgr Cyrille
II, Liber Paschac secundttm ordinem Ecclesiae Alexandrinae. (Le Caire, 1899), et idem,
[Rituel copte-arabe] (Le Caire, 1900). G. Horner, Vie Service for the Consécration ofa
Chstrch and an Altar according lo the Coptic Rite: Edited with Translations from a
Coptic and Arabie Manuscript of A.D. 1307 for the Bishop of Salisbury (Londres,
1902). G. Labib, [Le Rite des Funérailles] (Le Caire, 1905); idem, [Le Rite de l'Extrême
Onction avec la prière d'Apa Stherpou] (Le Caire, 1909); idem, [Katameros copte-
■arabe], 2 vol. (Le Caire, 1900-1902); idem, [Missel copte-arabe] (Le Caire, 1904); idem,
[Le livre de la Psalmodie] (Le Caire, 1908). O. H. E. Burmester, .Le lectionnaire de la
Semaine Sainte: Texte copte édité avec traduclion française (de E. Porcher) d'après le
manuscrit Add. 5997 du British Muséum», dans Patrologia Orientalis 24 (Paris, 1933),
173-294; idem, dans Patrologia Orientalis 25 (1943), 179-470. La liste des manuscrits
se trouve au tome 24, 176, et la liste des passages scripturaires en fonction des manu-
scrits utilisés figure au tome 25, 471-485. Il analyse encore un autre lectionnaire de So-
ciété dans «The Coptic-Greek-Arabic Holy Week Lectionnary ofScetis», dans Bulletin
de la Société archéologique copte 16 (1962), 83-137, et dans «Th e Bodleian Folio and
Further Fragments of the Coptic-Greek-Arabic Holy Week Lectionary from Scetis»,
dans Bulletin de la Société archéologique copte 1 7 (1 963- 1864), 35-48.
Utilisant les livres liturgiques édités avant 1930, A. Vaschalde, .Ce qui a été pub-
lié des versions coptes de la Bible: Deuxième groupe, Textes Bohairiques., dans Mu-
INTERPRETATION OFT1IE BlIUE
séon 43 (1930), 40SM31 (Ancien Testament); 45 (1932), 117-156 (Nouveau Testa-
ment), dresse un tableau minutieux des citations disponibles, non sans noter soigne-
usement la date d'utilisation du texte. Pour le Pentateuque, il obtient quatorze extraits,
pour l'Exode dix-sept, pour les Nombres cinq, et pour le Deutéronome neuf.
Le troisième répertoire, de W. Till, repère quelques éditions isolées: Ex 15,1-16
dans W. B, Crum, Coptic Mayiuscripts Brought front the Fayyttnt (Londres, 1893);
Ex 34,29-35; 35,1-10; 39,30.35-38, publiés par H. G. E, Wiiite, Tacts ofthe Monastery of
Saint Macaritis (The Monasteries of Wadi n'Natrûn, part 1; New York: The Metropoli-
tan Muséum of Art, 1926). W. Till indique en outre une édition moderne sous le titre
Tiic Holy Book: Tlte Old Testament (in Coptic) (Le Caire: Abna el-Kanisa, 1939) dont la
Genèse et l'Exode ont paru, avec une traduction arabe.
Le quatrième répertoire de P. Nagel intègre les citations des deux lectionnaires
de Londres et de Scété publiés par O. H. E. Burmcster, ce qui donne douze extraits
pour la Genèse, dix pour l'Exode, deux pour les Nombres et deux pour le Deuté-
ronome.
Les livres historiques sont réduits a des lectures. Le répertoire de A. Vaschalde
en signale deux pour Josué, une pour les juges, treize pour les quatre livres des Rois
et quatre pour les Paralipomènes. Celui de W. Till y ajoute un pour Josué, deux pour
les Juges, deux pour Ruth, vingt-quatre pour les quatre livres des Rois et six pour les
Paralipomènes, et celui de P. Nagel ne recense aucune lecture nouvelle.
Le psautier par contre a été édité complètement par R. Tukhy, [Psautier copto-
-arabe] (Rome, 1744), d'après le ms. Vatican copie 5, du X e siècle. On y trouve les subdi-
visions liturgiques en cinq livres, en citthismala et en doxa. Ce (exlc a été réimprimé
par la Bible Society en 1826. J. L. Ideler, Psallerium coptice ad codicunt Jidem recensait,
lecitonis veritatis ctpsalmos apocryphes sahidicc consaiptus eteprimum a Woidio édi-
tas adiecît (Berlin, 1837) s'est basé sur le ms. de Berlin BI or. 40 157. M. G. Schwartze,
Psalterium in dialectum copticae littguae ntemphiticae translatant adftdem trium codi-
cum MSS Regiae Bibiiothccae Berolinensis inter se et cunt Tukii et Ideleri libris neenon
cnm graecis Alexandrini codicis ac Vaticani Hebraicisque Psalmis comparatorum edi-
dit notisque criticis et grammaticis instrtixit (Leipzig, 1843), utilise en plus deux autres
manuscrits BI or 40 276 et Berlin Dietz A folio 37. Ensuite P. de Lagarde, Psallerii Versio
memphitica a recognitionibns Failli de Lagarde, acccdtmt Psallerii thebani fragmenta
parhamiana. Proverbiorum fragmenta berolinensia (Gottingen, 1875), ajouta aux
mêmes manuscrits de Berlin BI or. 40 157 et Dietz A folio 37 quatre manuscrits: deux de
la Bodléienne (MunL 121 et Maresc. 31) et deux de Paris BN 5 et 12. Le texte de cette
édition est imprimé en caractères latins. Une réédition de ce texte en caractères coptes
a été fournie par O. H. E. Burmester et E. Dévaud (Louvain: J.-B. Istas, 1925), où les
leçons de P. de Lagarde ont été dûment vérifiées. F. Rossi, «Di alcuni manoscritti copti
Mit lut , .,„ ESBROKCK, LES VERSIONS ORIENTALES DE LA BIBLE: UNE ORIENTATION BinLIOCRAPHIQUE
che si conservano nella biblioteca nazionale di Torino», dans Memoiie délia Reale
accademia délie scienze di Torino, II, 43 (1893), 223-340, a édité dix-sept fragments
d'un psautier bohaîrique mutilé. Enfin, G. Labib, [Le Psautier en copte et en arabe], (Le
Caire, 1897), fournit une édition destinée à l'usage pastoral. A cet ensemble, A. Vas-
chalde joint les citations dans les livres liturgiques. P. Nagel se basant principalement
sur les lectionnaires de Londres et de Scété publiés par O. H. E. Burmester ainsi que sur
O. H. E. Burmester, «Psalmcnfragmente des Makariosklostcr in der Sketis», dans Studio
Orientalia Cliristiana: Collectanea II (1966), 389-512, dénombre pas moins de 333
nouvelles citations.
Le texte de Prov 1-I4,26a a été publié par P. de Lagarde à Gottingen en 1875
avec le psautier cité ci-dessus d'après le codex de Berlin BI or. Folio 447 en caractères
latins. La disposition des versets est parfois différente et parfois lacuneusc. U. Bou-
riant, «Fragments memphiliques de divers livres inédits de l'Écriture et des instruc-
tions pastorales des Pères de l'Église copte», dans Recueil de Travaux relatifs il la phi-
lologie et à l'archéologie égyptienne et assyrienne 7 (1886), 129-147, donne exacte-
ment les mêmes passages. Les mêmes extraits ont été reproduits encore par A. Bscai,
Provcrbia Salomonis bohairice et arabice (Rome, 1886), qui y ajoute la péricope
29,28-38. A. Vaschalde cite huit citations dans les livres liturgiques, et P. Nagel quatre
citations d'après le lectionnaire de Londres: elles tombent dans les mêmes chapitres
que le texte édité.
Le livre de Job a été édité par M. Tnttam, Tlie Ancien! Coptic Version ofjob llw
Just. Translated into English and Edited (Londres, 1846). Il a été collationné sur deux
autres manuscrits de Paris et de Londres par E. Porcher, «Le livre de Job: Version copte
bohaîrique publiée et traduite», dans Patrologia Orientalis 18 (1924), 209-339. A. Vas-
chalde en repère cinq péricopes liturgiques, dont les trois dernières coïncident avec
les passages retrouvés par O. H. E. Burmester et enregistrés par P, Nagel.
A. Vaschalde repérait déjà trois péricopes de la Sagesse et huit du Siracide dans
les livres liturgiques. O. H. E. Burmester, «The Bohairic Pericopae of Wisdom and
Sirach», dans Biblica 15 (1934), 451-465, et 16 (1935), 35-37, en ajoute trois pour la Sa-
gesse, et retrouve les mêmes huit péricopes pour le Siracide. Une citation du Cantique
y est jointe. Les citations du lectionnaire de Londres et de Scété notées par P. Nagel
sont les mêmes. Le répertoire de A. Vaschalde a l'avantage de noter exactement le
contexte liturgique de la lecture.
Le livre de Jonas en bohaîrique a été publié par A. Mallon, Grammaire copte (4 e
éd., Beyrouth, 1956), 57-43.
Les douze petits prophètes ont été partiellement publiés d'abord par E. Quatre-
mère, Daniel et les douze petits prophètes, manuscrits coptes de la Bibliothèque Im-
périale n° 2, Saint-Germain n° 21, dans Notices et extraits des manuscrits de la Bibiio-
■
INTERPRETATION OFTHE BIBLE
thèque impériale et autres bibliothèques publiés par l'Institut de France 8 (1810), 230-
289- Les deux manuscrits sont aujourd'hui BN copte 2 et 58. Seul Zacharie esi com-
plètement édile. Ensuite H. Tattam, Duodecim prophetarum minorum libros in lingua
acgj'ptiaca vulgo coptica seu memphitica ex manuscripto Johannis Lee, J. C. D. collatos
latine edidit (Oxford, 1836), en donna le texte complet. A. Vaschalde indique 36 péri-
copes liturgiques. Touies se retrouvent dans les seize péricopes tirées de O. H. E. Bur-
mester par P. Nagel, sauf Zach 16,5 dans le lectionnaire de Londres.
H. Tattam, Proplietas majores in dialecto linguae negyptiacae memphitica seu
coptica edidit cum versionc latina [tome 1: Isaie et Jérémie; tome 2: Ezéchiel et Da-
niel] (Oxford, 1852), a donné la seule édition complète des grands prophètes. Bamch
et l'Épître de Jérémie ont été publiés par A. Bscai, Liber Bamch prophetae (Rome,
1870), et par M. Kabis, «Das Buch Baruch, koptisch», dans Zeitsclirift fiir Âgyptische
Spraclw und Altertumskunde 10 (1872), 134-136; 11 (1873), 18-21; 12 (1874), 46-49.
Le chapitre 9 du livre de Daniel avait été édité dans les deux dialectes par F. Mi'mier,
Spécimen versiotmm Danielis copticarum nonum cius capui memphitice et sahidice
exhibens (Rome, 1786). J. Hardelli, Daniel coptomemphitice (Pise, 1849), utilisa trois
manucrits de Paris, BN copies 2, 70 et 58 et un manuscrit de Tattam, aujourd'hui à la
John Rylands Library 419. Le livre de Daniel est divisé en copte en treize Visions in-
cluant le livre de Suzanne et celui de Bel et du Dragon. Une quatorzième Vision posté-
rieure à l'invasion arabe figure dans le Daniel copte.
L'usage liturgique des prophètes se monte à 45 péricopes pour IsaTe, cinq pour
Jérémie, les Lamentations et Baruch, seize pour Ezéchiel et six pour Daniel. Les péri-
copes beaucoup moins nombreuses repérées par P. Nagel d'après O. M. E. Burmcster
coïncident avec celles de A. Vaschalde sauf 1s 41,1-7. B. Klakowicz, «A Bohairic Transla-
tion of the Last Books of Daniel (PPaiau - Rib, inv. 61 - inv. 650», dans Stitdia Papyrolo-
gica 17 (1978), 7-33, donne des parties de Bel et le Dragon beaucoup plus anciennes.
Le Nouveau Testament bohalrique a d'abord été édité par D. Wilkins, Novum
Testamentum Aegyptium vulgo copticum ex MSS. Bodleianis descripsit, cum Valicanis
et Parisiensibus contulil et in latimtm sermonem convertit (Oxford: E Theatro Sheldo-
niano, 1716). Le texte est basé sur vingt et un manuscrits, mais les variantes ne sont
pas indiquées ni la provenance du texte choisi. Ensuite, M. G. Schwartze, Qualuor
evangelii in dialecto linguae copticae memphitica perscripta ad codd. MSS. Coptico-
nim in Regia bibtiothecae Bcrolinensi adsetvatorum nec non Hbri a Wilhinsio emissi
fidem edidit, emendavit, adnotationibits crilicis et grammaticis, variantibus lectioni-
bus expositis atque textu Coptica cum Gracco comparato inslntxit (Leipzig, 1846-
1847), se base sur le ms. de Berlin BI or. Dietz A Toi. 40, et utilise les copies du manu-
scrit de la Bodléienne faites par T. Petraeus. La suite de cette oeuvre est due à son
disciple P. Boeiticher ou P. de Lagarde, Acta Apostolorum coptice (Halle, 1852); idem,
MI'ktlntoESimaECX.WS VERSIONS ORIENTALES DE SA BIBLE: UNE ORIENTATION BlMJOGRArHIQUE
npistutae Novi Testament! coptice (Halle, 1852). L'Apocalypse n'a jamais paru dans
cette édition, Deux autres éditions virent le jour avec H. Tattam, Qualuor Evangelia
memphiticae et arabice (Londres, 1829); idem, Les quatre évangiles en copte et en
arabe (Londres, 1847); idem, Les Actes des Apôtres, les épitres et l'Apocalypse en copte
et en arabe (Londres, 1852). Ce texte provient d'un manuscrit du Patriarcat du Caire
comparé à d'autres manuscrits de Lord Curzon. Mgr Cyrille II, Le livre des saints
évangiles en copte et en arabe, vol. 1: 5! Matthieu et S. Marc, vol. 2: S. Luc et S. Jean (Le
Caire, 1902), a une portée avant tout pastorale et n'indique pas ses sources.
L'édition critique incontournable est celle de G. Horner, Vie Coptic Version of
the New Testament in the Northern Dialect Otherwise Called Memphitic and Bohairic
with Introduction, Critical Apparatus and Literal English Translation, vol. 1: Tlw Gos-
pels o/S. Malthew and S. Marc Ediled from the MS. Huntinglon 17 in the Bodleian
Library (Oxford: Clarendon Press, 1898); vol. 2: Tlie Gospels o/S. Luke and S. John Edi-
tedfrom the MS Hunlington 17 in the Bodleian Library (Oxford: Clarendon Press,
1898); vol. 3: Vie Epistles o/S. Paul Edited from MS. Oriental 424 in the Brilish Mu-
séum (Oxford: Clarendon Press, 1905); vol. 4: The Catholic Epistles and theActs ofthe
Apostles Edited from MS. Oriental 424: Vie Apocalypse Edited from MS. Curzon 128 in
the Care ofthe Brilish Muséum (Oxford: Clarendon Press, 1905). Pour les évangiles,
G. Horner se base sur le I Iuntington 17, daté de 1 174. Il tient compte de la chaîne exé-
gétique du manuscrit Parham 102 daté de 889 et édité par P. de Lagarde, Catenae in
Evangelia aegyptiaca quae supersunt (Gôttingen, 1886). Il tient compte de 45 autres
manuscrits qu'il décrit avec soin, et de neuf manuscrits fragmentaires. Pour les Actes
et les épîtres, le manuscrit de base est daté de 1307. G. Horner lui adjoint vingt autres
manuscrits et trois manuscrits fragmentaires dont un du IX e siècle. Enfin pour l'Apo-
calypse, le manuscrit de base Parham 128 est daté de 1320, et les variantes de dix
autres manuscrits sont prises en considération.
À cette édition insurpa.ssée, A. Vaschalde joint un répertoire de plus d'un milli
er de citations dans les livres liturgiques, rangées dans l'ordre des péricopes et dû-
ment identifiées par la nature de la fête célébrée. Les éditions des légionnaires de
O. H. E. Burmester donnent à P. Nagel la possibilité d'en récolter près de deux cents.
Un fragment du IV" siècle, contenant Phil 3,19-4,9 a été signalé par P. Kahle, «A
Biblical Fragment of the fourlh to fifth century in Semi-Bohairio, dans Muséon 60
(1950), 147-157. Il a été réédité dans le volume de P. Kahle sur Bala'izeh, 377-379.
c) La Bible en copte fayoumique
La désignation des dialectes entre le Fayoum et Oxyrrhinque a elle-même varié.
On utilisa d'abord le terme .bachmourique», qui désigne plutôt une variété de bohalri-
que où les caractères de l'alphabet copte dérivés de l'ancien égyptien ne sont pas uti-
INTERPRETATION OFT1IE BIBLE
lises. Depuis L Stern, Koplische Grammatîk (Leipzig. 1880), le terme plus vaste .mo-
yen-égyptien» a remplacé progressivement le bachmourîque, A. Vaschalde, «Ce qui a
été publié des versions coptes de la Bible-, dans Mitséon 46 (1933), 299-313 (troi-
sième et quatrième groupes: fayoumique et achmimique), ne traite pas séparément le
moyen-égyptien et le fayoumique. Les publications de cinq codices moyen-égyptiens
antiques dont deux complets ont contribué a accentuer la différenciation entre les
deux dialectes.
Des textes fayoumiques ont été connus très tôt. E. Quatremère, Recherches cri-
tiques et historiques sur la langue et la littérature de l'Egypte (Paris, 1808), 228-253,
donnait déjà plusieurs versets du chap. 4 des Lamentations et de la Lettre de Jérémie,
d'après le manuscrit de Paris copte 78, fol. 63-67. W. F. Engelbreth, Fragmenta bas-
muricocoptica Veteris et Novi Testament! quae in Museo Borgiano Velitris asservan-
tur, cum reliquls versionibus aegyptis contulit, latine vertit neenon criticis et philolo-
gicis adnotationibus illustravit (Copenhague, 1811), parachève le travail de G. Zoega,
décédé trop tôt, sur le fonds le plus ancien des fragments coptes. Ce travail est repris
par E. Chassinat, «Fragments de manuscrits copies en dialecte fayoumique*, dans Bul-
letin de l'Institut Français d'archéologie orientale tl, 2 (Le Caire, 1902), 171-206. Des
publications sporadiques voient le jour U. Bouriant, «Fragments Bachmouriques»,
dans Mémoires de l'Institut d'Egypte, tome 2 (1889), 567-60-1. S. Gaselee, «Two Fayou-
mic Fragments of the Acts», dans Tlie Journal of Ttieological Studics H (1910), 511-
517. C Wcsseiy, «Ein faijumisch-griechisches Evangelienfragment», dans Wiener Zeit-
scliriftfur die Kunde des Morgenlandes 26 (1912), 270-274. A. Hebbelynck, «Frag-
ments fayoumiques de la première Épître aux Corinthiens., dans Mttséon 35 (1922),
1-16. W. Till, «Ein faijumisches Acta-Fragment., dans Mttséon 42 (1929), 193-196.
Sur cette base, et en puisant encore au catalogue de W. E. Crum et à quelques
publications citées au début du répertoire sahidique, A. Vaschalde récolte pour l'An-
cien Testament a peine une trentaine de fragments, dont plusieurs sont des citations,
et pour le Nouveau Testament près de 250 fragments, dont la plupart ne dépassent
pas la longueur d'un verset complet. A ce nombre, A. Vaschalde ajoute déjà une tren-
taine d'extraits dans les feuilles de garde de la collection Pierpont-Morgan, dans les
tomes 21, 38, 43 et 46 de l'édition photographique romaine des manuscrits de Saint-
-Michel de Hamuli par H. Hyvemat en 1922. Il s'agit d'extraits situés dans Marc, chap. 9
à 14, Rom, chap. 1 et 10-1 1, et 1 Cor, chap. 2-3, 7 et 15. Le répertoire de W. Till com-
porte trois importantes publications: W. Till, «Wiener Faijumica», dans Muséon 49
(1936), 169-217; idem, «Faijumische Bruchstiicke des Neuen Testamentes», dans Musé-
on 51 (Louvain, 1938), 227-238, et enfin W. H. Worell, «Fayumic Fragments of the
Epistles., dans Bulletin de la Société d'Archéologie copte, tome 6 (Le Caire, 1940), 127-
139. La récolte atteint a peine une cinquantaine de fragments pour toute la Bible.
. ESRROtCK, LES VERSIONS ORIENTALES DE LA BIBLE UNE ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE
De l'Évangile selon saint Marc, 14,35 a 16,20 ont paru des feuillets très lacuneux
par A I. Elanskaja, «Koptskie rukopisi Gosudarsrvennoj Biblioteki imeni M. E. Salryko-
va-Séedrina», dans Patcstinskij Sbornik 20 (83) (Leningrad, 1969), 96-120. Il s'agit en
fait de la reprise de O. von Lemm, «Mittelagyprische Bibelfragmente», dans Études ar-
chéologiques linguistiques et historiques dédiées à Mr. le Dr. C. Leemans (Leyde, 1885),
95-102, qui reproduit près de 70 fragments dans Marc 14 à 16 d'après le codex Ti-
schendorf 5. Deux fragments fayoumiques des Psaumes ont été identifiés par H. Quec-
ke: «Ein faijumisches Fragment aus Ps. 90 (91) (P. Heid. Kopt 184)., dans M. Gôrg et E.
Pusch, Festschrift Elmar Edel (Àgypten und Altes Testament 1; Bamberg, 1979), 332-
337; «Ein faijumisches Psalmfragmcnt (Ps. 16,4 ff>, dans D. W. Young, Studies Pre-
sented to Hansjakob Polotsky (Beacon Hill: Piitle et Poison, 1981), 300-313. Ce der-
nier fragment provient de la reliure du ms. Pierpont-Morgan 597. Jn 1,1-14 a été tiré
du papyrus de Berlin 5569 par W.-P. Funk, «Der Anfang des Johannesevangeliums auf
faijumisch», dans Archiv fur Papyrusforschung 34 (1988), 33-43. Pour le Cantique et
l'Ecclésiaste, le papyrus bilingue de Hambourg fournit le texte presque complet, ainsi
que des fragments des Lamentations. Ils ont été édités par J. B. Diebncr et R. Kasser,
Die alttestamentlichcn Texte des Papyrus bilinguis 1 derStaats- und Universitàtsbiblio-
thek Hamburg. Canticum Canticorum (copt), Lamentationesjeremiae (copt) Ecclesias-
tes (graece et copt) (Cahiers d'Orientalisme 13; Genève: P. Cramer, 1989). Une dizaine
de fragments des épîtres de Paul ont été édités dans !e catalogue complémentaire de
Paris par A. Bouvarel-Boud'hors en 1987. Depuis le répertoire de P. Nagel, A. Bouva-
rcl-Boud'hors, «Fragments du Nouveau Testament fayoumique à la Bibliothèque
Nationale», dans Langues orientales anciennes: Philologie et linguistique, tome 1 (Lou-
vain / Paris: Peeters, 1988), 95-1 16, publie les feuillets 96 et 166 du ms. 129 s contenant
Mt 5,56-6,18 et 14,8-15,4. Il s'agit en fait des textes déjà publiés par J. David, «Frag-
ments de l'Évangile selon saint Matthieu en dialecte moyen-égyptien., dans Revue Bi-
blique 7 (1910), 80-92, et par G. Maspéro, «Fragment de l'Évangile selon saint Matthieu
en dialecte bachmourique-, dans Recueil de Travaux relatifs à la philologie et à l'ar-
chéologie égyptienne et assyrienne 1 1 (1889), 1 16. A. Bouvarel-Boud'hors observe que
E. Chassinat en 1902 avait déjà rapproché de ces feuillets plusieurs fragments de
G. Zoega publiés par W. F. Engelbreth à Copenhague en 1811, n'exclut pas qu'il
s'agisse du même manuscrit que celui de Leningrad, d'abord publié en 1885 par
O. von Lemm. Elle regrette de ne pas avoir eu la chance de mesurer le format original
tel que E. Chassinat pouvait encore le vérifier. Tel est en effet le sinistre paradoxe des
reliures fictives faites au petit bonheur au siècle dernier à partir d'une masse de
fragments superficiellement rapprochés. La monture des restaurateurs a éliminé bien
des renseignements qui s'avéreraient utiles aujourd'hui. On voit poindre ici la restau-
ration d'un tétraévangile fayoumique de grande ampleur. L'avenir permettra peut-être
INTERPRETATION OE THE BIBLE
d'en mesurer toutes les dimensions. Le même article contient encore Jn 6,13-1534-37
d'après le ms. 132 3 fol. 265 et fin 8-9,3 et 9,18-21 dans le ms. 133 2 fol. 7 et 9. L'article
de A. Bouvarel-Boud'hors démontre combien les publications anciennes ont à être re-
prises dans le cadre de la meilleure connaissance des dialectes acquise au cours d'un
siècle de publications.
Aussi fragmentaires qu'ils soient, les restes fayoumiques témoignent d'une
transmission de plusieurs livres bibliques. Nous ne sommes pas entrés ici dans la clas-
sification fluente des nombreux sous-dialectes du fayoumiques.
d) La Bible en copte moyen-égyptien, mésokémiquc ou d'Oxyrrhinque
De tous les dialectes coptes, le mésokémique est celui qui a enregistré les dé-
couvertes les plus étonnantes dans les deux dernières décennies. D'abord mal distin-
gué du fayoumique, le mésokémique avait déjà sa place dans le répertoire de A. Vas-
chalde. Il signalait déjà W. E. Crum et P. G. Kenyon, .Two Chapters of St John in Greek
and Middle Egyptian», dans The Journal ofVieological S tudies 1 (1900), 415-433, qui
donne une trentaine de fragments dans Jn 3 et 4 ; C. Wessely, «Ein Sprachdenkmal des
mitteliigyptischen (baschmurischen) Diaiekte», Sitzungsbenchte der Kaiser!. Akademie
der Wissenschaflen in Wien, Phil.-hist. Klasse, vol. 158, 1 (Vienne, 1908); L T. Lefort et
H. Coppieters, «Fragments des Actes des Apôtres en dialecte dit moyen égyptien»,
dansMuséon 15 (1914), 49-60.
Cinq publications ont donné au mésokémique un essor incomparable. La pre-
mière est T. Orlandi. Leltere disan Paolo in Copioossirinchita: Papiri délia università
degli studi di Milano, tome 5 (Milan, 1974). Cette publication inclut, sous le titre «Il
dialetto. (87-108) une contribution linguistique de H. Quecke qui définit exactement
le moyen-égyptien par rapport au fayoumique. La cinquantaine de feuillets suit l'ordre
Rom - 1 Cor - 2 Cor - Héb - Gai - Phil - Êph - lTh-2 Th - Col. Tous les versets de ce
manuscrit sont mutilés,
La deuxième publication E. Husselman, Tfie Gospel ofSt John in Fayumic Coptic
(P. Mich. Inv. 3521) (Kelsey Muséum of Archeology Studies 2; Ann Arbor, Mich.,
1962) s'avère parfaitement mésokémique au vu des analyses ultérieures. Les frag-
ments conservés vont de Jn fi àjn 15. Le dialecte estsiglé soit Mf comme dialecte mé-
sokémique, soit Wcomme dialecte autonome.
La troisième publication, H. M. Schenke, Dos Mallhàus-Evangelium in mittel-
âgyptisclten Dialekt des Koptischen (Codex Scheide) (Berlin: Akademie-Verlag, 1981),
offre l'édition d'un manuscrit des IV-V* siècles parfaitement conservé arrivé en 1961
en possession de l'antiquaire H. P. Kraus à New York. La langue impose son origine
du côté d'Oxyrrhinque.
La quatrième publication est à nouveau H. M. Schenke, Apostelgeschichte 1,1-
Mirhrl ,-nn ESIlIIOrCK, LES VERSIONS OHIENTALES DE LA BIBLE: UNE ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE
15,3 i"' mittelâgyptischen Dialekt des Koptischen (Codex Glazier) (Berlin: Akademie-
-Verlag, 1991). Ce codex du V e siècle est encore mieux conservé que le précédent et
est également arrivé à New York en 196l chez l'antiquaire H. P. Kraus.
La cinquième publication est G. Gabra, Der Psaiter im oxyrhynchiten (mesoke-
mischen/miltelâgyptischen) Dialekt, mit Beitràgen von Nasry Iskander, Gerd Mink
und John L Sharp (Heidelberg: LIeidelberger Orientverlag, 1995). Il s'agit aussi d'un
codex un peu moins bien conservé que les deux précédents, mais encore recouvert
de ses plats en bois. Cette fois, on connaît - chose exceptionnelle - l'endroit exact de
la découverte dans un cimetière pauvre à al-Mudil, à 45 km au nord-est d'Oxyrrhyn-
que. Le codex se trouvait sous la tête du squelette d'une fillette décédée à treize ans. 11
porte maintenant le n° 66l4 dans le Musée Copte du Caire. Le manuscrit comporte
toutes les caractéristiques du rv^-V 5 siècle. Le texte du psautier est pratiquement
complet.
Cette série de découvertes ont fait du dialecte d'Oxhyrrinque un témoin non
moins important que le sahidique pour l'histoire de la transmission de la Bible en
copte.
e) La Bible en copte achmïniique ou de Panopolis
Les restes achmimiques de la Bible sonl beaucoup moins nombreux. Des ma-
nuscrits de Berlin, de menus fragments ont été publiés par). Leipoldt, Sa'idische Texte
(Agyptische Urkunden aus den kônigl. Museen zu Berlin 1; Berlin, 1904), a savoir une
dizaine de fragments dans Genèse 1 et 2. Leur nature achmimique a cependant été
mise en doute par la réédition de W.-P. Punk, «Die Zeugen des koptischen Literatur-
dialcktes 17», dans Zeitschrift fur agyptische Sprache und Altcrtumskunde 114 (1987),
117-133. De même P. Lacau, «Textes coptes en dialectes aklimimiques et saliidiques»,
dans Bulletin de l' Institut français d'archéologie orientale 8 (Le Caire, 1911), 43-81,
édite à partir du ms. Copte 135 de Paris une quinzaine de bouts des versets dans Ex 1,
4 et 5, Sag 22,17-23,6 et quatre petits bouts dans 2 Mac 5 et 6. C'est assez pour montrer
que la Bible achmimique a existé. Un codex des douze petits prophètes est également
demeuré en partie au Musée de Gizeh, dont les extraits ont été publiés par U. Bou-
dant, «Fragments des petits prophètes en dialecte de Panopolis», dans Recueil de Tra-
vaux relatifs â la philologie et à l'archéologie égyptienne et assyrienne 19 (1897), 1-12,
et en partie a Vienne dont les fragments ont été publiés par C. Wesseiy, Duodecim
Propheiarum rninontm versionis achmimicae codex Rainerius (Studien zur Palaeo-
graphieund Papyruskunde 16; Leipzig, 1915). Le tout a été repris par\V. Till, Dieacli-
mimische Version der zwôlf kleinen Propheten (Codex Rainerius, Wien) herausge-
gehen mit Einleitung, Anmerkimgen und Wôrterverzeichnis (Hauniae, 1927). Même
ici il ne s'agit pas encore d'un texte complet, mais de centaines de fragments. Enfin à
INTERPRETATION OFTHE BIBLE
&
MUhtl ™n FJWKOIXK, LES VERSIONS ORIENTALES DE LA BIBLE: UNE ORIENTATION BIMJOGEAPFIIQUE
Strasbourg, des fragments de Jean 10 et 1 1 et de l'Épître de saine Jacques ont été
publiés par F. Rôsch, Bruchstûcke des ersten Clemensbriefes nach dem achmimischm
Papyrus der Strassbttrger Universitâts- und landcsbibliothek mil biblischen Texten
derselben Handschrift herausgegeben und ùbersetzt (Leipzig, 1910). Au demeurant,
cette même épître de Clément avait été éditée par G Schmidt, Der erste Clemensbrief
in altkoptischer Vberseiztung untersucht und herausgegeben (Leipzig, 1908), Elle con-
tient un grand nombre de citations scripturaires, dont A. Vaschalde a dûment dressé
l'inventaire à la fin de sa liste des publications coptes bibliques.
Le répertoire de W. Till ajoute quelques nouveautés. Le texte complet des Pro-
verbes est donné par A. Bôhlig, Der achmimische Proverbientext nach MS. Bcrol
Orient. Oct. 987, 1: Texl und Rekonstruktian der sahidischen Vorlage (Studien zur Er-
forschung des christliclien Àgyptens 3; Munich, 1958). Le Ps 46,3-10 a été publié par
W. E. Crum, -Un psaume en dialecte d'Akhmim», dans Mémoires de l'Institut français
d'archéologie orientale du Caire 67 (1934), 73-76. L. T. Lefort, «Fragments de S. Luc en
akhmîmique», dans Muséon 62 (1949), 199-205, donne des restes des cliap. 12, 13, 17
et 18. Et idem, «Fragments bibliques en dialecte akhmîmiquo, dans Muséon 66 (1953),
1-30, apporte trois fragments de l'Exode. Enfin Dan 3,50-55 et Mt 11,25-30 ont été
publiés par L. Amundsen, «Christian papyri from the Oslo collection», dans Symbolae
Osloenses 24 (1945), 121-140.
Si ténus que soient ces restes, ils témoignent visiblement d'une transmission du
texte aussi fournie qu'ailleurs.
f) La Bible en copte subachmimique ou de Lycopolis
Arrivés tout à fait au sud de l'extension du copte, il faut enregistrer un codex
qui figure parmi le répertoire sahidique de F. G. Schmitz et G. Mink ci-dessus comme
sa 4: à savoir l'édition de l'évangile de Jean: H. Thompson, Vie Gospel ofStjohn ao
cording to the Earliest Coptic Manuscript (London, 1924). Tout le monde s'accorde a y
voir le seul témoin subachmimique complet qui nous soit parvenu. Des fragments de
Pliilémon et de Héb 5 ont été publiés par P. Bellet, «Analecta coptica», dans Tlie Ca-
tholic Biblical Qualerly 40 (1978), 37-52, où ils sont qualifiés de «subakhmimic». Mais
cette identification du dialecte a été rejetée par R. Kasser, «L'ideniité linguistique du
MS. Cambridge Univ. Lib. Or. 1700.1 à la périphérie de l'aire lycopolitaine», dans Musé-
on 99 (1986), 221-227, ainsi que par W. P. Funk, «Die Frage des Dialekts der kopti-
schen Paulusfragmente der Thompson-Sammlung in der Universilsâtbibliothek Cam-
bridge», dans Halleschc Beitriige zur Orientwissenschaft 8 (1986), 45-61. Neuf versets
dans Gai 5 et 6 d'après le papyrus de Michigan inv. 3535 a ont été présentés prudem-
ment comme achmimiques par G. M. Browne, Michigan Coptic Texts (Papyrologica
Castroctaviana: Studia et textus 7; Barcelona, 1979), 19-24. Enfin huit versets dans Job
30, édités d'abord par G. M. Browne d'après le Pade Michigan inv. 5421 à Barcelone
en 1979 sont considérés provisoirement comme de Karanis. L'identification du di-
alecte est discuté par W.-P. Funk, «Eine fruhkoplische Ausgieischsonhographie fur
Unter- und Mittelâgypten?», dans Société d'égyptologie, Genève, Bulletin n" 4 (Mélan-
ges W. Vycichl) (Genève, 1980), 33-38, et par R. Kasser et H. Satzinger, «L'idiome du
P. Mich. 5421 (trouvé à Karanis, nord-est du Fayoum)», dans Wiener Zeilschrift fur die
Kttnde des Morgenlandes 74 (1982), 15-32,
Au moment de clore ce panorama de la bible en copte il est à peine nécessaire
d'observer que les développements futurs les plus inattendus restent probabies, et
que l'arrivée à un répertoire définitif est encore loin d'être réalisée. On soulignera
toutefois l'excellent Index mamiscriptorum placé par P. Nagel à la fin rie son réper-
toire. Débarrassé des lieux d'édition, cette liste alphabétique des lieux et des manu-
scrits qu'ils contiennent remplit les 91-99 et permettent un accès rapide aux progrès
réalisés depuis le répertoire de W. Till et de A. Vaschalde.
4. La Bible éthiopienne
Pour l'éthiopien comme pour l'arménien, on dispose d'un répertoire des bi-
bliothèques et des catalogues de manuscrits. R. Beylot et M. Rodinson l'ont publié en
1995 comme nous l'avons écrit au début de notre notice. On y trouve 169 lieux de dé-
pôts pour 321 fonds, y compris plusieurs bibliothèques d'églises locales en Ethiopie.
Il a cependant des lacunes. Curieusement, les manuscrits du couvent d'Abba Garima,
un des «neuf saints» qu'on s'accorde en général à placer au VI e siècle, n'y figure pas. Ils
ont été décrits par W. F. Macomber, Catalogue ofllthiopian Manuscripts from Micro-
films in the Collection of Dr. Donald Davies (Collegeville, privately issued by Hlll Mo-
nastic Microfilm Library, 1979). L'importance de ce fonds provient du fait qu'il con-
tient les plus anciens manuscrits éthiopiens connus à ce jour. Un panorama analogue
à celui de Beylot-Rodinson avait déjà paru avec J. Simon, «Répertoire des biblio-
thèques publiques et privées contenant des mss éthiopiens», dans Revue de l'Orient
Chrétien 28 (1931-1932), 178-196, qui signalait déjà 137 dépôts dans dix-neuf pays. Et
avant lui, un travail analogue avait vu le jour avec S. Zanutto, Bibliografta Etiopica in
continuazione alla «Bibliografta Etiopica» di G. Fumagatli-Secondo: Manuscrilti Etio-
pici (a cura del Ministerio délie Colonie, Rome: sindicato italiano Arli Grafiche editore,
1922; réimpression Westmead, Farnborough: Gregg, 1971), où les manuscrits sont
classés par pays et histoire des fonds. L'odyssée des manuscrits les plus importants s'y
trouve bien décrite. Par rapport à ces indicateurs, la Hill Monastic Microfilm Library à
Collegeville aux États-Unis a entrepris la publication d'une description des microfilms
réalisés dans les églises et monastères d'Ethiopie. À ce jour, dix volumes de descrip-
INTERPRCTATION Of THE 1Î1HLE
tion ont paru, totalisant 5000 manuscrits, Plusieurs milliers doivent encore être cata-
logués. F, W. Macomber, A Catalogue of Ethiopietn Manuscripts Microfilmed for the
Ethiopian Manmcripl Microfilm library, Addis Abeba ami for the Monaslic Mamt-
script Library, Collegeville, vol. 1 [1-300] (Collegeville, Minn.: St. John Abbey, 1975);
idem, A Catalogue ofEthiopian Manuscripts Microfilmed fot the Ethiopian Mamtschpt
Library, Addis Abeba and for the Hill Monastic Library, Collegeville vol. 2 1301-700]
(Collegeville, Mina: St. John Abbey and University, 1976); idem, vol. 3 [701-1000]
(ibid., 1978); G. Haile, idem, vol. 4 [1101-1500] (ibid,, 1979); G. Haile et W. F. Macom-
ber, idem, vol. 5 [1501-2000] (ibid., 1981); idem, vol. 6 [2001-2500] (ibid., 1982);
idem, vol. 7 [2501-3000] (ibid, 1983); G. Haile, idem, vol. 8 [3001-3500] (ibid., 1985);
idem, vol. 9 (3501-4000] (ibid., 1987); idem, vol. 10 [4001-5000] (ibid-, 1993). Ce
fonds microfilmé, couramment siglé EMML, s'avère plus abondant que l'ensemble des
manuscrits conservés ailleurs. Mais il faut tenir compte d'une série de facteurs qui
donnent a la transmission de la Bible éthiopienne un profil tout particulier.
En effet, on a produit en Ethiopie des manuscrits sur parchemin jusque dans la
deuxième moitié du XX e siècle. Par ailleurs les premières éditions datent du XVI e
siècle, et l'écrasante ma|orité des manuscrits est postérieure. La dépendance d'une
édition est souvent probable. Repérer la date exacte des manuscrits est également dif-
ficile. On n'en voudra pour preuve que le ms. biblique EMML 2080 contenant les pro-
phètes et plusieurs livres sapientaux; ce codex est daté par W. F. Macomber du XII e -
XIII e siècle, mais par S. Hable Selassié du XV e siècle. D'où l'importance de l'ouvrage
de S. Uhlig, Athiopische Palâographie (Stuttgart: F. Steiner, 1988), qui tente d'établir
des critères objectifs pour sept périodes successives dont la première va des témoins
épigraphiques sur pierre jusqu'au XIV e siècle. De l'enchevêtrement des manuscrits
avec les éditions, il résulte également que l'histoire des fonds prend plus d'importan-
ce que dans les autres langues. Les Catalogues de manuscrits éthiopiens de Paris, Lon-
dres et Berlin acquièrent une importance hors pair, car leurs collections sont ancien-
nes. Enfin, la Bible éthiopienne joint souvent aux textes canoniques au moins trois
livres, celui d'Hénoch, des Jubilés et l'Ascension d'Isaie pour l'Ancien Testament, et le
Pasteur d'Hermas pour le Nouveau Testament. Plusieurs de ces livres ne sont connus
que très fragmentairement dans les autres langues. Cette circonstance n'a pas peu
contribué à éveiller très tôt l'intérêt des chercheurs.
Signalons encore au préalable quatre titres qui traitent spécialement de la
traduction de la Bible: L. Méchineau, «Éthiopienne (version) de la Bible», dans Diction-
naire de la Bible, tome 2 (Paris: Letouzey et Ané, 1912), col. 2020-2033. et sa continua-
tion par B. Botte, «Versions éthiopiennes», dans Supplément au dictionnaire de la
Bible, tome 6 (Paris: Letouzey et Ané, i960), col. 825-829. Les nombreuses hypothèses
sur l'origine de la version éthiopienne qu'on y trouve excellemment décrites revien-
'=
IMU ™n ESBROFCH, LES VERSIONS ORIENTALES DE LA Bl BLE UNE ORIENTATION BII1I.IOGRAPHIQUE
nent dans la monographie de E. Ullendorf, Ethiopia and the Bible (London: British
Academy / Oxford University Press, 1968). Le chapitre «Bible Translations», 31-73,
concerne directement notre thème. On y retrouve bien rangées en ordre chronolo-
gique les opinions assez divergentes sur l'origine de 1a Bible éthiopienne. Les publi-
cations nombreuses de textes bibliques particuliers sur un nombre toujours croissant
de manuscrits ont pratiquement chaque fois suscité des opinions nouvelles. Dès le
début, A. Diilmann, qui utilisa quatre manuscrits pour l'octateuque éthiopien (Penta-
teuque + Juges, Josué et Ruth), montre à la fois une dépendance fondamentale par
rapport aux LXX, et en même temps une révision sur l'hébreu. Nombre de spécialistes
ont voulu voir des influences syriennes, qui ne sont pas a exclure, mais dont il ne
faudrait pas exagérer l'importance. Deux études examinent les problèmes latents,
l'une à partir de Jér 1-13: A. Heider, Die athiopische Bibelùberselzung: Ihre Herkunft
und ihr Wert fur die ait- und neulestamenlliche Wissenschaft (Leipzig: E. Pfeiffer.
1902), et l'autre à partir du livre des Rois: H. S. Gehman, «The Old Ethiopie Version of
1 Kings and lis Affinilies», dans Journal of Biblical Literature 59 (1931), 81-114. E. Ul-
lendorf termine sa revue en citant O. Lôfgren qui déclare sans ambages qu'il faut
attendre une édition vraiment Critique avant d'énoncer de nouvelles hypothèses.
Cette édition vraiment critique ne semble à ce jour réalisée que pour l'Evangile par
R. Ztiurmond en 1989, comme on le verra ci-dessous. Enfin, on a un instrument pra-
tique avec H. W. Lockot, Bibliographia Àthiopica: Die dthiopenkundliche Literatur des
deulschsprachigen Raums (Wiesbadeii: F. Steiner, 1982), 272-282, la section 39: «Bibti-
sche Literatur und Apokryphen», y comporte les titres, parfois fort longs, d'ouvrages
classés sous les n° 6176 à 6342, soit 168 publications, qui débordent largement le
cadre des publications allemandes surtout pour les premières publications du XVI e
siècle. Ces titres sont cependant encore mieux reproduits par G. Fumagalli, Bibliogra-
fta etioplca (Milan: U. Hoepli, 1893), section II: «Lettcratura», 127-133, n° 1232-1270.
Ceux qui voudraient lire les longs titres complets latins des éditions anciennes les trou-
veront ci-dessous dans le numéro de référence de Fumagalli et Lockot (Fum. el Lock.)
E. Ullendorf reproduit dans le texte deux notices où est énoncée la tradition
des Éthiopiens eux-mêmes sur la traduction de leur Bible. Dans le ms. de Paris 113 da-
tant du XVI e siècle, dans l'ouvrage dogmatique «Livre des Mystères» ou «Réfutation des
hérétiques» rédigé par G. de Sagla en 1424, au fol. 163, la Bible est censée être traduite
à l'époque clc la reine de Saba sous Salomon. Dans le Synaxaire Éthiopien, au 20 Na-
hase (13 août), la traduction est attribuée il Abba Salama. Ce dernier est identifié par la
plupart à un des neuf saints du VI e siècle, mais Frumentius est aussi appelé Abba
Salama au IV e siècle, el un autre Abba Salama au XIV e siècle entre également en com-
pte comme candidat d'après d'autres hypothèses que nous loucherons ci-dessous à
propos du Nouveau Testament. De toute manière, plus personne ne considère au-
INTERPRETATION OFTHE BIBLE
jourd'hui la Bible éthiopienne comme entièrement traduite par un seul traducteur,
Les deux notices étaient déjà transcrites et traduites par H. Zotenberg, Catalogue des
manuscrits éthiopiens de la Bibliothèque Nationale (Paris: Imprimerie Nationale,
1877). 127-128, 193. Le premier texte publié l'a été par un prévôt de l'église Saint-
■Georges de Cologne: J. Potken, Alphabetum seu potins Syllabarium litterarum chal-
daearum: Psalterium chaldaeum, Caniica Mosis, liannae, etc., Canticum cantîcorum
Salomonis (Rome: per Mareellum Silber als Frâck, 1513) [Furn. 1242 et Lock. 6308], où
curieusement l'éthiopien figure comme «chaldéen». Au psautier s'ajoutent te Cantique
des Cantiques et une série de prières de l'Ancien Testament, cantique de Moïse, d'An-
ne, prière d'Ézéchias, de Manassé, de Jouas, de Daniel et des trois enfants dans la four-
naise, la prière d'Habaquq, d'Isale, de Myriam, de Zacharie et de Simon. Elle fui suivie
d'une édition qtiadrîlingue du même Psalterium in quattuor Hbris hebraea, graeca,
Chaldaea, latina (Colongne, 1518). Ses informateurs furent des abyssins rencontrés a
Rome. Le texte dénote encore une grande ignorance de la grammaire éthiopienne.
Trois moines de Debra Libanos étaient arrivés à Rome, dont le plus connu est Tasfa
Seyon devenu Fr. Peints Aethyops ou Indianus. On leur doit la première édition du
Nouveau Testament à Rome: Testamcnlum Noimm cum Epistola Failli ad Hebraeos
tantum, cum concordantia Evangelistarum Eussbii et numérations omnium verbo-
rum eorumdem (Rome: Valerius Doricus, 1548) [Fum. 1257]. L'année suivante parais-
sait du même F.pislolac XIII divi Failli, eadem lingua cum versione latina (Rome:
ibid., 1549). Ces deux éditions du Nouveau Testament et des Psaumes furent reprises
dans la polyglotte de B. Wallon en 1657. Entre temps, la continuation du Nouveau Te-
stament s'élabore à Leyde: J. G. Nissel et T. Petraeus, S. facobi Apostoli Aepistolae Ca-
tholicae versia arabica et aelhiopica (Leyde: Ex Officina Joannis et Danielis Elsevier,
1654) |Fum. 1268; Lock. 6296]; idem, S. Judae Apostoli Epistolae Catholicae versio ara-
bica et aelhiopica in latinitatem translata (Leyde: ibid,, 1654) (Fum. 1 270; Lock. 6298];
idem, S. Johannis Apostoli cl Evangelisiae Epistolae Catholicae 1res arabice et aelhio-
pice, omnes ad verbum in latinum versae (Leyde: ibid., 1654) [Fum. 1269; Lock. 6297];
J. G. Nissel, Canticus canticorum Schelomouis Aethiopice: E vetusto codice summa cum
cura eniium d quam muttis mendis ptirgatum ac mine primum latine interpretalum,
cui in gratiam Arabizantiitm apposita est versio arabica (Leyde: Typis Authoris, 1656)
[Fum. 1248; Lock. 6293], où l'on voit émerger l'auiorité d'un manuscrit pour améliorer
l'édition romaine de 151 3- E. Castell, Psalterium aethiopice cum notis (Londres, 1657);
idem, Canticum canticorum aethiopice et latine (Londres, 1657), et idem, Noiitm Te-
stamcnium aethiopice et latine (Londres, 1657), ne fait que reprendre la polyglotte
juste après sa parution. A Leyde, le travail continue aux frais des auteurs avec J. G, Nis-
sel, Liber Ruth Aethiopice e vetusto matuiscripto recens ex Oriente allato erulus et la-
tinilate Jtdeliter donatus (Leyde: Typis et impensis Authoris, 1660) [Fum. 1240; Lock.
455
Mlrhrl FSRKOECti. LES VERSIONS ORIENTALES DE LA BIBLE: UNE ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE
6294|; idem, Prophelia Sophoniae, summa diligentia adfidcm vetustissimi MS: Codicis
fîdelitcrin latinum versa (Leyde: ibid, 1660) [Fum. 1255; Lock. 6295]. T. Petraeus, Pro-
phelia Jonac exAethiopi'co in Latinum ad verbum versa, et notis atque adagiis illustra-
la: Cui adjunguntur quatuor Geneseos capita e vetustissimo Manuscripto Aethiopico
(Leyde: Sumptibus Auctoris et Typis Nisselianis, 1660) [Fum. 1252; Lock. 6304]; idem,
Prophelia Joël Aethiopice interpretatione Latina ad verbum donaia et perbrevi uoeum
Hebraicorum et Arabicorum harmonia illustrata (Leyde: ibid, 1661) [Fum. 1250; Lock.
6303]; idem, Vaticinium Malachiae proplictarum ultimi Aethiopice Latina idiomate
ad verbum donatum (Leyde: ibid, 1661) [Fum. 1256; Lock. 6306]. Francfort sur le
Main prend alors le relais de Leyde avec G. C. Bùrcklin, Quatuor prima capita Gene-
seos Aethiopice et latine in usum studiosorum Aethiopicae linguae édita (Frankfort sur
le Main, 1696) [Fum. 1237; Lock. 6201 1; G. Otho, Pataestra linguarum orientalittm,
hoc est quatuor primorum capitum Geneseos (Francfort sur le Main: Impensis Friderici
Knochii, Typis Martini. (acqueti, 1702), 107-120 [Fum. 1238; Lock. 6299]. Celte édition
reproduit le texte hébreu, samaritain, les Targums d'Onqelos, de Jonathan et de Jéru-
salem, le syriaque, l'arabe l'éthiopien et le perse d'après la polyglotte de B. Wallon,
L'ouvrage csl inclus comme tome 3 dans J. Alting, Eundanwnta punctationis linguae
sanctac, 1 70 1 -1 702 r \ 1 7 1 7 7 , 1735 8 el 1 746?, H. Ludolf, Spécimen psalterii aethiopici se-
cundum veram orthographiant el analogiam grammaticam linguae aethiopicae, cum
versione latina litcrali: Primi quinque psalmi hic ianlum exhibentur (Francfort sur le
Main, 1699) [Lock. 6286] constitue l'amorce d'un premier travail critique continué par
H. Ludolf, Psalterium Davidis Aethiopice et latine, cum duobus impressis et tribus
MSS* codicihus diligenter collatum et emendatum neenon variis Lectionibus et Notis
pliilologicis ithtstratum: Accedunt Aethiopice lantum Hymni et Orationes aliquol
Veteris et Novi Testamenti, item Canticus canticorum cum variis Lectionibus el Notis
(Francfort sur le Main: Prostat apud Johannem David Zunner et Nicolaum Wilhelmum
Helwig. Typis et Sumtib. Autoris impressit Martin Jacquet, 1701) [Fum. 1244; Lock.
6285], Il s'agit de la première édition critique qui corrige l'édition de J, Potken de
1513 à l'aide de trois autres manuscrits. Toujours à Francfort sur le Main, on a encore
B. A Staudacher./onœ Votes aethiopicae cum glossario aetliiopico-harmonico in eun-
dem et LV Geneseos capita priora (Francfort sur le Main, 1706) [Fum. 1253; manque
dans Lock.] et idem, Quatuor prima capita Geneseos Aethiopice et latine (Francfort
sur le Main: Apud Martinum Fulde, 1707) [Lock. 6331; manque dans Fum.].
C. A. Bode, Evangelium secundum Matlhaeum ex versione aethiopici inlerpretis
in bibliis polyglottis Anglicanis editum cum graeco ipsiits fonte slndiose contnlit (Hnhc
Magdeburgicae: Libraria Bavarina, 1749) [Lock. 6194; Fum. 1266]; idem, Testametitum
Novttm D. N./esu Christi ex versioni Aethiopici inlerpretis in Bibliis polygloltis Angli-
canis editttm cum Graeco ipsiusfonte conlulil (Bnmnschweig, 1753; 1755 2 e éd.) (Fum.
INTERPRETATION OF THE BIBLE
1260 ei 1259; Lock. 6196]; idem, Fragmenta Veteris Testamenii ex version! Aetliiopici
interpréta ut et ctlia quaedam aethiopica opttscula (Guelpherbyti: Prostat in officina
libraria Meisneriana, 1755) [Lock. 6195].
G. Marcel, prias Propheta, idiomate ghez (Paris, 1802) a échappé a Fum. et
Lock. La Bible Society reproduit le Psalterium Davidis Aetliiopice (Londres, 1815).
R. Laurence, Esraeprimi libri qui apud Vulgatam appellatur quartus, versio aethiopica
mmeprimum in médium pralata et latine anglkequa reddita (Oxoniae: Typis aca-
clemicis, impensis editoris, 1820). Pour repérer les correspondances avec la Vulgate la-
tine, l'auteur a examiné 167 manuscrits latins, mais il ne décrit pas encore le manuscrit
éthiopien dont il s'est servi. T. P. Platt, Evangelia sancta Aetliiopice: Ad codtatm ma-
nuscriptorum fidem (Londres: printed by R. Watts for (lie British and Foreign Bible
Society, 1826, puis 1830). Le saint évangile de N. S.J.-C (en ghe'ez) (Londres, 1827).
Nous reviendrons plus bas sur la valeur de cette édition.
Avec A. Dillmann, on entre dans la période des éditions critiques élaborées sur
plusieurs manuscrits, et des hypothèses que cette nouvelle abondance de leçons a
chaque fois suscitée. A. Dillmann, Bibiia Veteris Testamenii aethiopica in qtiinque 10-
mos distributa adlibrorum manuscriptontm fidem edidit et appamtu critico instruxit,
tome 1: OctateuchusActhiopicus (Leip/ÀR: Sumptibus Fr. Chr. Guil. Vogelii), fasc. 1: Ge-
nesis, Exodus, Leviticus (1853); fasc. 2: Numeri et Deuteronomium (185-1); fasc. 3:/o-
shtta, Judiccs et RutU (1855); tome 2: liber regum, Paralipomenen, Esdras. Esther
(ibid.: Sumptibus societalis Germanorum orientalis), fasc. 1-2: Libri Regum (1861-
1871); tome 5: Libri apocryphi, Baruch, Epistola Jeremiae, Tobitli, Judith, Ecdesiasti-
cus, Sapientia, Esdrae Apocalypsis, Esdrae graccus (Berolini: Prostat apud A. Asher et
socios, 1894). L'édition de l'Octateuque est basée sur quatre manuscrits, dont le plus
ancien est siglé F et se trouve comme ms. 1 à la bibliothèque de la British and Foreign
Bible Society à Londres. A. Dillmann n'a pas su que ce manuscrit avait été apporté de
Jérusalem à Rome en 1639 par Abba Mahsant Maryam à Santo Stefano Maggiore degli
Abessini à Rome. Son deuxième lémoin H, un volume double de Halle, aujourd'hui Ya
4° 2 et 4" 3 ou n° 247 et 248 du récent catalogue de V. Six, Athiopische Handscliriften,
Teil 3; Handschriften deulscher Bibliotheken, Museen und Priuatsbesitz (Stuttgart:
F. Steiner, 1994), 481-482. Cet exemplaire a été copié en 1732 par J. H. Michaelis, sur
la copie faite par H. Ludolf en 1684 à Paris chez L, Piques, dont l'exemplaire est deve-
nu les mss 1 et 2 de la Bibliothèque Nationale à Paris. L'odyssée de ce manuscrit est
décrite par S. Zanutto, 200-201. Rien d'étonnant qu'il soit parent de F. Son troisième
manuscrit G est une copie exécutée pour Bruce lors d'un voyage en Ethiopie et ac-
tuellement à la Bodléienne n° 1. Son quatrième manuscrit avait été acheté par E. Rûp-
pel! en Abyssinie et est le ms. 1 de la Statdtbibliothek de Francfort sur le Main. A. Dill-
mann constate naturellement une opposition FH par rapport à CG.
,1/Uilnin ESnitOFCK, IJÎS VERSIONS ORIENTALES DE LA BI111.E: UNE ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE
Entre temps avait paru une petite polyglotte du prophète Jonas: W. Wright, 77/e
Book of Jonas in Four Oriental Versions, Namefy Chaldec, Syriac, Aelhiopic and
Arabie (Londres / Leipzig, 1858). Un nouvel effort fut tenté pour l'Octateuque par
J. O. Boyd, 77je Oclateuch in Ethiopie According to the Paris Codex, witli the Variants
ofFive Other Manuscripts (Leyde: E.J. Brill; Princeton: University Library, 1909); part
1: Genesis; idem, part 2: Exodus and Leniticus (ibid., 1911). Les autres livres n'ont pas
paru. Le manuscrit de base Y est le Paris n° 3, que H. Zolenberg avait daté du règne de
Yekiinô Amlâk (1270-1285) sur la foi d'un colophon qu'on estime aujourd'hui reco-
pié. Le manuscrit serait plutôt du XTV-' siècle. Trois des manuscrits sont identiques à
A. Dillmann F, C et G. Le cinquième manuscrit R est arrivé vers 1889 a la bibliothèque
de Haverford (Pennsylvania). Il date du XVI"-' ou XVII e siècle, et coïncide en général
avec Y. La conjontion YR rend ce début d'édition particulièrement intéressant par rap-
port à A. Dillmann. Cependant, aujourd'hui, il faudrait encore tenir compte des an-
ciens octateuques apparus dans les index de l'EMML n° 2098 du XV e siècle, 1929,
1839, 2436, et 4437 du XVII e siècle, 1842 daté de 1662, 510, 1163, 2532 et 4750 du
XVII! 1 -' siècle, ei 2388 daté de 1768, sans parler de ce qui est contenu dans les deux ou
trois mille descriptions en attente. L'édition ge'ez complète de l'Ancien Testament à
Asmara en quatre tomes par F. da Bassano de 1922 à 1926 n'a aucune base critique et
«améliore» parfois le texte à partir de la vulgate. Sur les éditions catholiques, on lira
O. Lôfgren, «Die âthiopische Bibelausgnbe der katholischen Mission», dans Monde
Oriental 73 (1929), 174-180.
Les éditions améliorées pour les autres livres de l'Ancien Testament sont nom-
breuses, mais toutes se heurtent comme celle de J. O, Boyd à l'impossibilité de pour-
voir à un inventaire complet des manuscrits. C. H. Cornill, Dus Buch des Propheten
Ezcchiel (Leipzig, 1886). J. Bachmann, Dodekapropheton Aetliiopiaim oder die zwôlj
kleincn Propheten des àthiopischen Ubersetzung nach handschri/llichen Qnellen her-
atisgegeben (Halle a. d. S.: Max Niemeyer, 1892-1893), tome 1: Das Prophet Obadia,
tome 2: Das Prophet Maïachia; idem, Die Klagclieder Jeremias in der âthiopisclien
Bibelubersetzung, attfGrundhandschriftlichen Qnellen und textkritischen Anmerkun-
gen herausgegeben (Halle a. d. S.; M. Niemeyer, 1893); idem, Das Prophet Isaias nach
der âthiopischen Bibelubersetzung auf Grand handschri/llichen Qnellen herausge-
geben (Berlin / Weimar: E. Felber, 1893). Les manuscrits utilisés ne dépassent pas
quatre à cinq unités, en prolongement visible du projet de A. Dillmann. Les Lamen-
tations de Jérémic sont restituées en grec d'après l'éthiopien, le souci de secourir la
version grecque reste encore la première préoccupation.
F. M. Estéves Pereira, «Le livre de Job», dans Patrologia Orientalis, tome 2 (Paris,
1907), 564-688, énumère d'abord 23 manuscrits des bibliothèques d'Europe et choisit
trois manuscriss anciens pour son apparat: Paris 11, un manuscrit qui avait été acquis
INTERPRETATION OFTHE BIBLE
par le chancellier P. Séguîer (1588-1672); le ms. d'Abbadie 55, du XV C -XV1 L ' siècle, et
le ms, Bodl. V d'Oxford, rapporté d'Ethiopie par l'écossais J, Bnice, qui publia le récit
de ses voyages en 1790. Le texte de Job est fait sur la LXX dans les deux anciens manu-
scrits, tandis que le plus jeune témoin porte des traces de l'arabe dépendant du texte
massorétique. Idem, «Le livre d'Esthers, ibid., tome 9 (Paris, 1913), 1-56, énumère seize
exemplaires et se base finaicmeni sur quatre manuscrits, le ms. 55 d'Abbadie, le ms. 35
du même fonds, écrit sous le règne de îyasu (1687-1706), le British Muséum Add.
14.991 (XVII e siècle) et l'Oriental -189, écrit en 1730-1731, mais scmble-t-il, à partir
d'un exemplaire très ancien. Le texte de base est la LXX, mais avec une certaine in-
fluence d'Hésychius (seconde moitié du IV e siècle) et d'Origène. Idem, «Le troisième
livre de 'Ezra», ibid., tome 13 (Paris, 1919), 644-736, a parcouru neuf manuscrits, et se
base sur deux manuscrits: d'Abbadie 35 et Brit. Mus. 16.188 (XV-XVI' siècle). Le texte
parallèle grec est Esdras et Néhémie. Le texte éthiopien suit la version de la polyglotte
d'AJcnla, qui se base sur le Vat. gr. 330, lequel contient la recension de Lucien. Idem, O
Livra do Profila Amôs e a sua vcrsùo etiôpica (Coîmbre: Imprcnsa da Univcrsidade,
1917). Dans ce dernier ouvrage, l'auteur passe en revue 25 manuscrits de collections
européennes, et base son édition sur le ms. d'Abbadie 55, tout en notant toutes les
variantes du ms. 35 du même fonds, F. M. Estéves Pcrcira n'exclut pas une influence
de l'arabe d'après la version de Saadia Gaon, le fonds du texte étant évidemment
beaucoup plus ancien.
O. Lôfgren, Die cithiopischc Ûberselznng des Prophète» Daniel (Paris: Geuthner,
1927), recense d'abord 34 manuscrits de bibliothèques presque toutes européennes.
Il base son édition sur quatorze d'entre eux qui fournissent deux familles, l'une syro-
-arabc et l'autre hébraïque, tes deux familles relevant évidemment d'un texte commun
beaucoup plus ancien. O. Lôfgren, Jonei, Nalutm, Habakuk, Zepluinia, llaggai une
Maleachi âlhiopisch: Unter Ziignuidelegung des Oxfordcr MS. Huntington 625 nach
mehreren Handschrifkm herausgegeben (Paris: Champion; Uppsala: Almqvist et Wik-
sells; Leipzig: Harrassowitz; Haag: Nijhoff, 1930). Le ms. Huntington 625 se trouvait
après 1539 à Saint-Étienne de Éthiopiens à Rome, venant de Jérusalem. Il servit de
base à ta préparation des éditions de l'Ancien Testament, et passa en 1731 ii la biblio-
thèque de la Propagande où J. G. C. Adler le vit encore en 1782. En 1804, il passa au
Musée Borgia et en 1817 il est en possession de J. Smith qui te vend à R. Laurence,
lequel le donna a la Bodléienne à Oxford. Les autres manuscrits utilisés sont les deux
mss d'Abbadie 55 et 35, base de F. M. Estéves Pereira, celui de Francfort sur le Main
Rûp 11,4, Londres Or. 501, Add. 24991 et Munich 26, O. Lôfgren est très conscient de
ne pas utiliser J. Bachmann et B. A. Staudacher, qui employèrent les mêmes manu-
scrits pour Jonas, Abdias et Malachie. Par contre il note soigneusement les variantes
de quatre autres éditions: celle de F. da Bassano à Asmara, celle de H. Ludolf pour
I ™, ESBROEM. LES VERSIONS ORIENTALES DE LA B 1111* UNE ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE
Habaquq, celle de T. Petraeus pour Jonas et enfin celle de W. Wright pour Jonas.
S. A. B. Mercer, 77ie Ethiopie Text ofthe Book Ecciesiasles (Londres: Luzac, 1931)
est parvenu à obtenir des photos d'un codex du XV e siècle de Dabra Addis Alem en
Ethiopie. II construit son texte sur 27 manuscrits dont cinq encore en Ethiopie. Son ms.
A, n'est autre que le ms. d'Abbadie 55, base des éditions de F. M. Estéves Pereira, qui est
à peine moins ancien. Le Paris éthiopien 8 et le Cambridge Add. 1579 sont du XVI e siè-
cle. Un manuscrit de Dabra Libanos s'avère seulement du XVII e siècle. À l'analyse, il est
remarquable que l'ancienneté correspond aux trois groupes distingués par l'éditeur, le
groupe À réunissant exactement les trois plus anciens témoins, et le groupe B les sui-
vants. S. A. B. Mercer estime que la base est le texte massorétique et les LXX. Vingt ans
plus tard, H. C. Gleave, Vie Ethiopie Version ofthe Song o/Songs (Londres: Taylor's Fo-
reign Press, 1951) utilise vingt manuscrits bibliques et vingt-trois livres liturgiques, car
certaines variantes des livres liturgiques se rapprochent encore davantage du grec, et
tient compte des cinq éditions anciennes de J. Potken, H. Ludolf, B. Walton, F. da Bas-
sano et J. G. Nissel. Le ms. Vatican IV du XIV e siècle, bien que lacunaire, offre le moins
de dérive par rapport au grec, confirmant ainsi l'importance de l'ancienneté des manu-
scrits pour une édition. Dans sa préface, N. C. Gleave répète un mot de I. Guidi à propos
de l'édition de J. O. Boyd pour le Pentateuque: une vraie compréhension de la trans-
mission éthiopienne ne sera pas obtenue avant une édition critique des versions ara-
bes. L'influence de l'hébreu peut se réduire simplement a celle de Symmaque et Aquila.
La première recension a la base de l'éthiopien est sans doute celle des Hexaples.
H. F. Fuchs, Die àtltiopische Ûbersetzimg des Prophète» Micha (Bonn: P. Han-
stein, 1968) signale vingt-deux manuscrits de bibliothèques européennes et en utilise
dix-huit dans son apparat. En font partie tous les manuscrits utilisés par Lôfgren pour
les petits prophètes en 1930, sauf Francfort sur le Main et Munich. Les manuscrits
supplémentaires sont tous du British Muséum, sauf deux mss d'Abbadie 30 et 195.
P. 31, l'auteur tente un stemma où l'on voit une conjonction entre Huntington 625 et
d'Abbadie 195 d'une pan, et d'Abbadie 55 avec Oxford Bruce 74 de l'autre, chacun de
ses groupe commandant une génération de témoins inférieurs. Au sommet se détache
en pointillé *X. soit une «Ur-À.hiope.. Une liste de correspondances par rapport au
texte massorétique, au grec et aux versions arabes et syriaques de la polyglotte de
Londres suit l'édition. Du même, on a H. F. Fuchs, Die âlhiopische Ûbersetzung des
propheten Hosea (Bonn: P. Hanstein, 1 971). Le schéma est tout-a-fait semblable à celui
de l'édition précédente, mais les correspondances des autres versions ont été glissées
en second apparat critique sous le texte. H. F. Fuchs a vu ici vingt-sept manuscrits.
Parmi les nouveaux venus figurent le ms. de Londres Add. 1570, daté de 1588, celui de
Berlin Orient. 4° 986 (XVII e siècle), et le ms. de Vienne éth. 16 (XVII e siècle). Ces deux
derniers manuscrits glosent le texte comme un Targum. Leurs commentaires, qui ne
INTERPRETATION OF THE II IULE
concordent pas entre eux, sont imprimés en fin de volume. On a vu que dès 1975
commence la publication de l'EMML (Ethiopie Microfilm Manuscript Library). On
comprend que l'adjonction de cette documentation procure un temps d'arrêt dans les
édilions d'un style devenu périmé.
Pour le Nouveau Testament, I. Guidi, Le tradttzioni dcgli evangelii in arabo e in
etiopioo (Rome, 1888) avait le premier souligné le paradoxe d'une dépendance du
grec mais d'une influence incontestable de l'arabe, en comparant le Paris Bib. Nat. 32
ancien et le n° 33 plus récent du même fonds. Il se montre sensible à la présence sy-
rienne au temps d'Ellesbaas au début du VI e siècle, et penche pour la traduction
d'Abba Salama de la période des neuf saints. C. Conti-Rossini, «Sulla versione e sulla
revisione délie sacre scritture in etiopico», dans Zeitschrift fur Assyriologie 10 (1895),
236-241, observe l'existence d'un Abba Salama du XIV e siècle, auquel revient expli-
citement la version sur l'arabe. De ht se serait répandu la légende d'une conversion au
temps de Frumentius. L Hacksplll, «Die âthiopische Evangelienùbersetzung», dans
Zcitschrift fur Assyriologie 1 1 (1896), 127-196, compare Mt 1-10 dans une série de ma-
nuscrits, et met en évidence le caractère tout à fait à part du plus ancien ms. Paris BN
32, du XIII e siècle, qui est dénué de tout arabisme, par rapport à une sélection de
manuscrits pourtant du XV e siècle: Paris I3N 35, Brit. Mus. Or. 507, Saint-Pétersbourg
Bib!. Im4 et Vatican Util. 25. Il remarque une série de témoignages extérieurs piaillant
pour une traduction à haute époque. D'après Tabari, Ellesbaas aurait fait le présent
d'un évangéliaire éthiopien à l'Arabie du Sud, ce qu'il n'aurait pas fait s'il n'avait pas
eu lui-même un exemplaire. D'autre part, Jean Chrysostome parle explicitement d'une
version éthiopienne des écritures. La démonstration de Wackspill garde aujourd'hui
toute sa valeur. Il terminait son étude en soulignant que l'édition critique du Nouveau
Testament n'avait pas encore commencé.
Un effort considérable a été fourni pour combler la lacune dans le cas de l'Apo-
calypse: J. Hofmann, Die âthiopische Ubersetzung derJohanncs-Apokalypse (CSCO 282
et 283; Louvain: Peeters, 1967). J. Hofmann utilise vingt-cinq manuscrits des bibliothè-
ques européennes mais à l'exclusion de l'Allemagne. Un coup d'oeil dans le Catalogue
des collections allemandes permet déjà d'en ajouter pas moins de sept: Berlin ocl
1264, quarto 846, 988 et 990, Munich 91 et en microfilm Tanasee 96 et 32. Le recours à
l'EMML donne 84 autres exemplaires. Les témoins de J. Hofmann sont quatre pour le
XV e siècle, quatre pour le XVI e , sept pour le XVII e , dix pour le XVIII e et un pour le XIX e
siècle. L'étude à partir de l'édition a paru séparément J. Hofmann, Die âthiopische Jo-
hannes-Apokalypse: Kiitische Untersuclmng (Louvain: Peeters, 1969) lequel en supplé-
ment collationne un manuscrit supplémentaire de Cambridge. Les conclusions de l'au-
teur réservent à la version de l'Apocalypse le qualificatif d'excellente traduction sur le
grec. Il jauge sa valeur au vu du grec à l'égal de la version sahidique. Mais il déplore
Miel»! ™. ESBnOEOi-, LES VERSIONS ORIENTALES DE LA BIBLE: UNE ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE
influence ultérieure d'un grand nombre déversions plus jeunes.
Ce n'est qu'avec R. Zuurmond, Novum Testamentum Aethiopice-. Tlie Synoptic
Gospels, General Introduction, Édition of tlie Gospel of Mark (Stuttgart: F. Steiner,
1989), qu'une nouvelle dimension critique prend place. D'une part, on y trouve pour
le Nouveau Testament tout ce que nous avons dit précédemment, avec plusieurs sup-
pléments, de l'autre la base de l'enquête manuscrite pour l'édition de Marc est incom-
parablemeni plus vaste. L'auteur a tenu compte de douze éditions et de 256 manu-
scrits, laissant sciemment de côté 190 manuscrits de l'UMML écrits au XIX e et XX e
siècle, et signalant encore une petite-centaine de manuscrits qu'il n'a pu atteindre,
surtout en Ethiopie. Pour les éditions, il rappelle naturellement celle de Tafsa Seyon
en 1548, mais ajoute une enquête approfondie sur l'édition de T. P. Platt en 1826 et
1830. Celle-ci se base sur les manuscrits de la British and Foreign Bible Society éth.
193 (XVII e siècle) et 182 (XVIII e siècle). R. Zuurmond donne l'histoire de l'achat et de
l'origine des manuscrits éthiopiens de ia Bible Society. Matthieu et Marc sont basés
sur le ms. 193, mais pour Luc il utilisa le n° 170 de la même bibliothèque, qu'il com-
pléta sur le ms. 32 de la BN de Paris (tous deux datables entre 1270 et 1399). Bien
qu'éclectique, le travail de T. P. Platt esi d'une valeur excepiionnelle pour son époque.
L'édition de J. Krapf, Hvangelia sacra Domini et Salvatoris nostrijestt Christi: Aethio-
pice et Amharice (Bascl: C. F. Spitted for the Bible Society, 1874) reproduit pratique-
ment T. P. Platt et est réimprimé photographiquement à Londres en 1928. R. Zuurmond
signale encore A. Roncilione, Sanctum Icstt Christi Evangelittm ...et Acta Apostolorum
(Rome: Sacra Congregatio de Propaganda Fide, 1907) qui révisa le texte reçu sur la
Vulgate comme T. P. Platt l'avait fait sur le grec. C'est le texte reproduit par F. da Bas-
sano d'abord comme Haddis Kidân isolément en 1919, et puis comme cinquième
volume de la Bible d'Asmara en 1933 et i960. Wangêl Qeddus, edited under the aus-
pices of Crown Prince Tafari Makwannen (Addis Abeba: Press of Tafari Makwannen,
1924; 2 e éd. 1967) donne un texte éclectique moderne commenté en amliarique: Gos-
pel ofMatthew (Addis Abeba, 1930) imprime le texte amharique en regard de la page
ge'ez. Gospels and Acts (éd. Beiâttën Gêta; Addis Abeba: Royal Press, 1936) donne
aussi l'amharique sur la page opposée. Wangêl Qeddus (Asmara: Catholic Press, 1931-
1932), en quatre fascicules séparés, donne un texte proche de l'édition de 1907. Un
texte éclectique est encore donné par Wangêl Qeddus Complète New Testament (As-
mara: Kokaba Sebâh, 1961). Par contre Wangêl Qeddus (ibid., 1973) se base sur des
manuscrits de onze bibliothèques de couvent. Ceux de Gunda Gunde ne sont pas ré-
parables parmi les trente six manuscrits décrits par A. Mordini «Il convento da Gunde
Gundie», dans Rassegna di studietiopici 12 (1953), 48-55. Enfin, R. Zuurmond n'a pas
encore enregistré Haddis Kidân, édité par l'Abrita Takla Haymânôt (Addis Abeba:
Presse du Patriarcat orthodoxe, 1975) qui donne le Nouveau Testament complet en
INTERPRETATION OFTHF. RIP.LE
463
Slu>,,l m tSBROECK. LES VERSION5 ORIENTALES DE U ISIBLE: UNI; ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE
deux colonnes, en ge'ez et en amharique. Du côté de la vaste enquête sur les manu-
scrits, R. Zuurmond établit au préalable une liste de variantes qui caractérisent des fa-
milles de manuscrits et permet ainsi une sélection représentative pour l'édition cri-
tique. Il s'agit de vingt-trois manuscrits distribués comme têtes de file de huit familles.
Il est intéressant de lui confronter la liste des vingt-six plus anciens manuscrits publiée
par B. M. Metzger en 1977 (224). Le dixième manuscrit (Picrpont/Morgan 828) est le
premier codex du XV e siècle dans la liste de B. M. Metzger: chez R. Zuurmond, il est en
treizième position. Des deux côtés, les trois plus anciens manuscrits viennent du
couvent d'Aba Garima, un des neuf saints, d'après les photos réalisées par Davies.
S. Wright avait d'abord daté le ms. 1 d'Aba Garima du IX e siècle. R. Zuurmond hésite à
remonter si haut. U faut cependant noter que l'argument principal provient de l'his-
toire de l'art. Dans un article qui fit sensation,]. Leroy, «L'évangéliaire éthiopien d'Aba
Garima», dans Cahiers archéologiques 11 (i960), 131-143, l'historien de l'art donne les
photos des canons d'Eusèbe. L'ornementation présente une parenté saisissante avec
l'évangéliaire arménien de la reine Mlké, lequel date de 868 au moins. Il faut postuler
sinon une dépendance directe, au moins une origine commune très archaïque. Les ar-
chaïsmes orthographiques du texte sont également nombreux. Le matériel de compa-
raison pour une datation fait défaut. Il ne faudrait cependant en rien exclure le X e
siècle. De même pour Aba Garima 2,J. Leroy, •Un nouvel évangéliaire illustré du mo-
nastère d'Aba Garima», dans A. Grabar et un groupe de disciples, Synthronon (Paris,
1968), 75-87, confirme l'archaïsme de l'iconographie éthiopienne. C'est encore du
côté de l'histoire de l'an que provient une autre démonstration indirecte de l'ancien-
neté de la tradition éthiopienne: Y.. Balicka-Witakowska, La Crucifixion sans Crucifié
dans Vart éthiopien (Varsovie: Zas Pan, 1997) étudie l'ornementation de la Croix dans
quatorze tétraévangiles éthiopiens, dont un seul du XV e siècle, tous les autres lui étant
antérieurs et les trois manuscrits d'Aba Garima ne figurant pas dans le thème choisi.
La représentation du sacrifice céleste par l'agneau ou la colombe à la place du crucifié
a sûrement un rapport avec le canon 82 du Quinisexte en 691, lequel est l'aboutis-
sement d'une longue controverse touchant autant le patripassianisme aniiochéen de
Pierre (t488) le Foulon que l'aphtharodocéiisme ultérieur de Julien d'Haï icarnasse au
début du VI e siècle. La bibliographie du volume de E. Balicka-Witakowska démontre
que l'histoirien de l'art court plus vite que la patiente collation des textologues. En
plus des manuscrits de R. Zuurmond, on trouve ici un tétraévangile du monastère de
Gabra Ma'ar, Garalta, Tigré du XIV e siècle décrit par M. E. Heldman, -An Early Fronti-
spiece in Elhiopia», clans Konsthistorisk Tichkrift 48 (1979), 107-121. Le manuscrit
d'Addis Abeba, Institute of Ethiopian Studies n" 2475 ne contient plus que deux feui-
lets enluminés. Un tétraévangile de Dabra Maryam Qohayyen, Erythrée, est daté de
1369. Celui du monastère de Daqqi Dàssem (Erythrée), est daté du XIV e siècle par
C. Lepage «Dieu et les quatre animaux célestes dans l'ancienne peinture éthiopienne»,
dans Documents pour servir à l'histoire de la civilisation éthiopienne! (1976), 67-1 12.
Le tétraévangile de l'église Maryam Magdalawit, Amba Dâra, nord-est d'Alsbi du XIV 1 '
siècle est sans doute de 1369, celui de l'église 'Arsima Sàa'tat, dans l'île Daq au Lac
Tana, celui de l'église Kidanâ Mehrât au monastère de Dabra Tensa'e, celui de l'église
de Gâhgâh Giyorgis près de Gonder et enfin celui d'une collection privée à Londres,
un seul dépassant la date de 1400. Ajoutons que les miniatures du ms, Pierpont-Mor-
gan 828 sont datables du X e -XF siècle, même si le manuscrit figure comme le premier
codex après 1400. Pour le texte du Nouveau Testament, on a donc à ce jour avant
1400 pas moins de dix-neuf tétraévangiles, soit le double du chiffre enregistré par
B. Metzger en 1977. On observera que R. Zuurmond a laissé les numéros de classe-
ment des manuscrits ouverts (10 ..., 100 ..., 200, etc. pour chaque siècle), tant il était
conscient du caractère malgré tout encore inachevé de son immense travail. Du reste,
plusieurs des manuscrits ici cités sont mentionnés par lui 251-254, parmi les manu-
scrits inaccessibles.
On remarquera enfin que R. Zuurmond consacre les 143-154 aux manuscrits
liturgiques, rituels et lectionnaires. E. Fritsch, «Les lectionnaires éthiopiens», dans
J.-P. Bouhot, Im lecture liturgique des fipttres Catholiques dans l'Église ancienne (Pra-
hins: Éditions du Zèbre, 1996), 196-219, donne une première vue sur la transmission
manuscrite et imprimée avec trente et un manuscrits dont le plus ancien du XIV
siècle est EMML 2883- Un travail minutieux d'analyse des épitres catholiques dans le
manuscrit de Paris 42 (du XV e siècle) par U. Zanetti figure en annexe à l'article de
E. Fritsch, 220-237.
Ici comme ailleurs, bien des hypothèses initiales, dues à la comparaison minu-
tieuse d'un témoin avec l'ensemble grec ou syriaque, se sont avérées fragiles dès que
le panorama s'élargit aux dimensions de la tradition entière.
a) La Bible en amharique
Dans plusieurs des éditions du Nouveau Testament, on a vu que figurait une tra-
duction amharique, notamment déjà dans l'édition de Bâle de 1874. L'histoire de celte
traduction est racontée en détails par E. Ullendorf, Elhiopia and the Bible, 62-72. Le
consul de France A. de Cherville, au début du XIX e siècle, fil au Caire la connaissance de
Abu Ruhh Habessinus, un éthiopien de Gondar, qui aurait été l'informateur de J. Bruce.
Il lui fil traduire la Bible entière sur l'Arabe et vendit cette traduction à W. Jowett, re-
présentant la Bible Society, en 1820 pour la coquette somme de 1250 livres sterling. Le
manuscrit qui comprenait 9539 pages fui immédiatement pris en mains par T. P. Platl
qui publia les évangiles en 1824, le Nouveau Testament en 1829 et la Bible entière en
1840. T. P. Plaît, Biblia sacra amharice sut auspiciis D, Asseiini (Londres: British and
INTERPRETATION OFTHE BIBLE
m
illth.1 «n FStmOECK, LES VERSIONS ORIENTALES DE LA BIBLE: UNE ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE
Foreign Bible Society. 1840). Une réimpression en fui faite par L. Krapf a Bâ!e en trois
volumes de 1871 à 1873. Abu Ruhr, ou Abu Rumi (à l'origine sans doute Abraham)
nacqui. vers 1750, et quitta son Gondar natal a l'âge de 28 ans. .1 demeura en Inde
longtemps, revint en Ethiopie pour un court séjour, puis au Caire où il fut atte.nt d'une
maladie désespérée et découvert par D. Asselin qui obtint de lui la traduction de la
Bible Ce n'est qu'en i960 que Haile Sélassié fit faire une nouvelle traduction amha-
rique en regard du ge'ez. Au témoignage d'E. Ullendorf, le texte d'Abu Ruhh reste très
sensible dans la nouvelle traduction, simplement modernisée. Le gros ouvrage de
F Praetorius, Die Amharische Sprache (Halle, Verlag der Buchhandlung des Waisen-
hauses 1879) est basé uniquement sur Abu Ruhh et par conséquent dépassé sur cer-
tains points. Les deux langues au nord de la zone amharique, à savoir le Tignna et le
Tigré, qui sont plus proches du ge'ez, n'ont servi à traduire la Bible que plus tard.
b) La Bible en Tigrifia
l 'Évangile de Jean fut traduit en Tigrifia par S. Gobât dans les années 1830. Le
manuscrit de 134 pages fut donné par E. Rûppell a la bibliothèque de Francfort sur le
Main Vers la même époque, il y eut deux traductions des quatre évangiles par Dab-
flra Ma.ewos d'Adwa. Toutes deux furent utilisées par F. Praetorius. Gmmmatik der
TîgriAasprache in Abessinien (Halle: Verlag der Buchhandlung des Waisenhauses,
1871). La première fut acquise par E. Rôdiger et la seconde fut révisée par C. W. Isen-
berg Cette version servit de base a j. L. Krapf. Evangclia sacra... in linguam ngneam
venu Debtera Matheos Habessinus Adoae, Tfcrfeffl oppido natus (Mie in offiena
typographe Chrischonae, 1866). Les deux traductions sont faites sur le texte ge'ez de
T. P Platt La première traduction a souvent repris telles quelles des phrases en ge'ez,
tandis que la seconde reflète le parler d'Adoa. Auparavant, N. Pearce, qui vécut en
Ethiopie de 1805 à 1819 écrivit un évangile de Marc en alphabet latin et en phoné-
tique anglaise à la demande de W. Jowett. E. Ullendorf donne un spécimen de cet
étrange essai sans avenir. Le Nouveau Testament en entier parut en 1909 par les soins
du suédois C. Winquisi, et la Bible entière par P. Silla a Asmara en 1956, dont l'édition
de Londres est une reproduction anastatique.
c) La Bible en Tigré
La première version en Tigré est due à Tâwèldâ Mâdhen et Dawlt Emmanuel a
l'initiative de C. Winquist Evangelium enlist Markis pè Tgre-Sprèkat (Monkullo: Mis-
sionspress, 1889). Sous la direction de K. G. Roden, les mêmes traduisirent le Nouveau
Testament entier en 1902 sous les presses de la mission suédoise à Asmara. Une deux-
ième édition vit le jour en 1931. Kn 1925 G. R. Sundstrôm fit paraître les Psaumes et
Isaie en Tigré. La Bible complète n'est parue qu'en 1988.
5. Les versions géorgiennes de la Bible
La langue géorgienne est la seule du groupe sud-ouest des langues caucasien-
nes qui fut écrite avec un alphabet propre dès le V e siècle. L'écriture est passée par les
stades parallèles au grec, d'abord onciale (asomtavruli), puis minuscule (hutsuri 'sa-
cerdotal') au X e siècle, enfin écriture civile {mlwdndi 'militaire') encore utilisée au-
jourd'hui. Ln langue est toujours restée vivante, mais a fort évolué. Le nombre de
locuteurs a toujours été beaucoup plus restreint que pour l'arménien, le syriaque ou
l'éthiopien. Contrairement à l'arménien, un indicateur des catalogues et des fonds n'a
pas vu le jour, Comme les Géorgiens n'ont jamais eu une diaspora vers l'ouest com-
parable il celles des autres églises, le nombre de publications accessibles uniquement
en géorgien est proportionnellement plus élevé. Nous indiquons entre crochets la
traduction des nombreux titres parus seulement en géorgien.
À défaut d'un répertoire des catalogues, il faut signaler en premier lieu J. Simon,
■Répertoire des bibliothèques publiques et privées d'Europe contenant des manu-
scrits géorgiens», dans Orientalia 3 (1934), 98-108. Ensuite G. Garitte, «Les récents ca-
talogues des manuscrits géorgiens de Tiflis», dans Musêon 74 (1961), 387-402. Cet
article passe en revue les catalogues pour les fonds de Jérusalem, de l'Athos, du Sinaî,
de l'Institut des Manuscrits à Tbilissi, et du Musée de Kutaisi. Le fonds le plus riche est
constitué par les collections A, H, S et Q rassemblées à l'Institut des manuscrits à
Tbilissi. À cette date, onze volumes du nouveau catalogue étaient parus depuis 1946,
soit 3265 manuscrits pour le fonds II, 1804 du fonds A, dont cependant les 1040 pre-
miers manuscrits avaient été décrits très sommairement au début du siècle par T. Zor-
dania et DïanaSla, 1000 manuscrits du fonds Q et 500 du fonds S. Dans son rapport,
G. Garitte donne une traduction des descriptions des manuscrils les plus anciens dans
ces catalogues. A l'occasion du 25 e anniversaire de l'Institut des Manuscrits, N. Tar-
gmanadze, «K. S. K'ek'elidzis sah. helnac'cna insl'it'iu'is niritadi Sromebi» [- Travaux
fondamentaux de l'Institut K. S. Kekelidze], dans Mravalfavi 14 (1987), 18-36, com-
plète les titres de la série des catalogues, soit cinq volumes supplémentaires pour le
fonds A, dont la partie ancienne 1 à 1040 est décrite cette fois de manière complète,
six pour le fonds S, plus un catalogue complémentaire du fonds d'Iviron, et trois du
Sinaî. Il y a donc a ce jour 26 volumes de descriptions des manuscrits géorgiens par
l'Institut des Manuscrits de Tbilissi. Il existe bien sûr d'autres lieux où sont conservés
quelques manuscrits géorgiens, à Paris, Londres, Oxford, Saint-Pétersbourg, Moscou
et aux États-Unis. Des bibliothèques locales ont survécu en Géorgie même à Mest'ia
en Svanétie et en quelques autres endroits. Pour l'Allemagne, une description exhaus-
tive des quinze manuscrits a été donnée par J, AKfalg, Genrgische Handschriften
(Wiesbaden: F. Steiner, 1963).
interprétation orniE bible
La littérature géorgienne jouit en outre d'une bibliographie générale excellente
due à G. K'ik'nadze, Karttdi <figni: Bibliograpia, tome 1: 1629-1920 [- Le livre géor-
gien: Bibliographie! (Tbilissi, 1941) et G. Mikaae, 3veli Kartidi mtertobls bibliograpia,
tome 2: 1921-1965 [- Bibliographie de la littérature ancienne géorgienne] (Tbilissi,
1968),
Pour la Bible, on consultera aussi K. S. Kekelidze, Kartuli liferat'uris Isforia [-
Histoire de la littérature géorgienne], tome 1 (Tbilissi, i960), 411-428, le chapitre «Bi-
bliologie», et M. Tarchnischvili, GeschiclUe der kirchlichen georgischen Literatur (Va-
tican, 1955), 313-328, qui retravaille et documente davantage le panorama de K. S. Ke-
kelidze.
Les premières éditions de la Bible ont paru à Tiflis même, sans indiquer leurs
sources. Sahareba \- Évangile] (Tiflis, 1709) avec une préface de N. Orbeliani. La
même année, on a un Davittii \ - Psautier], réimprimé en 171 1 , 1712 et 1716. Toujours
en 1709 est paru le Samocikulo |- Apostolos],
Le manuscrit biblique complet sur lequel se base la première édition est le ms.
A-51, des XVH e -XVlll c siècles. Il compte 668 feuillets et appartenait a l'église de Mtsk-
heta. On l'appelle volontiers la Bible de Mtskheta. Son texte, qui n'indique pas ses
sources, était déjà utilisé pour Biblia c'inac'armet'qttélta da sahareba [- Bible des pro-
phètes et évangile] (Tbilissi, 1722), dont il ne reste plus rien que quelques-unes de ses
pages reliées dans le codex A-51. La première édition complète, appelée Bible de Ba-
kar, Biblia ac" ahaii dabeâ'duli kartuls enasa zeda [- Bible nouvellement imprimée en
langue géorgienne] (Moscou: E. Helase, 1743), 995 pages, est publiée en alphabet sa-
cerdotal avec une postface du prince Vakhoushti Bagrationi. C'est encore le même
manuscrit qui sert de base à l'édition en deux tomes: Dabadeba [- Genèse] (Tbilissi,
1884), cette fois en écriture civile ou militaire. Enfin le même manuscrit est édité pres-
que au complet en cinq tomes par E. Docanasvili, Mcheturi helnac'eri [- Le manuscrit
de Mtskheta], tome 1: Pemateuque, Josué, Juges et Ruth (Tbilissi: Mecniereba, 1981);
tome 2: 1-4 Rois, 1-2 Chroniques et 1-3 Esdras (ibid., 1982); tome 3: Tobic, Judith, Es-
ther, Job, Psaumes et Proverbes (ibid., 1983); tome 4: Sirac, Sagesse, Cantiques, Ecclé-
siaste et trois grands prophètes (ibid., 1985); tome 5: Daniel, douze petits prophètes et
Nouveau Testament: Matthieu, Marc et Luc (ibid., 1986).
Entre 1743 et 1884, il y eut bien sur de nombreuses éditions partielles encore
en écriture sacerdotale Ùwtiv sulieri c'igm psalmunta [- Livre divin et spirituel des
Psaumes] (Moscou, 1764); Davit Ciuasc'annet'qttélisa da mepisa gahba [- Louange
du prophète et roi David] (Tbilissi, 1790); Sagmrto da samgwdelo sahareba [- Évan-
gile divin et sacré] (Tbilissi, 1786); Ùwtiv sulieri c'igm ahitsa agtkmisa [- Livre divin et
spirituel du Nouveau Testament] (Moscou: Société biblique, 1816); Cigrii ahlisa
agtkmisa (Saint-Pétersbourg, 1818); Dauitni (Moscou, 1855); Sagmrto sahareba (Tbi-
miM .«» BSBXOEOC, LES VERSIONS ORIENTALES DE LA BIDLE: UNE ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE
lissi, 1870). Des éditions en écriture plus accessible au grand public apparaissent
également et débordent l'édiLion de 1884: Davitni (Moscou: Société biblique russe,
1824); Uplisa âuenisa leso Kristesa c'mida sahareba j- Évangile de Notre Seigneur
Jésus Christ] (Tbilissi: Société pour la croissance du christianisme dans le Caucase.
1864), qui est une bilingue géorgien-russe; Psalmuni Davitisi (Tbilissi, 1879); 3veli
aglkma [- Ancien Testament] (Tbilissi, 1898) donne le Penlateuque, ainsi que 3veli
aglkma huti c'igm Mosesi [- Ancien Testament: Les cinq livres de Moïse] (Tbilissi: Bri-
ffifi and Foreign Bible Society, 1900), De même Aljali aglkma uplisa âuenisa leso Kris-
tesa [" Nouveau Testament de notre Seigneur Jésus Christ] (idem; ibid., 1900) en qua-
tre fascicules séparés pour chaque évangile.
Au tournant du siècle, on commence a prendre conscience que les manuscrits
souvent d'accès difficile sont beaucoup plus anciens que la Bible de Mtskhetha. V. Bc-
neSevic, Saharebay othtavi: Quattuor evangeliorum versio georgiana velus: E dttobus
codicibus (aa. P. Chr. N. 913 et 995) (Saint-Pétersbourg, 1909) évangiles selon S. Mat-
thieu et S. Marc d'après les tétraévangiles d'Opiza et de Tbet' se trouvant le premier a
la laure d'iviron ou des Ibères au Mont Athos sous la cote 83 et le second à la bibl.
Snltykov-Sccdrin, ms. géorg. nouvelle série 212. Le manuscrit d'Adis conservé au
Musée ethnographique de Mest'ia en Svanéthie a été édité en fac-similé par A. S. Kha-
khanov et E. S. TakaiSvili, «Aflbnucicoe Ennurejnte», dans Mmvpivm no npxeoMorin
KniiK.vm, nojri, pcnnmwiï rpnrpiuui ÏI. C. Vimponoït, fasc 14 (Moscou, 1916). Il est
daté de 897. Un nouveau départ est occasionné en 1922 par la découverte sensation-
nelle de fragments onciaux possédant une particularité orthographique qui s'avéra un
archaïsme du V e siècle: un han ou un han marque dans le verbe le sujet de la deux-
ième personne, l'objet indirect de la troisième et le comparatif, d'où leur nom
Wnmefi ou hanmefi. I. DcavahisVili, «Ahlad agmocenili u:ivelesi kartuli helnac'erebi
da niati mnisvneloba meenierebisntvis» [- Les plus anciens manuscrits géorgiens nou-
vellement découverts et leur importance scientifique], dans Bulletin de l'Université de
Tiflis 2 (1922-1923), 371-384, et A. Sanidze, «Hacmet'i t'ekst'ebi da mati mnisvneloba
kartuli enis ist'oriisatvis» [- Les textes haemcti et leur importance pour l'histoire de la
langue géorgienne], dans Bulletin de l'Université Tiflis 3 (1923), 354-388, ont édité les
premiers fragments. Ceux-ci ont été repris par J. Molitor, Momtmenta iberica Anti-
quiora (CSCO 166; Louvain: L Durbecq, 1956). Ils ont depuis lors été augmentés et
édités de manière exemplaire par L Kadzaia, Ijanmct'i t'ekst'ebi [- Textes Khanmeti]
(Tbilissi: Mecniereba, 1984). Les fragments palimpsestes du ms. A-89 livrent dans un
codex des V e -VF siècles Matthieu 5,18-22.27-48; 6,1-25; 7,4-29; 8,1-12; 10,3 -39; 11,3-
14.25-30; 12,1.14-28.49-50; 13,1-14.50-58; 14,1-10.22-35; 15,7-14.28-32; 16,6-18.23-
28; 17,1-18; 18,2-23; 19,10-30; 20,1-4.22-26; 21,14-19.35-46; 22,1-2.22-29.37-46; 23,1-
7.29-34; 24,6-13.29-34.43-49; 25,20-25; 27,30-35.53-64; 28,4-20; Marc 1,10-16; 2,11-
INTERPRETATION OFTHE 1HBLE
18.28; 3,1-5; 4,24-31; 5,9-15; 9,43-50; 10,14-19.33-44; 11,3-10.28-33; 12,1-7.17-36.39-
44; 13,1-6; 14,10-16.27-33.55-62.72; dans le manuscrit A-844 se trouve la suite 15,1-
6.28-33; 16,3-8; Luc 1,1-5.22-38.79-80; 2,1-5.18-24.44-51; 3,21-38; 4,1-3.40-44; 5,1-12;
6,lO-11.13-l6.19-20.24-25.27-28.31-32.34;8 t l4-18.37-42.54-56; 9,1-4.19-20.22-23.48-
54; 10,34-42; 11,1-2.9-21.38-44.49-54; 12,1-5.24-36.47-59; 13,1-21.33-36; 14,1.9-19; |
15,22-32; 16,1-2.13-22; 17,2-7; 18,16-30; 19,3-15.37-48; 20,1,8-14.39-47; 21,1-21; 22,
10-16.56-62; 23,18-25; 24,7-13; Jean 1,31-39; 2,22-25; 3,1-2.8-16; 4,43-48; 5,2-3.6-7;
6,14-21.32-39.64-71; 7,22-28; 8,48-53; 13,34-38; 14,1; 15,15-19; 16,7-30; 17,5-1 1; 19,
11-15; 21,7-17. Ce témoin exceptionnel confirme l'antiquité du texte du manuscrit
d'AdiS. Les inscriptions de Bolnisi, de Mtskheta et d'Ukangori, toutes des V-VF siè-
cles, confirment que la langue «Khanmeti» n'esi pas une forme purement locale.
Le ms. A-999 donne d'autres palimpsestes, qui n'ont pas gardé la même unité,
où sont préservés Gen 9,1 1-19; 18,2-3; Prov 9,1-4. Enfin, R. P. Blake, «Khanmeti Palim-
psest of the Old Georgian Version of Jeremiah», dans Harvard Tlwological Review 25
(1922), 218-260, retrouve plusieurs passages palimpsestes de Jérémic dans deux
manuscrits hébreux de Cambridge et Oxford, provenant des chapitres 12, 17 et 20. Il
s'agit de fragments haemeii du VU e siècle.
Cette découverte a encouragé la recherche des manuscrits plus anciens. R. P.
Blake, «The Old Version of the Gospel of Mark from the Adysh Gospels with the
Variants of the Opiza and Tbet' Gospels with a Latin Translation», dans Patrologia Ori-
enlaiis, tome 20 (Paris: Firmin/Didot, 1928),435-574; idem, «The Old Translation of the
Gospel ofMatlhew .. .>, Patrologia Orientale, tome 24 (1933), 1-168, pouvait s'appuyer
sur A, S. Khakhanov et V, Benesevié pour les trois manuscrits. R. P. Blake et M. Brière,
■The Old . .. ofjohn ...», Patrologia Orienialis, tome 26 (1950), 451-599, est achevé avec
M. Brière, «La version géorgienne ancienne de Luc d'après l'évangile d'Adich avec les
variantes des évangiles cl'Opiza et de Tbet'', dans Patrologia Oricntalis, tome 27, 3
(1955), 277-477. R. P. Blake avait entretemps vu lui-même les deux codices de Tbet' et
d'Opiza et les décrit dans la préface de 1950, non sans signaler l'édition parue entre-
temps à Tbilisi: A. Sanidze, Kartuli othlavis ori aueli redakcia sami Sat'berdtdi hclna-
c'eris mihedvit [= Deux anciennes versions du tétraévangile géorgien d'après trois ma-
nuscrits de Shatberd] (Tbilissi: Mecniereba, 1945). Cette édition juxtapose en deux co-
lonnes le ms. d'Adis [C] et les manuscrits de Dzruè' [DÎ,Tbi!issi H-1660, daté de 936 et
de P'arhali [E], daté de 973, Tbilissi A-1453. Le choix des sigles montre que A. Sanîdze a
cette époque considérait encore, comme l'observe Blake dans sa préface, le texte
d'Adis comme aberrant. Implicitement les lettres (Al et [B] reviennent aux codices
d'Opiza et de Tbet'. S. Lyonnet, «Les origines de la version arménienne et le Diates-
saron*, dans Biblica et Oricntalia, tome 13 (Rome, 1950), montrait alors que le texte
d'Adis" possédait des leçons plus rares dépendant de l'arménienne ancienne perdue et
T
fJMri , ,.,, KSIIHOECK, LES VERSIONS ORIENTALES DE I A BIBLE UNE ORIENTATION BttlLIOGRAPKtQUE
remontant a travers elle à la Vêtus Syriaca. L'enjeu du texte d'AdiS est donc considé-
rable. En fait le palimpseste si ancien concorde souvent avec Adis. Mais un autre codex,
ms. A-509 ou tétraévangile de Ksani du X e siècle, présente aussi beaucoup de leçons
d'Adis. Bien qu'incomplet, il a été publié par I.Imnaisvili, Kartuli enis ist'oriul kresfo-
matia (- Chrestomathie historique de la langue géorgienne], tome I (Tbilissi: Mec-
niereba, 1949), 60-83, 106-124 pour Luc; idem, «Ksnis othtavis lavisevurebani Mark'ozis
tavis magalitze» [- Particularités du tétraévangile de Ksani d'après l'exemple de l'évan-
gile de Marc], dans Travaux de l'Institut pédagogique d'État Pouchkine de Tbilissi 6
(1949), 211-240; idem, «Ksnis otrjtavis tavisevurebani Mates da Iovanis tavebis maga-
Iit2e» j- Particularités du tétraévangile de Ksani d'après l'exemple des évangiles de Mat-
thieu et de Jean ], dans Travaux de l'Institut pédagogique d'État Pouchkine de Ttrilissi 8
(1950), 299-344. Du même codex fut encore trouvé une partie à Saint-Pétersbourg sous
la cote nouvelle série géorgien 8-9: C. C'ank'ievi, «Ksnis otljtavis leningraduli pragmen-
t'ebi» [- Les fragments de Leningrad du tétraévangile de Ksani], dans Bulletin del'Insti-
tutdesManuscrits<i{\%Z\ 168-223.
Les études géorgiennes qui accompagnent ces éditions définissent les manu-
scrits parallèles différents d'Adis comme «Protovulgate», et reconnaissent partout une
dépendance foncière du grec. B. Outtier, «Essai de répertoire des manuscrits des
vieilles versions géorgiennes du nouveau Testament», dans Langues orientales ancien-
nes: Philologie et linguistique, tome 1 (Paris, 1988), 173-179, a dressé la liste des exem-
plaires du premier millénaire qu'i! a pu repérer sous 89 entrées. Ces manuscrits
constituent provisionnellement tous des témoins de la protovulgate. Nous continuons
donc d'après ses données la liste chronologique des témoins anciens du tétraévangile,
qui forment la suite des sept manuscrits évoqués ci-dessus d'après les éditions. En
onciales du X e siècle, on a le tétraévangile de Berta écrit avant 988, au Musée du New-
ton Theological Seminary à Andover (Massachusetts), décrit par R. P. Blake et S. Der-
-Nersessian, «The Gospels of Bert'hay: an Old-Georgian MS. of the Tenth century»,
dans Byzantion 16 (1944), 226-285, celui de C'qarostavi, ms. Tbilissi A-98, celui du
Sinaî, mss n os 30 et 38, écrit en 979, celui des Archives Centrales de Tbilissi dit «Anban-
didi» n° 107, celui de Sévi dans les Archives Centrales de Kutais ainsi que le Vaticanus
1 signalés par M. Tarchnischvili, Gcschichte der kirchlichen georgischen UtcraturQJaû-
can, 1955), 317, celui de Tviberi au musée de Mest'ia n° 41 et le manuscrit incomplet
S-405 de Tbilissi. Sont écrits partiellement en onciales et en minuscules les tétraévan-
giles de Mart'vili S-391 et A-1699 incomplet. Entièrement en minuscule le ms. Sinai
géorgien 15, daté de 978 et le deuxième codex de P'arhali S-4927. À ces dix-sept co-
dices, il faut joindre quatre manuscrits onciaux dont le plus copieux ne possède plus
. que vingt trois feuillets, les mss A-359, H-3098a et H-3098b, et le ms. A-367, ainsi que
les feuillets isolés: deux tétraévangiles onciaux palimpsestes dans le ms. H-I871, et un
in TfciiPRrrA-noN or tue bible
•; ■■
MhM m„ KmilOFŒ, LES VF-SSIONS ORIENTALES ni! LA BIIILE: UNI; ORIENTATION Ml IlUOORAPHtQUF.
feuillet de garde du ms. arménien Matenadaran 6150, soil vingt-sLx manuscrits. On ne
sait s'il faut y adjoindre les quinze fragments isolés, qui pourraient être des leclion-
naircs, et qu'on trouve sous les cotes H-1887, H-1236, H-1990f, A-1090a, Q-213,
Q-211 1, Q-486, Q-486b, et les feuilles de garde des mss Vat. Borgia arm. 73, Yerevan
Matenadaran 3716, 2660, 5633, et Jérusalem Saint-Jacques a" 1614, 1653 et 2412, ce
qui ferait quarante-deux tétraévangiles avant l'an mil.
Le lectionnaire géorgien a une importance particulière due au fait que son
cadre liturgique remonte à une période très ancienne de la liturgie de Jérusalem. Bien
qu'il déborde largement le tétraévangile dont nous avons traité jusqu'ici, nous don-
nons dès maintenant le diagramme de sa transmission, car celle-ci est a peine moins
riche que celle des quatre évangiles, et pour les plus anciens témoins le texte du le-
ctionnaire qui prend sa source dans la tradition de Jérusalem oscille lui aussi entre la
proto-vulgate et le texte d'Adis. Qui plus est, il s'est entièrement dissout clés le 30 e
siècle, avec la byzantintsation générale de l'ancienne tradition liturgique géorgienne,
alors que la tradition du tétraévangile, du praxapostolos, de l'apocalypse el de la Bible
continue, comme on l'illustrera ensuite. L'édition des rubriques du lectionnaire a été
donnée d'abord par K. S. Kekelidze, Mepycnmi.wKiiii Kaimiiapi, VU ntiisa (Tiflis:
S. M. Losaberidze, 1912), et ensuite sur quatre manuscrits avec quelques lectures com-
plètes par M. Tarchnischvili, Le grand Lectionnaire de Jérusalem (V-V1II* siècle),
tome 1 (CSCO 188; Louvain: Peeters, 1959); tome 2 (CSCO 204; Louvain: Peeters,
i960). Le manuscrit de base de M. Tarchnischvili est le i'aris géo. 3 (X e -XI c siècle), le
moins représentatif pour la période ancienne mais le plus complet. Les manuscrits qui
transmettent le lectionnaire sont énumérés dans les 89 entrées de la liste de B. Outtier,
n° 62 à 79 et 89- Il s'y ajoute les n° 90 et 92 signalés par B. Outtier, «Les leclionnaires
géorgiens», dans C. Amphoux et J. Bouhot, La lecture liturgique ... (Lausanne, 1996),
75-85, le n" 91 étant probablement le ms. Q-208b, édité par B. Outtier, «Nouveaux
fragments onciaux du lectionnaire géorgien ancien», dans Langues orientales ancien-
nes: Philologie et linguistique 4 (1993), 31-34, et qui comporte un extrait de Ex 1 et un
de Ruth 1, les lectionnaires couvrant la Bible entière au gré de l'année liturgique.
Dans l'ordre chronologique, on a au début du VIF siècle le fragment de ms.
géorg. 1 de Graz, 27 feuillets édités photographiquement par A. Sanidze, Hanmefi
Lekcionari (Tbilissi, 1944), et dont B. Outtier, .Un feuillet du lectionnaire géorgien
hanmeti a Paris», dans Muséon 85 (1972), 399^.02, a retrouvé le premier feuillet à
Paris ms. Géorg. 30, fol. 1. Ensuite dans le ms. H-999, trois feuillets palimpsestes, texte
haemeti du VII e siècle, édités par I. Dzavakhisvili, cité ci-dessus, en 1922-1923- Au
VIII e siècle, les feuillets palimpsestes haemeti dans les manuscrits de Tbilissi H-1329
et Q-333, 53 feuillets en partie édité par A. Sanidze, dté ci-dessus, en 1923. Au IX e
siècle, le manuscrit palimpseste du Musée de Mest'ia 31. Aux IX e -X e siècles les ma-
nuscrits palimpsestes A-1695, S-2955 et H-2065, ce dernier est recouvert d'esquisses
de fresques: M. van Esbroeck, «Fragments méconnus du lectionnaire géorgien», dans
Muséon 88 (1975), 361-363. Enfin le manuscrit de Vienne, Nationalbibliothek georg.
2, dans trois feuillets palimpsestes (fol. 55, 61 et 131): J. N. Birdsall, «MS. Vind. Georg.
2: a Progress Report», dans Muséon 58 (1974), 76-88. Au X e siècle, le lectionnaire on-
cial de K'ala, bibliothèque publique K. Marx 40, en dépôt à l'Institut K. S. Kekelidze, et
celui de Lat'al au Musée de Mest'ia 51 [stgles B et L de M. Tarclinischvili], Ensuite les
mss onciaux Sinaï géorg. 47 et Birmingham, Mingana géorg. 6 d'un même codex daté
de 977, le Sinaï géorg. 37 daté de 982, el les mss Sinaï géorg. 53, 54 et 63 auquel se rat-
tache un feuillet de Graz, Bibl. Univers. 2058/6: B. Outtier, «Un témoin partiel du le-
ctionnaire géorgien ancien», dans Bedi Kanlisa 39 (1981), 76-88, partiellement publié
par Z. Sardzveladze, Savar3iio masala sud ktirtul enasa da p'aleograpiaSi f- Matière à
exercices pour la langue et la paléographie géorgiennes anciennes] (Tbilissi, 1985),
4G-95. Enfin les palimpsestes onciaux Paris géorg. 5, Tbilissi H-1386a et H-1890,
A-136, U-1338, svan. pal. 2, qui contient deux manuscrits sous-jacents différents,
S-3902, H-1731, Tbilissi Archives Centrales 1446, affaire 350, fol. 15, deux feuillets de
Bzommar publiés par B. Outtier, «Fragments onciaux du lectionnaire géorgien», dans
Bedi Kartlisa 33 (1975), 110-118, et Mest'ia musée 14a publié par B. Outtier, «Nou-
veaux fragments onciaux du lectionnaire géorgien ancien», dans R. Schultz et M. Gôrg,
l.ingua restituta orientalis: FestgabefûrJuliusAJSfalg (Wiesbaden, 1990), 269-271, soit
dix-huit témoins, auxquels s'ajoutent le manuscrit en minuscule Sinaï 66, et les feuilles
de garde onciales des mss Sinaï 95, Tbilissi A-257d, H-1888, Yerevan Matenadaran
1625 et 2607 (en minuscule), Jérusalem Saint-Jacques, arm. 1653 et Paris arabe 53, pu-
blié par B, Ouitier, «Fragments onciaux du lectionnaire géorgien», dans Bedi Kartlisa
34 (1976), 97-101, soit un total de 26 témoins. Aux X e -XF siècles, outre le Parisinus
géorg. 3 déjà mentionné, les manuscrits de Tbilissi H-1831, H-1893c et H-1895 qui
ensemble restituent 69 feuillets, et le Sinaï 12 a compléter par Birmingham Mingana
géorg. 5. Avant l'an mil, il y donc au moins irente sept témoins, sans compter les ma-
nuscrits de l'Apôtre Paul sur lesquel nous reviendrons plus bas. L'histoire du tétra-
évangile n'est en effet pas close avec l'an mil.
I. Imnaisvili, Kartuli othtavis ori bnlo redakcia {- Les deux dernières rédactions
du tétraévangile géorgien) (Tbilissi, 1979) se situent dans la droite ligne des éditions
de A. Sanidze, en affectant les lettres F, G, H, I, K aux cinq manuscriLs qui contiennent
les améliorations d'Euthyme i'Hagiorite vers 1019 pour les deux premiers, le tétra-
évangile d'Urbnisi ms. A-28 du milieu du XI e siècle, en écriture onciale athonite et
celui de Palestine H-1741 écrit en minuscule en 1048 par le moine paléolavrite Sté-
phane, et la dernière révision de Georges I'Hagiorite vers 1040 pour les trois derniers
témoins, à savoir le tétraévangile de Van A-1335, écrit au monastère de Iîomana à
INTERPRETATION OF THE BIBLE
i» | A3
.W.rdrJ m KSmÛECK, LES VERSIONS ORIENTALES DE LA BmLE: UNE ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE
Constantinople avec une ornementaiion typique du XII e siècle, celui d'Etchmiadzine
Rt XIX n° 1, conservé au Catholicossat Arménien, dont l'existence fut signalée en i960
par V. Terzian et qui date du XII e -XIII e siècle, et celui de Gelalhi Q-908 de la fin du
XII e siècle. L'édition critique en deux colonnes est précédée d'une introduction de
255 pages, où sont analysées avec une grand précision les modifications apportées
par les deux philologues médiévaux aux mss A (Opiza) à E (P'arhali). 1. Imnaîsvili
note, 48-49, le succès de la version euthymienne, moins dans le tétraévangile d'Alaver-
di A-484 (XI e siècle, sigle N dans les analyses du texte), comme le disait K. S. Kekelid-
ze, ni dans celui de Mest'ia (daté de 1033 sigle M) dont les leçons figurent dans la
marge de F, que dans les mss du fonds A-136 et 372, 145, 191, et S-4928 (tous du XI e
siècle), A-36 et 365 ( XII e siècle), A-99 et 207-208 (XIII e siècle), A-54 (XVI e siècle),
A-20, 280, 389, 396 (XVIII e siècle) et A-816, 842, 996; dans les mss de Gelalhi 19 et 20;
dans le Jérusalem 115 et les mss athonites 66, 67, 70 soit 23 descendants qui sont en
fait presque tous des commentaires de Chrysostome sur S. Matthieu. Le commentaire
de Jean est effectivement traduit par Euthyme l'Hagiorite et édité sous la direction de
M. Sanidze et Z. Sardzvcladze, Cm: Okrop'iri ganmart'eba ioanes saharebisa [- Com-
mentaire de Chrysostome sur l'Évangile de Jean], tomes 1-2 (Tbilissi: Mcrk'uri, 1993)
sur la base du ms, athonite 16.
L'autre partie du Nouveau Testament comporte les Actes des Apôtres, les épî-
tres de saint Paul, les épîtres catholiques et l'Apocalypse, chacun de ces quatre do-
maines devant être traité à part
Les Actes ont été édités par G. Garilie, L'ancienne version géorgienne des Actes
des Apôtres d'après deux manuscrits du Sinai (Louvain: Publications Universitaires,
1955) qui utilise divers tronçons des mss sin. 58, 31 et 60, qui forment un seul codex
daté de 977 (auquel se rattaché pour les épîtres de Paul un feuillet Tischendorf de
Leipzig Universilatsbibliothek V, 1096, fol. 12), et le ms. 39 daté de 974. Il y joint toute-
fois quelques leçons de I, le ms. d'Iviron à l'Athos n° 42, daté des années 960, et deux
du ms. Sinaitique 37, daté de 982, dont il laisse l'édition à M. Tarchnischvili, qui n'a pas
eu le temps de la publier. Aussi restreintes que soient ses données, G. Garitte constate
une dépendance de l'arménien dans l'ancienne version, et que celle de l'Athos est une
révision sur le grec, et cela avant Euthyme l'Hagiorite. Mais la leçon arménienne ne
vient pas du texte d'aujourd'hui, mais de la vieille arménienne utilisée par Éphrem,
comme le constatait S. Lyonnet pour les évangiles. G. Garitte n'avait pas encore à sa
disposition I. Abuladze, Sakme moeikulta aveli helnac'erebis mihedvit [- Actes des
Apôtres d'après les anciens manuscrits] (Tbilissi, 1949), qui s'appuie sur les manu-
scrits suivants: A-407 et S-1398 du X e siècle, Kutaîs 176 et A-584 (1085) du XI e siècle,
A-677 du XII e siècle, Leningrad Institut Orientaliste K 4, et A-34 du XIII e siècle, et
A-137 du XIV e siècle, soit douze témoins dont six du X e siècle (enregistrés dans les 84
items de B. Outtier 17-20 et 22). L'édition de Tbilissi en deux colonnes constate la
même divergence des deux plus anciens témoins par rapport à la recension Iviron 42
et Kutaîs et remarque que A-854 est la révision de cette dernière par Georges l'Hagio-
rite. A-677 est la révision d'Éphrem Mtsiré, dont !e commentaire avec les colophons se
trouvent dans le ms. Jérusalem 16 de Blake. Une confrontation intégrale de tous les
témoins n'a pas été réalisée.
Le corpus paulinien a été édité par K. Dzotsenidze et K'. Danelia, Favleni\- Les
oeuvres de Paul] (Tbilissi, 1974). Il comporte quatre rédactions sur la base de douze
manuscrits. Les manuscrits de la première sont les mêmes que dans l'édition précé-
dente, sauf qu'il faut remarquer qu'au codex S-1398 se sont ajoutés douze feuillets du
codex anciennement A-369. La seconde comporte le ms. S-1138 (anciennement
A-345) le ms. 50 / 41 du Sinai, le ms. 42 de l'Athos du X e siècle, et le ms. Kutaisi 176 du
XI e siècle. La troisième rédaction est basée sur le ms. A-584 (X e siècle), le ms. Athonite
78 (XI e siècle) et le ms. A-34 du XIII e siècle. La quatrième recension utilise les mss
A-677 du XI e siècle, le manuscrit de l'institut orientaliste de Leningrad K 4 du XIII e
siècle et le codex A-137 du XIV e siècle. Par rapport à l'édition des Actes, il n'y a qu'un
seul manuscrit nouveau, S-1138. En fait seules la première et la troisième recension
diffèrent vraiment, et elle ont été chacune retouchées respectivement par la seconde
et la quatrième. Le texte est imprimé en deux colonnes avec les variantes pour chac-
une. Une variante notoire est l'introduction de plusieurs noms supplémentaire parmi
les martyrs de l'Ancien Testament dans Héb 1 1,33-38. Comme l'a montré M. van Es-
broeck, «Hébreux 11,33-38 dans l'ancienne version géorgienne-, dans Diblica 53
(1972), 43-64, sur la base d'Iviron 42 et du ms. Sinai 50/41, cette insertion doit re-
monter au Diatessaron de Tatîen car elle figure à peu de chose près dans le com-
mentaire arménien d'Éphrem le Syrien. L'édition magistrale de Tbilissi démontre que
l'insertion figure dans tous les manuscrits et même dans le commentaire d'Éphrem
Mtsiré selon les mss A-390, Jérusalem 9 et 7. Ce constat s'ajoute à l'observation de
G. Garitte pour l'ancienne arménienne, qui pourrait cependant dépendre d'un Diates-
saron grec auquel remontent les commentateurs grecs analysés dans l'article ci-dessus.
K. Lortkipaniclze, ICatotik'e ep'ist'olcta karttili versiebi X-XIV smtk'uiieta helna-
c'erebis mihedmt [- Les versions des épîtres catholiques d'après les manuscrits du X e
au XIV e siècle] (Tbilissi, 1956) a été publié fraîchement après l'arrivée des microfilms
du Sinai reçus de la Library of Congress de Washington. La première recension A était
basée sur S-407 quand l'arrivée des manuscrits sinaïtiques 31 et 39 provoqua une in-
sertion préalable 011-037 de la recension A, sinaïtique sous les sigles M et N. La recen-
sion B n'est autre que le lectionnaire de Latal, qui nous est déjà familier parmi les lec-
tionnaires. La recension T est celle de Georges l'Hagiorite sur les cinq manuscrits
utilisés pour les épîtres pauliniennes pour le groupe 3 et 4, à ceci près qu'à ce mo-
^M
MM
INTERPRETATION 0P1HS BIBLE
ment le ms. K 4 de Leningrad portait encore la cote K 1 2. Comme l'observe B. Outtier.
.Les lectionnaires géorgiens., dans C. Amphoux et J. P. Doukor, La lecture liturgique,
79-80, le ms. Sinaitique 60 possède également une liste des chapitres dont un frag-
ment a été publié par j. Afifalg, Georgische Handschriften (Wiesbaden, 1963), 48. À
cette édition, il conviendrait de joindre l'ensemble des lectionnaires, en particulier
ceux qui ont été signalés par M. van Esbroeck, «Les manuscrits de Jean Zosime sin. 34
et Tsagareli 81», dans Bedi Kartlisa 39 (1981), 63-75. Les feuillets du X e siècle que l'au-
teur avait copiés chez l'antiquaire H. Kraus à New York, ont été depuis lors acquis par
Martin SchByen et se trouvent dans sa collection a Oslo.
Dernier livre du Nouveau Testament, l'Apocalypse a été publiée par 1. Imnai-
svili, «Iovanes gamochadeba da mtsi targmaneba: 3veli kartuli versia. [- L'Apocalypse
de Jean et son commentaire!, dans 3veli kartuli enis katedris Sromebi [- Travaux de la
chair de la langue géorgienne ancienne], tome 7 (Tbilissi, 1961), 1-225. La traduction
est d'Euthyme l'Hagiorite et elle est la première traduction effectuée par lui dès 975 et
achevée avant 978. Le texte est accompagné de la traduction du commentaire d'André
de Césarée de Cappadoce écrit entre 563 et 6l4. L'édition est basée sur trois manu-
scrits: H-1346, daté de 978, A-397 et Sinai 85 tous deux du X e siècle. Cette traduction a
six copies plus tardives: deux du XVIII e siècle, mss A-158 et A-532, et quatre du XIX e
siècle en écriture civile: mss S-113 (1801), S-1129, S-1358 et S-3625. Ils dépendent
tous très étroitement du manuscrit de 978.
L'Ancien Testament, également présent dans des fragments plus anciens dans
le lectionnaire comme on l'a dit ci-dessus, possède comme premier exemplaire com-
plet la Bible d'Oski, ms. 1 d'iviron à l'Alhos, en deux tomes, écrit en 978 par trois moi-
nes Mikael, Stéphane et Giorgi dans la province du Tao-Klnrzeti. Pour l'histoire de la
découverte des manuscrits, on ne saurait trop recommander le chapitre de R. P. Blakc,
.Prolegomena to a Crilica! Édition or ihe Prophétie WriUngs in Old Georgian.. écrit
l'année de son décès en 1950, dans Patrobgia Orientait!, tome 29, 2 (Paris: Firmin /
Didot, 1961), VII-XVI1. Ce récit autobiographique d'un chercheur décrit excellem-
ment les difficultés I aiïronter pour obtenir l'accès aux sources de la Bible clans la pre-
mière moitié du XX e siècle. Il décrit également les avatars du modèle du ms. A-51, au-
jourd'hui le ms. A- 1808, du XIII e siècle, une nouvelle traduction faite sur un modèle
grec hexaplaire très proche du codex Marchalianus siglé «Q> dans les éditions grec-
ques critiques. Joint à sa copie jumelle ms. Q-1152, ce manuscrit est couramment ap-
pelé Bible de Gelathi par contraste avec la Bible cl'OSki. De la bible d'Oski, il y a un
autre témoin souvent moins fautif, le ms. Jérusalem 1, devenu après une reliure désor-
donnée n" 7 et 11, du milieu du XI e siècle.
Sur la Bible d'OSki, A. Sanidze, Cignni zvelisa agtkumisajii [- Livres de l'Ancien
Testament], tome 1 (Tbilissi, 1947) a publié la Genèse et l'Exode, avec de nombreuses
mrh,i m aammex, Les versions orientales de la bible une orientation mbijograpiiique
lacunes provenant du modèle estropié de plus d'un feuillet, et idem, tome 2 (Tbilissi,
1948), les livres du Lévilique, des Juges, de Ruth, de Job et le début d'Isaîe. C'était le
premier accès à une traduction indépendante de la Bible de Bakar de 1743. L'entre-
prise s'est développée avec une publication monumentale de l'Octateuque en trois
volumes: B. GigineisVili et C. K'ik'vidze, Cignni zvelisa agtkumisani qvela arsebuli
IjelnaCeris mihedvit \- Livres de l'Ancien Testament d'après tous les manuscrits exis-
tants], l ere partie: Sesakmisay, Gamoslvata (- Geneseos, Exodi] (Tbilissi, 1989), 640
pages; I. Abuladze, B. Gigineisvili, N, Goguadze et C. Kurcik'idze, ibid., 2 ime partie: Le-
vit'eltay, Richutay, Meorisa szulisay [- Levitici, Numerorum, Deuteronomii] (Tbilissi,
1990), 513 pages; C. Kurcik'idze et U. Cincleliani, Iso Navesi, Msazulta, Rittisi [- Jesu
Nave, Judicum, Ruth] (Tbilissi, 1991), 215 pages. Dans cette édition, trente-et-un ma-
nuscrits contenant au moins un fragment de la Bible reçoivent un sigte. Ils sont décrits
chacun en détail dans le premier volume 557-639.
On retrouve bien sûr la Bible d'OSki (O), celle de Bakar (B) enregistrée comme
manuscrit A-425, celle de Mtskhetha utilisée par Sitlkhan Sabas A-51 (S), celle de Gela-
thi A-1108 (Gb) et de sa copie jumelle Q-1 152 (Ga/ Gc), et celle de Jérusalem 7/11
{]) qui n'a que la deuxième moitié à partir des prophètes. Des manuscrits plus récents
et incomplets aident à combler les lacunes de O: A-179, daté de 1669 (C) pour Genèse
et Exode, H-885, du XVII e siècle (D) pour Chroniques, Tobie, Esdras, Néhémie, Deu-
téronome, Josué, Juges, Ruth et Job, A 243 daté de 1672 (E) pour le Deutéronome, A
646 du XVII e siècle (F) et A-570 daté de 1460 (I) tous deux acéphales dans les livres
des Rois jusqu'à Néhémie, et Kulaïs 16, daté de 1681 (K) pour le Pentateuque. Vien-
nent ensuite des fragments Kutaïs 671, du XI e siècle (H) pour Gen 27,1-12; S-104 du
IX e siècle (I.) pour Nomb 24,5-28,18; Sin. 34 pour un fragment du X e siècle dans la
reliure (M) Gen 1,24-27; et H-999 palimpseste hanmeli du V c -VI e siècle (Pc) déjà ren-
contré avec Gen 9,10-19, et un fragment du manuscrit grec du monastère de Zograph
•n° 11 (Z) dans Nomb 2. En fait, il convient d'ajouter encore deux fragments du XII e
siècle tirés du manuscrit autrefois Etchmiadzine 891 (aujourd'hui Matenadaran 991)
qui avaient été publiés par N. Marr, O'imjul-uitsc k itii (hpni'Meirr Jipcmiuc i-]iyaim-
BKOfi itcpcini LVtiTX 3aj£fiTa», dans XpucTfiiii.cKtui BoCTOK 11 (1914), 378-388, et la
photo d'un troisième fragment de la même reliure se trouve dans les archives d'1. Abu-
ladze. Il s'agit de 2 Rois 11,11; 3 Rois 2,35; 4 Rois 9,19; 10,2-25; 14,17-15,16 et de
1 Chron 11,13-22. L'importance de ces fragments a été soulignée par U. Cincleliani,
Mepcta c'ignebis kartuli pragment'ebi Somhetis c'ignsacavebidan» [- Les fragments
géorgiens des livres des Rois tirés de bibliothèques d'Arménie], dans Mravaltavi 15
(1989), 38-50. Les fragments appartiennent en effet à la recension F et I plus tardifs de
deux siècles, et rendent la branche qui aboutit à M beaucoup plus ancienne.
Dans la liste des sigles à la page 26 du tome 3 de la grande édition apparaît un
INTERFRËTATION OFT1 [li lîini.l!
(17
*M,( ™ FSBROF.CK. LES VERSIONS ORIENTALES DE LA BIBLE UNE ORIENTATION BIBUOfiRAFHIQUE
32 cmc symbole: le lectionnaire de Paris géo. 3 (P), mais il n'est pas utilisé dans le corps
du volume. Ce sigle supplémentaire engage en fait la liste de B. Outtier du côté des
lectionnaires où l'Ancien Testament est parfois impliqué. C'est qu'entre temps était
paru K'. Danelia, S. Chenk'eli et B. SaviSvili, Kartuli Lckcionari p'arizuli hehmc'eri
[- Le lectionnaire géorgien, manuscrit de Paris], tome 1, I crc partie (Tbilissi, 1987), qui
en édite les lectures de l'Ancien Testament et les compare avec le texte non liturgique.
Les seize siglcs provisionnels publiés page 61 du tome 1 en 1989 en vue de
l'édition complète réservent quelques surprises heureuses: les deux fragments haeme-
ti d'Oxford et de Cambridge (Pa et Pb) s'augmentent de six feuillets du palimpseste
H-844, texte hanmeti du V c -VI e siècle contenant plusieurs chapitres d'isaie (Pd), an-
noncés par L Kadzaia, «XnnMOTiiwt.' namiMi|>eeCTM», dans A. L. Liubiinskaia, ripofuie-
mm rtajieorpatbini it KORHKOJIOTHM b CCCP (Moscou, 1974), 427. Les autres siglcs
sont A-646, du XVF siècle (F), Rois, Chroniques, Esther, Judith, Esdras et Néhémie; le
ms. A-570 du XV e siècle (I), 3 Rois, Chroniques, Esther, Tobie, Judith, Esdras et Néhé-
mie; Jér 7/11 0);Jér 113 du XIII e siècle (Ja), Rois et Ecclésiastc; Q-208a, du X e siècle,
Ex 13,11-20,17 (1), non utilisé dans l'édition; Yerevan Matenadaran 1725, du XIF-XIIF
siècle (m) Tobie 1; A-1 1 19b du X L ' siècle (N) Ex 3,11-13 non utilisé dans l'édition; A
529 daté de 1736 (R) Siracide et Mac 1-3; H-19, daté de 1753 (T) avec le Siracide; A-65
daté de 1210 (U) pour le Cantique; A-1418, du XVIII e siècle (V) Siracide et Sagesse;
S-I349 même siècle (W) Siracide, Sagesse et Ecclésiaste: Vienne n° 2 du VU 1 ' siècle
1 (X) Esdr 9,25. La plupart de ces sigles avaient déjà été utilisés par C. Kurcik'idze en
1970, comme on le verra ci-dessous.
L'édition joint deux, trois ou quatre textes juxtaposés munis de leur propre
apparat. On voit que O est relayé pour ses lacunes par B et C, et que S est soutenu par
A et K. L'étude du texte dans l'introduction repère les héllénismes et les arménismes,
et penche pour une origine grecque. A partir du Lévitique, G est absolument a part, et
s'oppose a OAKSB ou le plus souvent à AKSB vu les grosses lacunes de O. G se rap-
proche davantage de la tradition de l'AIexandrinus, et O de la tradition du Vaticanus.
Pour les prophètes, R. P. Blake et M. Brière, «The Old Georgian Version of the
Prophets», dans Paimlogia Oricntalts, tome 29 (Paris: Firmin / Didot, 1961), fasc. 2 à 5,
265-869, publient Osée et Joël jusqu'à 3,13a sur le ms, O, et le reste des petits pro-
phètes, Isaïe, Jérémie, Ezéchiel et Daniel sur J avec une traduction latine en regard.
T. Ckit'iSviii, Ezek'ietis c'ignis zveli kartuli versiebi [« Les versions vieilles géorgiennes
du livre d'Ezéchiel] (Tbilissi, 1976) publie le prophète Ezéchiel en juxtaposant O et J
face à G, non sans recourir parfois à S et à B. (Ses sigles sont ici encore différents.)
L'étude philologique approfondie qui suit l'édition tend à montrer que les arménis-
mes de G s'expliquent tous par la dépendance commune du texte massorétique.
M. Sanidze, Psalmtmis zueli karluli redakcicbi X-XIII satik'uneta helnac'erebis
mihedvit [- Les rédactions géorgiennes anciennes des Psaumes d'après les manuscrits
des X e -XIII e siècles], tome 1: Texte (Tbilissi, i960). L'édition est basée sur neuf manu-
scrits, deux rédactions anciennes et celle de Georges l'Hagiorite. La première rédac-
tion est basée uniquement sur le ms. A-38, entièrement consacré au psautier et à des
annexes intéressantes, daté selon l'ère alexandrine et la Crucifixion du Christ, 5534 +
973, soit 1016 AD. La seconde rédaction se compose de trois psautiers sinaïtiques du
X e siècle, n" 42 (B), n° 29 (C) onciaux et n" 22 (D) en minuscule. Le ms. (E) se trouve
aujourd'hui à la bibliothèque universitaire de Graz sous le n° 2. Il provient du Sinai où
jadis Tsagareli lui donnait aussi la cote n° 2. Écrit en onciale grossière, du X e siècle,
son texte a beaucoup de fautes. Enfin le ms. (F) est H-1798 du X e -XI e siècle, de petit
format La troisième rédaction de Georges comprend les mss Jérusalem 161 du X1IF
siècle (G), le Jérusalem 133 légèrement plus récent (H), et le dernier témoin couram-
ment appelé codex d'Uspenski qui se trouve à l'Institut Orientaliste de Leningrad sous
la cote B 1 1 (L). Ce codex du XIII e siècle contient le colophon de Georges l'Hagiorite
sur sa propre traduction. M. Sanidze relève correctement les arménismes plus fré-
quents dans A qu'ailleurs. D'une importance capitale est le compte-rendu de G. Ga-
ritte, «Une édition critique du Psautier géorgien», dans Becli Kartlisa 36-37 (196l), 12-
20. Il observe en effet qu'un psautier de papyrus avait été vu par Tsagareli lors de son
voyage en 1883 au Sinai et qu'il en avait donné une description en 1888 comme
datant du VI I<=-VI IF siècle. Ni N. J. Marr ni 1. Dzavahisvili ne l'avaient vu en 1902, et pas
davantage R. P. Blake en 1927. Aussi K. S. Kekelidze en 1955 le considère comme dis-
paru: K. Kekelidze, «K'ult'urul-istoriuli mnisveloba u:ivelesi kartuli <Davitnis. t'ermino-
logiisa da t'ekst'ualuri taviseburebisa. [- Importance historico-culturelle de la termino-
logie et de la singularité textuelle du plus ancien psautier géorgien!, dans Etiudebi
meli kartuli liferafturis isforiidan [- Études tirées de l'histoire de la littérature géor-
gienne anciennel, tome 3 (Tbilissi, 1955), 120-126. Or G. Garitte le vit en 1950, et put
constater en 1957 que le papyrus très délabré avait correctement été mis sous verre. Il
en donne une description précise, et constate que K. S. Kekelidze ne le date pas avant
le IX e siècle. Mais les arguments de K. S. Kekelidze sont basés sur la division du psau-
tier en vingt sections, qu'il fait dépendre de la tradition byzantine plus tardive. Sur ce
point, M. Shanidze, Psalmunis c'ignis weli kartuli targmambi |- Les traductions des
Psaumes en géorgien ancien] (Tbilissi, 1979), 67-81, montre que cette division est an-
cienne et remonte aux usages de Jérusalem. Il n'y a donc aucun obstacle à placer com-
me psautier géorgien le plus ancien le papyrus du Sinai. Entre temps, M. Sanidze, «Psal-
munis ori u;.velesi kartuli helnac'eris Sesaheb» [- À propos des deux plus anciens ma-
nuscrits du psautier géorgien], dans Mravaltavi 6 (1978), 62-71, enregistre les don-
nées de G. Garitte et signale un autre psautier géorgien de 67 feuillets sans doute du
X e siècle qui se trouvait en 1893 dans l'église de Tqoba-Erdi en Ingusetie. Il fut trans-
I NTERPRETATION OF TIIE BIBLE
porté à Grozny d'où en 1941 A. Shanidze fit une copie des trois première pages, que
reproduit l'article. Il s'agit de Ps 17,42-18,3; 54,1-10; 58,17-59,5. Selon toute probabi-
lité, le manuscrit est détruit aujourd'hui. Dans le même ouvrage. M. Sanidze analyse les
traductions des commentaires des Psaumes, dont la plus ancienne se trouve dans le
codex de Salberd, un recueil célèbre qui date des années 960. Son texte avait été pub-
lié avec l'arménien en regard par I. Abuladze, KartuH da somhwri lifemfuruli urtier-
toba IX-Xss-Si: Gamok'vleva da t'ekst'cbi [- Relations littéraires géorgiano-arménien-
nes aux IX L '-X e siècle: Étude et Textes! (Tbilissi, 1944), 148-175. Les deux versions l'at-
tribuent ù Bpiphane de Chypre, mais B. Outtier a remarqué qu'il ne s'agit de rien
d'autre que du commentaire des Psaumes de Théodoret (Clcwis Patrum Graecomm
6202). Ici la dépendance de l'arménien est visible. M. Sanidze analyse de même les tra-
ductions du commentaire des Psaumes de Basile qui est précédé d'une préface ex-
trêmement intéressante où Éphrem Mciré déclare avoir utilisé six commentaires qu'il
décrit: M. Sanidze, «Sesavali Eprem Mciris psalmunta targmaneba (T'ckst'i da senisvne-
bi)» [- Introduction d'Éphrem Mciré au commentaire des Psaumes (Texte et Notes)],
dans A. Sanidze, Saiubileo [- Volume jubilaire) (Tbilissi, 1968), 77-122. Dans son
deuxième volume, M. Sanidze indique quelques descendants de la recension de Geor-
ges i'Hagiorite, qui a désormais éliminé les autres versions: A-2900, H-2083 du XI L '-
XII e siècle, dans le commentaire d'Éphrem Mciré Q-37 daté de 1091, H-1454 (XII e siè-
cle) et A-585. M. Sanidze, .Psalmunis atonuri nusha» [- Une copie athonite du psau-
tier], dans Mravaltavi 15 (1989), 111-116, analyse le psautier athonite Tsagareli 2 et
Blake 82, et montre qu'il s'agit de la plus ancienne copie de la version de Georges
l'Athonite au XI e siècle. Il faut sinon chercher le texte complet dans les mss Jer 116, Jer
133 et Institut Orientaliste de Leningrad B 1 1 (GHL) tous du X[lI c -XiV e siècle. Comme
le note G. Garitte, les trois rédactions distinguées par M. Sanidze sont plutôt des mises
à jour régulières sur le grec où les arménismes sont progressivements éliminés. La si-
tuation des Psaumes est dès lors assez parallèle à celle du Nouveau Testamenr.
C. Kurcik'idze, 3ve!i agtkmis ap'okripebis kartuli versiebi (X-XVH ss. helnaderta
mihedvit) [- Les versions géorgiennes des apocryphes de l'Ancien Testament (d'après
les manuscrits du X e au XVIII e siècle)], tome 1 (Tbilissi, 1970) utilise les dix manuscrits
dont les sigles ont été donnés ci-dessus dans le tome 1 de la grande édition du Penta-
teuque: O, J, G, I, F, D, S, B, V et W. L'éditrice y ajoute le lectionnaire de Kala (K), celui
de Lat'al ou Lagurk'a (L) et celui de Paris (P). R. P. Blake, «The Georgian Version of
Pourth Esdras from the Jérusalem Manuscript», dans Harvard Tlieotogiatl Review 19
(1926), 299-373; idem, «The Georgian Version of Pourth Esdras from the Athos Co-
dex., dans Harvard Tlieological Review 20 (1927), 57-105, avait déjà publié le quatri-
ème livre d'Esdras d'après J et O, ainsi que Baruch et la Lettre de Jérémie en annexe à
son édition du prophète Jérémîe. C. Kurcik'idze publie six apocryphes: 2 Esdras en
JfcJ.,1 ™„ fMROtCK, LES VERSIONS ORIENTALES DE LA BIBLE. UNE ORIENTATION MBUOGRAPiilQUÏ
deux colonnes, la première dans les témoins de l'ancienne traduction OJIFDS, et la
seconde d'après la Bible de Bakar, B, ici traduite du slavon; ensuite le livre de Tobic
également en deux colonnes, la première sur IDFS et sur O ta où ce dernier est con-
servé. Se détachant de lui par une révision sur la vulgate latine, on a S ou Bible de
Mtskhetha. et enfin, B traduit sur le slavon; le livre de la Sagesse est aussi édité en deux
colonnes, la première contient le texte O, souvent soutenu par le vieux lectionnaire
PKI. et par S, et en face B et ses témoins plus récents VW qui dépendent du slavon; le
livre de Banich est présenté en trois recensions: l'ancienne OJ, le lectionnaire là où il
est disponible, et la Bible de 1709 qui donne ici exactement le texte de la Bible de
Gelathi (G); la Lettre de Jérémie juxtapose l'ancienne version OJ et la Bible de Gcladii,
avec quelques variantes de BS; enfin le 4 Esdras dans OJ conjoints est imprimé face au
5 Esdras d'après la Bible de Bakar, traduite ici sur le slavon. Les textes se correspon-
dent approximativement comme on le sait. Cette édition est complétée par une étude
fouillée C. Kurcik'idze, '.iveli agtkmis ap'ok'ripebuli c'igmbis karttdi versiebi [- Les ver-
sions géorgiennes des livres apocryphes de l'Ancien Testament], tome 2 (Tbilissi,
1973), où en particulier l'auteur démontre par de nombreux parallèles l'influence de
l'arménien sur l'ancienne traduction.
Au terme de ce pèlerinage dans les versions géorgiennes, on voit que la filière
n'est pas simple à établir, et que l'ancienneté même ôcs versions a entraîné des révi-
sions nécessaires.
Il serait injuste de ne pas citer ici au moins quelques-uns de la quarantaine
d'articles suscités à Tbilissi par les livres de la Bible, surtout à partir des années 1970.
Plusieurs d'entre eux sont signalés par la plus exhaustive des bibliographies bibliques:
P. Nober, Elenchus bibliographiais, tome 53 (1972), 69, n° 924*, 925", 926*, etc. Nous ne
citerons que ceux dont les analyses n'ont pas encore été reprises clans les éditions cité-
es ci-dessus. U. Cindetiani,« Ak'vilasas da Svimahosis varient'cbi aveli agtkmis kartuli tar-
gmanSi» [- Les variantes d'Aquila et de Symmaque dans la traduction de l'Ancien Testa-
ment géorgien], dans Macne: Enisa da lit 'erat'ttris séria (1973, 1), 54-65 et (1973, 2),
79- 86. G. K'ik'nadze, «NeSta I c'ignis kartuli versiebii [- Les versions géorgiennes du
1er livre des Chroniques], dans Mravaltavi 1 (1971), 66-78. B. Gigineisvili, «Solomonis
igavta kartuli redakciebi» |- Les rédactions géorgiennes des Proverbes de Salomonj,
dans Mravaltavi 2 (1973), 51-61. E. Metreveli, «Mchetis bibliis igavta c'ignis c'qaroebis
sesc'avlisatvis» [- Sur l'étude des sources du livre des Proverbes dans la Bible de
Mtskhetha], dans Mravaltavi! (1980), 98-1 17. Z. Sardzveladze, «Venasi daculi Keba ke-
batay» [ - Le Cant ique des Cantiq ues conservé à Vienne ], dans Mravaltavi 10 ( 1 983), 75-
87, où il s'agit du manuscrit de Vienne, Bibliothèque Nationale, n° 4, du XVIII e siècle,
qui avait été décrit par G. Peradze, «Ûbcr die georgischen Ilandschriften in Osterreich»,
dans Wiener Zeitschrift fur die Kimde des Morgenlandcs'tf (1940), 218-232.
INTERPRETATION OF THE WBLE
Il y a sûrement encore beaucoup a attendre dans le futur immédiat, dès qu'aura
paru le catalogue des manuscrits géorgiens du nouveau fonds du Sinaï, parallèle à
celui qui a été publié en arabe et en syriaque, et dont Z. Aleksidze prépare la publi-
cation.
Observons enfin que la Bible en langue géorgienne contemporaine a été impri-
mée sous les auspices du Catholicossat: Biblia (Tbilissi: Sakartvelos Sap'at'riarko, 1989),
petit in-folio de 1216 pages.
6. La Bible en syriaque
La Bible syriaque possède également des caractéristiques propres par rapport
aux autres versions. Elle se caractérise par une densité plus grande des témoins anti-
ques, supérieure à la tradition de la Bible grecque elle-même, par une stabilité remar-
quable de son texte le plus fréquent, et par une série de versions marginales qui re-
montent parfois très haut dans le temps. Les publications anciennes sont également
beaucoup plus nombreuses, et le nombre total des travaux consacrés a la Bible en
syriaque est plus élevé que dans les autres langues. Les concordances sont nom-
breuses et remplissent plusieurs rayons de bibliothèque. D'une manière générale, le
travail d'édition est plus avancé que dans les autres traditions. Imprimer intégrale-
ment tous les titres exigerait déjà le cadre d'une monographie.
À côté des études d'ensemble déjà signalées en tête de cette orientation biblio-
graphique, on a pour le syriaque l'article excellent de F. Nau, -Syriaques (versions).,
dans Dictionnaire de la Bible, tome 5, 2 (Paris: Letouzey et Ané, 1912), col. 1914-1930,
mis à jour par C. Van Puyvelde, «Orientales de la Bible (Versions): syriaques», dans
Supplément au Dictionnaire de la Bible (Paris: Letouzey et Ané, 1957), col. 834-884.
Une liste complète des éditions anciennes de la Peshitta a été donnée par E. Nestlé,
Litleratura syriaca (Berlin, 1888), qui compte plus de 130 entrées, et a été complétée
par le même dans la Realencydopâdie fur protesta» tische Tlieologie ttnd Kirche, tome
3 (Leipzig: J. C. Hinrichs'sche Buchhandlung, 1897), 167-178. À la bibliographie de
C. van Puyvelde, on rattachera directement S. P. Brock, Syriac Studios: A Classifwd Bi-
bliography (1960-1990) (Kaslik, Liban: Parole de l'Orient, 1996), 43-62, où l'on trouve
environ 340 titres rangés sous la vedette .Bible- jusqu'en 1990, et de nombreux autres
sous la rubrique .Manuscrits». S. P. Brock, Tlie Bible in the Syriac Tradition (Kottayam:
St. Éphrem Ecumenical Research Institute, 1989) donne un survol de tome la tradition
illustré par de nombreux exemples concrets. Par ailleurs, le répertoire des Catalogues
de manuscrits d'A Desreumaux est disponible, et qui plus est, S. P. Brock, Catalogue
oj Syriac Fragments (Neiv Fsnds) in the Library qf the Monastery of Saint Catherine,
MountSinai (Athens: MouniSinai Foundation, 1995), 314 pages, fournit l'analyse des
>iuh,i ». Esnnnr.ac. les versions orientales de la bible: une orientation bimjocraphique
fragments de la découverte faite au Sinaï en 1975, même si celle-ci est amputée de
quelques manuscrits dont l'édition toujours attendue a été confiée aux soins de soeur
Pliilothée du Sinaï. Aucune autre langue orientale ancienne ne présente autant
d'atouts pour mesurer rapidement l'ampleur de la transmission de la Bible.
Après une description des premières éditions, l'ordre de la présentation suit le
schème classique. Pour l'Ancien Testament, la Peshitta en premier lieu, puis la Syro-
hexaplaire et celle de Jacques d'Édesse au début du VHP siècle. Pour le Nouveau
Testament: le Diatessaron, la Vieille Syriaque, la Peshitta, la Philoxénicnne, l'Harqléen-
ne et les lectionnaires. En dernier lieu la Syro-Palcstinienne pour la Bible entière et ses
lectionnaires constituent un domaine à pan.
a) La Peshitta de l'Ancien Testament
La publication du texte dans l'édition critique de l'Institut de la Peshitta à Leyde
sous la direction de P. A. H. de Boer et W. Baars de 1961 il 1991 oblige a une dé-
marche préliminaire. Il est en effet essentiel de reconnaître les manuscrits avant les
éditions pour en comprendre la valeur. Or la publication anonyme introductive de cet
Institut, List o/Old Testament Peshitta Manuschpts (Leyde: E. J. Brill, 1961), attribue à
chaque manuscril un .sigîc pratique auquel il est impossible de ne pas recourir dès le
début, avant même de retracer l'histoire des éditions anciennes. Le principe de clas-
sification est basé sur trois sigles combinés; le premier est un chiffre donnant le siècle
du manuscrit, soit du V e au XIX e siècle; le second est une lettre symbolique indiquant
la nature du contenu: a - Bible complète; b - Pentateuque; c - Belh Mawtabhe (Kathi-
Stnala), désignation nestorienne pour le livre dejosué, le livre des Juges, 1-2 Samuel,
1-2 Rois, les Proverbes, Qohélet, le livre de Ruth, le Cantique des Cantiques, Siracide
et Job; d - les Prophètes; e- 1-3 Maccabées, 1-2 Chroniques, le livre d'Esdras, le livre
de Néhémie, le livre de la Sagesse, Judith, Esther, Suzanne, la lettre dejérémie, la lettre
de Baruch, Barach;/- le livre des femmes Ruth, Esther, Suzanne et Judith; £ - combi-
naison peu usuelle de livres; h » un seul livre biblique; 7 - fragments de plusieurs li-
vres; k - fragments d'un seul livre; t - les Odes de l'Ancien Testament; / - lectionnaire;
m - texte massorétique, en tradition syriaque avec des voyelles; p - palimpseste; le
troisième et dernier sigle est un chiffre indiquant le quantième exemplaire l'on ren-
contre de la combinaison donnée. Beaucoup de manuscrits de la British Library et
d'ailleurs, étant composés de morceaux artificiellement reliés, généralement sur la
base d'une similitude d'écriture, le nombre de manuscrits utilisés est plus élevé que
celui des cotes des manuscrits dans les divers fonds. Il y a, à ce système inspiré de
celui de A. Rahlfs, deux avantages: on compte directement les manuscrits originaux, et
l'insertion d'une nouvelle trouvaille s'effectue sans problème. Une série de supplé-
ments ont été de fait publiés dans Vêtus Testamentum 12 (1962), 127-128, 337-339,
INTERPRETATION OFTIIE BtlSLE
m
Mirtrl ton ESimnF.CK, I.E5 VERSIONS ORl ENTALES DE LA niBŒ UNE ORIENTATION MBUOGRAPHIQUE
351; 18 (1968), 128-143; 27 (1977), 508-511; 35 (1985), 466-467. Ce dernier manuscrit
signalé par S. P. Brock s'insère tout naturellement comme 9d2, soit second exemplaire
du IX e siècle pour les Prophètes, ei il se trouve dans la collection privée A. C. Dartley à
Ridgewood, New Jersey, USA, le manuscrit précédent de même ancienneté et de
même contenu étant le ms. Sachau 201 de Berlin 9d\.
En 1 584 paraît anonymement à Rome Septem psalmi poenitentiales en syriaque,
qui seront réimprimés en 1642. L'année suivanie parait avec litre syriaque Pscilterium
syriacum et ceirslmniatm (typis St. Antonii de Kozchaya montis Libani, 1585, repro-
duit en 1610). Ensuite en syriaque par G. Sionita Edenensis, Liber psalmorum syro-
-latinorum (Paris, 1624); Psalmi Davidis régis et proptwtae lingua syrkica nunc pri-
mum ex antiquissimis codicibus maimscriptis editi (a Thoma Erpenio qui et versio-
nem adjecit; Leydc, 1625). Plus original est le Psalmus VI octoglotlos, et quktem gallice,
arabice, graece, hebraicae, clwldaice, anglice et syriace (éd. J. Gerschovius; Gryphis-
wnldiae, 1636), et l'année suivanie. Psalterii Davidici hexaglotti et decastyli decas
primtis, cum hexaglottarum et ogdostylarum concordantiantm Centuriis quinque (éd.
J. Laurent», F. Michaelis et N. Gerschovius; Gryphiswakliae, 1640). Vient alors In poly-
glotte de Paris en 1645, dont M. G Diettrich, Ein apparatus critiats zitr PeSilto zttm
Proplieten lesaia (Giessen, 1905) a constaté sur la base de vingt-huit manuscrits
qu'elle utilise le ms. Syr 6 de Paris (17«5). Une curieuse polyglotte paraît encore entre-
temps: J. Viccars, Dccapla in psalmos; sive comment, ex X linguis (hebr., arab., syriac,
chatd., rabbin., graec, rom., ilal, hispan., et gallic) una cum specim. ling. copticae,
persic etanglic (Londres, 1655). Alors parait la polyglotte de Londres en 1657, dont le
texte syriaque reprend celui de Paris. Le thème des exercices de langues orientales à
base de l'Écriture continue de s'élargir avec B. Scheid, Psalmus CXIX hebraice, chalda-
ice, syriace, arabice cum commentariis hebrateis Sa. Jarchi et Aben Exrae (Strasbourg,
1665; republié en 1700); Spécimen pliilologictim qtto Obadias propheta hebraice chal-
daice syriace et arabice cum commentariis rabbinorum Jarci, Kimchi et Aben Esrae
exhibetttr (a Ludovico Michaele Crocio; Brème, 1673); Psalmi poenitentiales syriaci
cum versione latina c. CI. Thomae Erpenii et punctis vocalibus atqttc Satina interline-
ari expressione in iisum facilioris et acatratioris lectionis instrucli (a M. D. H[asen-
mûller]; Leipzig et Francfort, 1678); Excerpta veterts testament! syriaci cum latina
interpretatione nova et adnotationibtts (C. Cellarii; Cizae, 1682); Geneseos capita V;
priora cum aliis dlclis biblicis hebraice, chatdaice, syriace, arabice, aethiopice et per-
Sice (per J. F. Krebsium; Jena, 1692); G. O\ho, palaestra linguarum orientalium (Fran-
cofort, 1702); Liber psalmorum Davidis idiomate syro verbo divino saluatori tioslro
dicatus (per T. Evan; Rome, 1 737); Pentateuchus sjrtace ex polygloitis anglicanis sttm-
majide edidit (éd. M. G. G. Kirsch; Leipzig, 1787); Dos Buch Siracli mit aramaischer
Ubersetzung und ErkUimng (Breslau, \19S)\Jonae et Obadia oracula syriace: Notas
philologicas et crilicas addidit (H. A. Grimm; Duisburg, 1805);/oîHfl ben Sirach hebrà-
isch deutsch und aramàiscli (ubersetzt von Ben Sew; Vienne, 1807); Psalterium Syria-
cum (Londres: Bible Society, 1822, 1825). Viendrait alors la première édition critique
avec S. Lee, Vêtus Testamentum syriace eos tantum libros sistens, qui canone hebraico
liabentur, online vero quoadfwri potttit, apud Syros usitato depositos: In ttsum eccle-
siae Syrorttm Malaharensium jassu societatis biblicae recognovit et adftdem codicum
mss. emendavil (Londres, 1923). S. Lee utilise deux manuscrits d'Oxford et deux de
Cambridge, les mss Bodl. Or. 141 (17ff3) et Pococke 391 (17rt4), Cambrige Univ. Libra-
ry Oo 1 ou Bible de Buchanan (12rtl) et le ms. d'Erpenius LI. 2.4. et explique l'usage
qu'il en fait dans S. Lee, «Remarks on the Collation of Syriac Manuscripts», dans Clas-
sical Journal 12 (1821), 245-249. Mais M. G. Diettrich n'a compté que 47 améliorations
réelles dans Lsaie. D'après l'analyse de M. W. E. Barnes, An Apparatus Criticus to Chro-
nicles in the Peshitta Version (Cambridge, 1897) sur la base de quinze manuscrits,
S. Lee reproduit aussi la polyglotte de Paris. Une autre édition complète de l'Ancien
Testament est publiée a Urmiah en 1852 par la mission protestante américaine avec
litre seulement en syriaque. Jolovicz, Vie First Epistle of Baruch Tratislated from the
Syriac witli an Introduction (Londres, 1855) aborde un des apocryphes délaissés par
S. Lee. W. Wright. The Book o/Jnnah in Four Oriental Versions: Namely Chaldee, Syri-
ac, Aelhiopic and Arabie with Correspondit^ Glossaries (Londres, 1857) continue la
tradition des petites polyglottes. Avant 1860, on a un Liber Psalmorum Conslantitio-
poli editus a Mar Jacob, Vient alors P. de Lagarde, Libri veteris testamenti apocryphi
syriace (Leipzig / Londres, 1861), soit Siracide, Sagesse, Tobie, la lettre de Baruch, la
lettre de Jérémie, Judith, Prière d'Ananias, Bel et le Dragon, Suzanne, 1 Esdras, 1-3
Maccabées d'après la polyglotte de B. Walton et six manuscrits de Londres.
Un véritable tournant dans l'histoire des éditions est A. M. Ceriani, Translata
syra-Pcscitto Veteris Testamenti e codicc Ambrosiano saeculi fere VI, photolithogra-
phice édita (Milan, 1876-1883), en deux tomes in-folio. Désormais, chaque spécialiste
peut jauger les éditions précédentes dépendant de codices du XVII e siècle sur la foi
d'une Bible du VI 1 e siècle, le codex de la Bible Ambrosienne de Milan B. 21. inf. (7tf 1).
Ce manuscrit demeure encore aujourd'hui le plus ancien exemplaire complet de la
Peshitta et la base obligée de toutes les éditions critiques. E. Nestlé, Psalterium syria-
cum e codicc Ambrosiano seculifere sexli in itstis academicos imprimendum (Leyde /
Tûbingen, 1879) imprima le premier d'après cette source inespérée. Entretemps les
dominicains de Mossoul publiaient les Psaumes en 1866, et ensuite Psalterium syria-
cum adfidemplurium optimonim codicum habita ratione potissimum hebraici textus
nunc accuratissime exactum X canttca sacra (Mossoul, 1877), el enfin en 1888 la Bi-
ble eniière. Outre les apparats critiques sur Isaïe et sur les Chroniques mentionnés ci-
-dessus, les éditions critiques qui suivent ont toutes 7fll pour première base. R. L Ben-
INTERPRETATION OFTHE BIBLE
sly, Tiie Fourth Book of Maccabees and Kindred Documents in Syriac (Cambridge,
1895), utilise neuf manuscrits; R H. Charles, The Apocalypse of Bamch Translated
from Syriac, Oiapters LXXVII-LXXVIII, from a New and Critical Tcxt Basée! on Ten
Manuscripts (Londres, 1896); W. E. Barnes, Vie Peshifta Psalter according to the West
Syrian text Edited with an Apparatus Critiais (Londres, 1904) se base sur vingt-sept
manuscrits, dont douze celte fois sont antérieurs au XIII e siècle. Enfin J. A. Emerton,
Tlie Peshitta ofthe Wisdom ofSolomon (Leyde, 1959) emploie trente trois manuscrits
dont quatorze sont munis de voyelles.
Le projet de l'Institut de la Peshitta à Leyde sous la direction de P. A. H. de Boer
commence à éditer sa liste de manuscrits en 1961, et sa dernière publication est datée
de 1991. On a cette fois un panorama aussi complet que possible du volume de la
transmission manuscrite, auquel ne manquent que les dix-huit fragments du fonds
sinaïttque découverts en 1975 d'après le catalogue de S. P. Brock en 1995. Si l'on tient
compte également des suppléments publiés de Velus Teslamentum, on a vingt Bibles
complètes dont trois avant le X e siècle et les onze dernières du XVII e siècle; trente-
deux Pentateuques dont huit jusqu'au X e siècle, le dernier se trouvant en partie à
Damas au National Muséum of Syria sous trois cotes et a Chicago A 12084 (10b2); dix-
huit Bet Mawtabhe nestoriens, dont quatre jusqu'au XF siècle; vingt-cinq prophéto-
logues dont cinq jusqu'au XI e siècle; la combinaison Maccabees jusqu'à Ruth n'a que
six témoins dont le plus ancien, Manchester John Rylands libr. Syr. MS. 5, est du XVI e
siècle (l6el); trois manuscrits seulement rassemblent les livres des femmes, mais
l'initiative est antique car le premier Brit. Libr. Add. 14652 est du VI e , le deuxième à
Deir es-Suryân 27, du VIII e et le troisième Add. 14447 est du X e siècle (5/1, 8/1 et 10/1);
la combinaison peu ordinaire de livres (g) compte trente-quatre témoins, dont quatre
seulement jusqu'au X e siècle, les manuscrits postérieurs au XV e siècle formant une
majorité écrasante de trente exemplaires; les manuscrits contenant un seul livre bib-
lique (/i) comptent cinquante-sept témoins. Y figurent naturellement nombre de frag-
ments parfois palimpsestes, ce qui se remarque immédiatement dans les dates; un
fragment au V e siècle, vingt-et-un du VI e siècle, et douze du VII e siècle, dont le pre-
mier mérite une petite chronique.
7JM contenant les 1-3 Maccabees a été connu d'abord par des photographies
prises au Sinai et déposées au Westminster Collège à Cambridge. Un fragment se
trouve à Milan A. 296 Inf„ fragm. 27, mais le ms. Sinaitique entier a été retrouvé sous la
cote syr. 279 [nous pensons qu'il fui d'abord siglé 6/il7 car ce sigle manque dans les
suppléments de Vetns Testamentum 18 (1968), et qu'il fut reconnu ensuite comme
7/jl]. Deux autres feuillets se trouvent à Birmingham sous la cole Mingana 269. Enfin
S. P. Brock en a retrouvé le Sparagma 8 (deux feuillets) et en donne 92 la collation sur
l'édition de Lagarde en 1861. Le ms. 279 que R. Harris avait vu et en partie photo-
HeM co» BSBROECK, LES VERSIONS ORIENTALES DE IA RIRI.E: UNE ORIENTATION BIBLIOCRAPt IIQUE
graphie en 1889 avait disparu quand A. Smith-Lewis visita le monastère en 1893. Dans
sa préface, S. P. Brock reproduit XIX-XX le récit de M. Gibson sur l'aventure de sa
sœur jumelle A Smith-Lewis, qui identifia le manuscrit introuvable entre les mains
d'un vendeur du Caire et réussit non sans ingéniosité à faire revenir au Sinaï le
précieux codex.
La catégorie (j ), fragments de plusieurs livres, compte dix témoins, tous avant
le XI e siècle, et un du V e siècle a Milan A 296 Inf, fr. 19-31 contenant des passages des
Nombres et de Deutéronome. La catégorie Qt), fragment d'un seul livre, est évidem-
ment la plus abondante, car un fragment isolé n'indique rien sur la nature du codex
auquel il appartenait. On compte soixante-trois fragments, plus dix-huit du nouveau
fonds du Sinai, soit 81, dont dix du VI e siècle, plus six du Sinaï, soit seize, dbc-huit du
VU 1 ', plus trois, soit vingt et un du VII e siècle, mais deux plus deux du VIII e siècle, et
quatre du IX e siècle. On trouve seize manuscrits massorétiques (m) dont le plus
ancien, Brit, Libr. Add. 12138 est du IX e siècle. Enfin les manuscrits des Psaumes et des
Odes (/) sont au nombre de trente-sept, plus huit du Sinaï, soit quarante-cinq. On
notera que la première liste de 1961 a mis en annexe 289 manuscrits sans sigle, impos-
sibles à atteindre, perdus ou plus simplement inutilisables. Par exemple, le manuscrit
complet de la Bible Paris syr. 1-4, daté de 1695, est en faite la copie d'une édition et
n'a pas reçu de sigle. Près de la moitié de ces manuscrits sont des psautiers. Certains
manuscrits réputés introuvables, par exemple deux codices du Catalogue de ventes
Hiersemann 500 ont été «retrouvés» sous les cotes Or. 14236 et 14237 (palimpseste) à
Leyde même! Ils figurent maintenant dans les suppléments sous les sigles 10/6, 1 2/9 et
7pfi contenant des fragments de Josué et des Juges. Mieux encore, le ms. Hiersemann
Katalog 500 n" 3 a été retrouvé à Cincinnati, Library of the Cincinnati Mistorical So-
ciety, MS. Syriacus secundus, et est dûment utilisé sous la cole 7pj4 pour les Nombres
et le Deutéronome en 1991, sans avoir été annoncé auparavant.
L'impression du texte critique n'a pas eu lieu dans l'ordre des livres de l'Ancien
Testament. Sous le titre général 77j<? Old Testament m Syriac according to the Peshitta
Version on trouve douze titres dans l'ordre chronologique suivant; tome IV, 6:
H. Schneider, \V. Baars et J. C. H. lebram, Canticies or Odes - Prayer of Manasseh -
Apocryphal Psalms - Psalms ofSolomon - Tobit - 1 (3) Esdras (Leyde: E. J. Brill, 1972);
tome IV, 3: S. Dedering et R. J, Bidawid, Apocalypse of liamch - 4 Esdras (Leyde,
1973); tome H, 4; H. Gotdieb et E. Hammershaimb, Kings (Leyde, 1976); tome I, 1:
T. Jansma et al., M. de Koster, Exodus - Genesis (Leyde, 1977); tome II, 2: P. B. Dirksen
et P. A. H. de Boerjudges - Samuel (Leyde, 1978); tome II, 5: A. A. di Lella, J. M. Emer-
ton et D. J. Lane, Proverbs - Wisdom ofSolomon - Ecclesiastes - Song ofSongs (Leyde,
1979); tome II, 3: D. M. Walter et al., 77i£? Book ofthe Psalms (Leyde, 1980); tome III, 4:
A. Gelston et T. Sprey, Dodehaprophelon - Daniel, Bel and the Dragon (Leyde, 1980);
iNTEHVRETATIONOrTHl: 01111.1-
"*■" BBM8CX, LES VERSIONS ORIENTALES DE W IÎIBI.E: UNE ORIENTATION BtniJOGRAI'IIIQUE
tome II, la: L G. Rignell, Liber lob (Leyde, 1982); tome III, 3: M. J. Mulder, Liber Eze-
chielis (Leyde, 1985); tome III, 1: S. P. Brock, Isaiah (Leyde, 1987); tome I, 2 et II, lb:
D. J, Lane, A. P. Hayman, W. M. van VlietJ. H. Hospers, H. J. W. Drijvers et J. E. Erbes,
I.cmtictts - Numbers - Detttcronomy -Joshua (Leyde, 1 991 ).
De 1973 à 1991, la manière de procéder a évolué. On remarquera notamment
que la liste de 1961 livrait une liste de 33 iectionnaircs sans leur accorder de sigle. Dès
1976, les lectionnaires figurent avec la lettre /, et dans la préface à Samuel, XIV-XVI1,
P. A. H. de Boer donne en 1978 une description un peu plus complète de quinze lec-
lionnaires parmi les manuscrits non utilisés. 1-n f:iit. lus lectionnaires sont à identifier
dans les préfaces de chacune des éditions. Comme leur liste est inexistante jusqu'à au-
jourd'hui dans l'édition de Leyde, et que seule elle permet d'estimer combien de iec-
lionnaires ont été vérifiés, nous la donnons ici pour l'orientation bibliographique de
l'utilisateur. 9/1: Add. 14485; 9/2: Add. 14486; 9/3: Add. 14487; 9/4: Add. 14492; 9/5; Vat
syr. 278; 9/6: Cologny / Genève sans cote; 10/1: Leningr. Bibl. Publ. N. S. 17; 10/2: Add.
17218, fol. 23^0; 11/1: Add. 12139; 11/2 : Add. 14705; 11/3: Add. 17218. fol. 1-22: 11/4:
Sin. 8; 11/5 .Sin. 39; 12/1: Cambridge, Univ. libr., 1863; 13/1: Add. 7168; 13/2: Add. 14686;
13/3: Add. 14687; 13/4: Add. 14736; 13/5: Add. 21031; 13/6: Vat. syr. 24; 13/7: Salamanca
Bibl. Univers. 2647; 13/8: Sin. 39; 13/9: Sin. 213 + Milan A 296 inf Frgm. 3; 13/10: Sin. 234
+ Milan A 296 inf. Frgm. 1; 13/11: Sin. 192; 13/12: Sin. 184; 13/13: Sin. 199; 14/1; Sin. 94;
15/1: Mossoul Evèché chaldéen 2; 15/2: Bartella église St. Georges; 15/3; Berlin Or. Fol.
1616; 15/4: Mardin, église chaldéenne; 15/5: Pampakudn, A. KonathLibr. 77; 16/1 Jérusa-
lem St. Marc 2; 16/2: Leyde Peshitla Inst. 8; 16/3: Mardin Evêché syr, 3/47; 16/4: Prince-
ton, Theological Seminary 14; 16/5: Woodbrooke, Selly Oak Collège Mingana syr. 506,
soit trente-huit lectionnaires dont les plus anciens sont du IX e siècle.
Une autre évolution des éditions touche les manuscrits postérieurs au XII e ' siè-
cle. A3ors qu'ils sont encore rangés dans le travail critique de Gottlieb en 1976, de
T. Jansma en 1977, de J. M. Emerton, de D. J. Lane et de A. D. di Lclla en 1979, ils ne
figurent plus que pour mémoire chez P. B. Dirksen et de P. A H. de Boer en 1978,
chez A. Gelston en 1980 et clans toutes les éditions postérieures. Par conire, les manu-
scrits qui ont une descendance déterminable même récente, sont joints a leur témoin
le plus ancien, en groupe ou en familles. On remarquera en particulier l'édition des
Nombres par A. P. Hayman en 1991. Dans l'étagement des familles de manuscrits, 7a\
n'est plus dans la plus ancienne couche. Six témoins dont un daté de 463 et la famille
de 9«1 permettent de saisir le codex de Milan comme une révision du VIF siècle. Le
fait est unique parmi tous les livres édités.
Comme les sigles sont intimement joints à la nature de leur contenu, il faut
pour apprécier la masse de la tradition joindre les témoins d'un exemplaire dans
l'ordre chronologique à travers tous les sigles. On remarque alors que la liste de 1961
a intégré deux fragments syro-palestiniens de Cambridge dans l'Inventaire de la Pe-
shitta (dpk\ et 7^2) qui évidemment n'émergent pas dans les éditions. Sans les
compter, il reste trois témoins du V e siècle, dont deux sont datés de 459 et de 463
(5/>/il et 5Z>1)! II y en a trente-huit pour le VI e siècle, y compris les sparagmata du Sinaï
jusqu'au VF-VIF siècle, en séparant les parties non homogènes des manuscrits de
Londres, et en comptant les combinaisons comme 6pj\ (Sin. 27 ♦ Mingana syr. 659)
pour un. Pour le VIF siècle, on arrive a trente-neuf, pour le VIII e treize, pour le IX e
quatorze, pour le X e vingt-cinq, pour le XF seize, pour le XTF vingt-trois, pour le X1IF
quatorze, pour le XIV e six, pour le XV e douze, pour le XVF dix-huit, pour le XVIF
quarante-sept, pour le XVIIF vingt-deux, pour le XIX e vingt-quatre et un manuscrit.
Mingana pour le XX e siècle, soit 312 manuscriLs, plus 38 lectionnaires, c'est-à-dire 350
témoins de la Peshitta de l'Ancien Testament. En regard du copte ou même du grec,
ces chiffres sont élevés. P. B. Dirksen et A. Van der Kooj, Tlw Peshitta as a Translation:
Papcrs Rcad at the Second Peshitta Symposium (Leyde, 1995), 219, notent que K. [en-
tier donnera une nouvelle liste pour l'an 2000. P. B. Dirksen, An Annotatcd Biblio-
grapity (Leyde, 1989), 1 19 pages, énumère 532 titres autour de la Peshitta.
L'épluchage systématique des variantes dans cet ensemble démontre avant tout
une stabilité remarquable de la Peshitta, dont le texte est aussi libre par rapport :ï la
Septante que par rapport à l'hébreu. Le nom Peshitta (- simplex) n'a été employé
qu'au IX e siècle pour distinguer l'ancienne traduction de la traduction faite sur le grec.
L'ordre des livres de 7tf 1 est original: Job suit le Pcntateuquc, vraisemblablement
parce qu'il est identifié au Jobab de Gen 10,29. Les Psaumes attribués à David se trou-
vent entre Samuel et les Rois, et les livres sapienliaux suivent 2 Rois, vu qu'ils sont at-
tribués à Salomon. Cette tradition se reflète a Qumrân, dont le seul manuscrit hébreu a
préservé des passages du Pentateuque et de Job, Enfin le livre des remmes (Ruth.Ju-
dith, Esther et Suzanne) suit les Prophètes et précède les Chroniques. Les derniers li-
vres dans le codex ambrosien sont l'Apocalypse de Baruch (ce livre n'est sauvé que
là), le 4 Esdras, Esdras-Néhémie et les quatre livres des Maccabées. L'ordre suit donc la
chronologie des auteurs des livres.
La littérature touchant l'origine de la Peshi;ta est abondante et date de plus d'un
siècle. Elle a été également retracée par P. B, Dirksen and M. J. Mulder, Tlte Peshitta Ils
Early Text and History (Leyde, 1988). L'accord est unanime sur son ancienneté au
moins du IF siècle, ne fût-ce que grammaticalement. La différence entre le syriaque et
l'araméen massorétique de Daniel 5-7 est déjà ténue. D'une manière générale, la Pe-
shitta se comporte comme un targum dépendant de l'hébreu et à mettre sur le même
pied que les targumîm araméens et que la Septante elle-même. Mais pour chaque
livre, le traducteur est différent, d'où une série de travaux. On peut en dresser les prin-
cipales étapes rattachées à des noms célèbres chez les spécialistes.
fl '
interi'retation oftiie bible
En premier lieu il s'avéra très tôt que la PeaWtta possède des concordances re-
marquables avec les targums. J. Perles, Meletemala Peschittoniana (Breslau, 1855), 26-
45. J. M. Schônfelder, Onkelos und Pescititta: Studien iiberden Merdes Onkelos'schen
Targums (Munich, 1869). A. Sperber, -Peschitta und Onkebs., dwsjewish Studies in
Memory ofG. A. Kohut (New York, 1935), 554-564. j. Prage.-De Veteris Testamenti ver-
sione quan Peschiita vocani questiones criticae (Gôttingen, 1875) voit dans le Penta-
teuque de la Peschiita un targum palestinien du II e siècle avant j. C. transporté en Mé-
sopotamie, traduit en araméen oriental et débarassé de son caractère paraphrastique.
11 est suivi par A. Baumsiark, «Wege zum Judentum des ncuteslamentlichen Zeitalters»,
dans BonnerZeitschriftfûr néologie und Seelsorge 4 (1927), 30-34. Le transfert en Mé-
sopotamie aurait eu lieu lorsque Hélène d'Adiabène se convertit au judaïsme sous
l'empereur Claude. P. Kahle, Massoreten des Western, tome 2 (Stuttgart: W. Kohlham-
mer, 1930) trouva confirmation d'un targum palestinien dans les restes de la Geniza du
Caire. A. Baumstark, .Peschitta und palastinensisches Targum., dans Biblische Zeit-
schrift 19 (1931), 257-270, considère la Peschiita comme témoin d'une transmission
complexe aboutissant aux fragments de la Geniza d'une part, et au Targum Jerushalmi
de l'autre. C. Peters, .Peschitta und Targumim des Pentaieuchs: Ihre Beziehungen
untersucht im Rahmen ihrer Abweichungen vom massoretischen Texf, dans Muséon
48 (1935), 1-54; idem, .Pesitta-Psalter und Psalmentargum., MusÊon 48 (1935), 275-
296; idem, «Zur Herkunft der Pesïtta des ersten Samuel-Buches-, dans Biblica 22
(1941), 25-34, approfondit l'analyse et l'étend aux Psaumes et à Samuel. Enfin pour
P. Kahle, The Cairo Geniza (Londres, 1947), 179-197, la Peshitta est un targum syria-
que sur le même pied que la Septante. Il revient sur la judaïsation de l'Adiabène sous
Izatès 11 d'Adiabène. Pour l'antiquité extrême de la chrlstianisation d'Arbèles, il se base
sur la fameuse Chronique d'Arbèles, dom l'authenticité a été fortement suspectée par
les meilleurs spécialistes. Les coïncidences avec le Targum peuvent cependant avoir
d'autres explications, comme l'écrit notamment déjà dans sa dissertation P. A. H. de
Boer, Research into the Text o/Sam. 1-16 (Amsierdam, 1938). Les coïncidences de la
Peshitta avec les Septante ont suscité tout autant de travaux A. Vogel, .Studien zum Pe-
sïtta-Psalter, besonders im Hinblick auf sein Verhâltnis zu Septuaginta», dans Biblica 33
(1951), 33-51, 198-231, 336-363, 481-502, constate que nulle part on ne peut supposer
que la Pesïtta a réellement utilisé la LXX. Une révision sur la Septante ne serait pas a
exclure. Pour chaque livre de la Bible, il existe une série de travaux reflétant la même
discussion de base. Leurs auteurs et leur titres figurent dans L. Haefli, Die Peschitta des
Atten Teslamentes (Munster, 1927), 23-60, et J. van der Ploeg, .Récent Pesitta-Studies
(since 1927)., dans Jaarbericht Ex Oriente Lux 10 (1945-1948), 392-399. L'analyse dé-
taillée des thèses soutenues remplit les colonnes 843 à 848 de l'article d'A. van Puyvel-
de dans le Suppl. au Dictionnaire de la Bible en 1957, où quarante-sept publications
L
met,,! ™„ ESIIROF. OT, LES VERSIONS ORI ENTALES DE LA BIBIB UNE ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE
sont analysées dont la plupart restent très valables aujourd'hui. Notons qu'aujourd'hui
plus personne n'essaye de revendiquer des circonstances historiques aussi précises
pour la naissance de la Peshitta.
On aura remarqué l'absence de Daniel, Jérémie et du Livre des femmes dans
l'édition de Leyde. R. A. Taylor, Ttie Peshitta of Daniel (Leyde, 1994) [344 pages et une
bibliographie de 5rt0 litres où on remarquL-ra hi dernière section Technique de Tra-
duction» avec 34 titres], passe les variantes de Daniel au peigne fin. Dans sa préface, il
insiste sur l'importance des nouveaux papyrus grecs trouvés en Egypte, où l'ordre des
chapitres est chronologique contrairement au texte massorétique. Et il annonce en
même temps que l'Institut de la Peschitta de Leyde espère achever l'oeuvre en 2000.
b) La Syrohexaplaire
La tradition manuscrite de la Syrohexaplaire est à peine moins ancienne que
celle de la Peshitta. Cette nouvelle traduction est basée sur la cinquième colonne des
Hexaples d'Origène. Elle s'imposait du seul fait que les Scpiame servaient de norme.
Ele est attribuée par les auteurs syriens à Paul de Tclla qui l'aurait traduite a Alexandrie
en 615-617. Les manuscrits ne lui attribuent que la traduction du Livre des Rois. Déjà
A. Baumstark, Geschichte der syrischen Literatur (Bonn, 1922), 186, note 12, en citait
dix-huit manuscrits. Le codex le plus important est le tome 2 d'une Bible entière du
IX"-' siècle, celle de Milan, Ambrosienne C 313, éditée par A. M. Ceriani, «Codex syro-
hexaplaris Ambrosianus photographiée editus», dans Momtmeula sacra et profana,
tome 7 (Milan, 1874). Elle contient les Psaumes, Job, les livres sapientiaux avec Ba-
ruch, les Lamentations, la lettre de Jérémie et les appendices de Daniel. Appartient
également a la syro-hexapîaire le texte des Juges le plus anciennement utilisé pour
une publication par A. Masius./oswt? imperatorts liistoria iltustrata atqtte explicata
(Anvers: Plantin, 1574). Longtemps, on s'est représenté que le manuscrit utilisé par
A. Masius pour Josué devait être le tome 1 de l'in-folio de Milan. Ce grand manuscrit
serait depuis lors irrémédiablement perdu. Il aurait d'ailleurs contenu également des
parties du Pentateuque, utilisées dans les tomes 6 et 7 de la polyglotte d'Anvers sous
le titre «Syrorum peculîum» ou index. W. Baars, New Syro-Hexnplaric Texts Edited,
Commented upon and Compared with the Septuagint (Leyde, 1962) estime que A. Ma-
sius a très bien pu utiliser un manuscrit ne contenant qu'un livre, car ceux-ci sont
nombreux. Le codex de Milan a suscité de nombreux travaux anciens. Spécimen inedi-
tae et hexaplaris bibliontm versionis syro-eslltrangelae cum Simplici atqtte utriusqtte
fontibus graeco et hebraeo collatae, cum duplici lat. vers, ac notis, edidil ac diairibam
de rarissimo codice Ambrosiano unde illud haustum est praemisit J. B. [- Bruns] de
Rossi (Parme, 1778). M. Norberg, Codex syriaco-hexaplaiis ambrosianus - mediola-
nensis editus est et latine versus (Londres, 1787). C. Bugatus, Daniel secundum edi-
INTERPRETATION OFTHE BIBLE
lionem LXX ittterprctum ex letraplis desumptam ex coclice syro-esthrangelo biliolliecae
ambrosianae s)>riace edidit, latine vertu, praefationc notisque criticis illustravit (Mi-
lan, 1788); idem, Psalmisec éd. LXX interpretum qttos ex cod. syr. esthrang. Bibl. Am-
brosianae syriace imprimendos atrauit (Milan, 1798, 1820). H. Mickleldorpf, Codex
syriaco-hcxaplaris Liber quartus Regttm e codice parisiensi, Jesaias, duodecim prophe-
tac minores, Proverbia, Joints, Cantiatm, Threni, Ecdesiastes e codice mediolanensi
edidit et commentariis illustravit (Berlin, 1835). Le codex de Paris syr. 27, du VIII e siè-
cle, avait déjà été édité par J. G. Masse, Libri IV Regttm (Jena, 1782). T. S. Rûrdam, Libri
Jttdkum et Rutli secundum versionem syriaco-hexaplarem ex codice mttsei brilamiici
mmeprimum editi graece translali notisque illustrât! (Copenhague, 1859-1861) uti-
lise le Brit. Libr. 17103, du Vll! e siècle. Avant son édition photographique, A. M. Ceriani,
Monumenta sacra et profana, tome 1: Barttch, llireni et Epistola Jeremiae versiones
syriacae Pauli Telensis attn notis et initio prolcgomenôn in intégrant eittsdem versio-
nis editionem (Milan, 196l); tome 2: Pentatcttchi syrohexaplaris quae supersunt cum
notis accédant nonmila alia fragmenta syriaca (Milan, 1863), utilise les manuscrits de
Londres Add. 14442 (VIF siècle) et 12134 (daté de 697) pour l'Exode. Enfin P. de La-
garde, Vcteris Testament! ah Origine recensai fragmenta apud Syros servata quinque,
praemirtitur Epiphanii de menstiris et potideribtts liber mine primum integer et ipse
syriaais (Gôttingen, 1880) édite l'Exode, les Nombres, Josué, et les Rois d'après l'Add.
14137 pour les Nombres, Add. 12133 pour Josué, et Add. 14437 pour les Rois, tous du
VIII e siècle. A. Rahlfs republia l'ouvrage dans une meilleure typographie: P. de I.agar-
de, Veleris Testament! graeci in sarmonem syriacum vvrsi fragmenta octo (Gôttingen,
1892). Il y reprend aussi dans le détail tout ce qui est récupérable dans l'oeuvre de
A. Masius. Enfin le texte est complété d'après l'Add. 7145 du IX e siècle par J. Gwynn,
Remuants qf tlte Later Syriac Version of tlw Bible (Londres, 1909), part II: Exlracts
from tlte Syro-I lexaptar Version ofthe Sepluagint.
Si on fait le compte des éditions rencontrées jusqu'ici neuf manuscrits du VII e
au IX e siècle ont déjà été largement utilisés. W. Baars, en 1962, en indique encore dix-
huit autres, dont aucun n'est antérieur au VIII e siècle. Le Tobie du Wadi Natmn 27
(VIII e siècle), est publié en colonne parallèle dans le volume IV, 6 de la Peshitta de Ley-
de en 1972. Aux témoins directs de l'hexaplaire syriaque, il faut joindre sept lection-
naires. D'après le ms. Add. 12168 certains textes sont édités par C. G Torrey, «Portions
ofthe Eirst Esdras and Nehemia in the Syro-Hexaplar Version», Ams American Journal
ofSemitic Languages and l.iteratitres 23 (1906-1907), 65-74. Parmi eux, les mss Add.
14485, 14486 et 14487, datés de 824, sont publiés par M. H. Gottstein, «Neue Syrohexa-
plarfragmente», dans Bibtica 37 (1956), 162-183- Le lectionnaire de Mardin 2 / 47, daté
de 1569, est la principale source de l'édition complémentaire de 24 lectures par
\V. Baars, New Syro-Hexaplaric Texts (Leyde, 1968), où un chapitre résume la question
MM ~ «««<>**. LES VENONS OR.ENTALES DE U BIHLE: UNE ORIENTATION BIOGRAPHIQUE
des manuscrits. On trouve des leçons de I'Hexaplaire chez Denys bar Salibi dans les
gloses marginales de manuscrits de la Peshitta et chez Jacques d'Édesse, dont huit
manuscrits ont transmis l'oeuvre de traduction vers 705. Ceci est décrit au mieux par
W. Baars, «Ein neugefundenes Bruchstûck aus der syrischen Bibelrevision des Jakob
von Odessa-, dans Vêtus Testamentum 18 (1968), 548-554. Parmi les nombreuses dé-
couvertes de A. Vôôbus, deux manuscrits syrohexaptaires ont été reproduits en fac-
-similé: un Pentateuque de Midyat, maintenant aux Etats-Unis, et daté de 1204- A Vô-
ôbus, The Pentateuch in the Version ofthe Syw-Hexapla: A Facsimile Édition ofa Midy
atMS. Discovered J964 (CSCO 369: Subsidia 45; Louvain, 1975); idem, VteBook ofisa-
iah in the Version ofthe Syro-Hexapla.- A Facsimile of MS. St. Mark 1 ir, Jérusalem
(CSCO 449: Subsidia 68; Louvain, 1983).
c) Le Nouveau Testament en syriaque
Dans ses grandes lignes, le Nouveau Testament en syriaque se réduirait égale-
ment à la Peshitta et a une révision sur le grec faite par Thomas de Harqei en 6l6 qui
travailla dans le même monastère de l'Enaton où Paul de Telia aurait réaligné sûr le
grec l'Ancien Testament, Il y a cependant en plus une Ve.us Syra qui porte des tnces
vives du Diatessaron de Tatien. Cette -Harmonie, qui compile les quatre évangiles en
un seul récit date de la seconde moitié du II e siècle. Bien que l'original en soit perdu -
on ne sait même pas s'il fut rédigé en syriaque ou en grec - il en existe un grand
nombre de versions parfois très éloignées de leur centre de diffusion, et des citations
d'auteurs anciens pas seulement en syriaque mais aussi dans d'autres langues On
donnera d'abord une bibliographie sur le Diatessaron, et ensuite sur la Vêtus Syra e.
ses problèmes. En dernier lieu on s'occupera des problèmes de la Peshitta et de l'Har-
qléenne.
aa) Le Diatessaron
Bien qtte l'on ne sache pas exactement quand Tatien a composé son harmonie
des évan gl |es. avant ou après son retour dans sa Syrie natale en 172, ni même s'il l'a
composée en syriaque ou en grec, l'existence de l'ouvrage est hors de doute même si
seulement quatorze lignes grecques en ont été retrouvées à Doura Europos en 1935-
C. H. Kraeling, A Greek Fragment ofTatianï Diatessaron from Dura (Londres 1935)
Sur les témoignages anciens sur Tatien. T. Zahn, Talians Diatessaron (Erlangen 1881)
220-292, a rassemblé toute la documentation. Le contenu du Diatessaron se mesure'
de trois manières: le commentaire qu'en a donné Éphrem le Syrien avant 373 en en
citant de gros extraits, les traductions vernaculaires d'harmonies dans les langues les
plus diverses, et les citations évangéliques d'auteurs anciens.
Le commentaire syriaque et le commentaire arménien ont été publiés par L Le-
INTERPRETATION OFTHE BIBLE
loto Chonologiquement, le texte arménien avait été édité d'abord par j. B. Aucher à
Venise en 1876. Le texte est repris par L Leloir, Saint Éphrem: Commentaire de levan-
te concordant: Version arménienne éditée et traduite (CSCO 137 et 145; Louvain,
1953) Le ms 312 de Venise (1195) a le mieux préservé le texte, qui passe pour une
.raduction ancienne faite sur le syriaque. Ensuite L Leloir, Saint Éphrem: Commen-
taire de Nvanglle concordant: Texte syriaque (Manuscrit Chester Beatty 709) édité et
traduit (Dublin, 1963) et à nouveau L. Leloir, Saint Éphrem: Commentaire de Vévan-
gSe concordant: Texte Syriaque (Manuscrit Chester Beatty 709): Fohos additionnels
(Louvain / Paris: Peeters, 1990). La raison de cet étrange ordre de parution dent à la
découverte d'une trentaine de manuscrits a Notre-Dnme-des-Semences au Wad, Na-
trûn vers 1952. Le manuscrit, qui fut siglé 31 par Murad Kamil, disparut et refit surface
par morceaux séparés chez des antiquaires. Les 65 premiers feuillets Turent acqu.s d'à-
bord par Chester Beatty en 1957. Quarante-un autres feuillets furent acquis seule-
ment en 1986 et un se trouve à Barcelone. 11 en manque encore 26 qu, pourraient
éventuellement être retrouvés chez quelque vendeur. Déjà, L Leloir, le Témoignage
d'Éphrem sur Se Dialessaron (CSCO 227= Subsidia 19; Louvain, 1962) commença â con-
fronter les leçons d'Éphrem avec la vaste tradition des .Harmonies- évangëliques. La
description la plus complète de cette variété vernaculaire du Dialessaron a été donnée
par C Peters, Das Dialessaron Talions, seine Oberlieferung und sein Nachwirken m
Morgen- und Abendland, sowie der heutige Stand seiner Erforschung (Rome, 1939) à
compléter par idem, «Neue Funde und Forschungen zum Diatessaron.. dans B,bhca 23
(1942) 68-77. Le meilleur témoin au vu de l'Éphrem syriaque est G. Mess.na, D.otesso-
ton rersiano (Rome, 1951), qui se base sur un manuscrit de Florence copié en 1587 à
partir d'un modèle du XIII' siècle, lui-même traduit d'un Diatessarcn syriaque aujour-
d'hui perdu. En deuxième place intervient le Diatessaron moyen-néerlandais traduit
W r un modèle latin, lui aussi disparu: C. C. de Bruin et A. j. Barnouw, Diatessaron leo-
dtense (Corpus Sacrae Scripturae Neerlandicae Medii Aevi. Séries minor: Harmonie
Evangellorum 1; Leyde, 1970). La même année dans la même série et du même auteur
ont paru le Diatessaron Haarense (2) et le Diatessaron Cantabrigiense (3) ainsi que
C Gerhardt, Diatessaron Theodisatm (4). En arabe, on a A.-S. Marmardji, Diatessaron
de Tatien (Beyrouth, 1935). En vieil italien V. Todesco, A. Vaccari et M. Vatasso, BDt*
tessaron in volgare italiano (Vatican, 1938). En vieil anglais M. Goates, Tlw Pepys.an
Gospel Harmony (Londres, 1922). C'est un paradoxe de l'histoire que le texte original
du II e siècle ait totalement disparu, alors qu'il est sur-représenté par tant de versions.
bb) La Vêtus Syra
W. Cureton, Remains ofa Very Ancient Recension ofthe Four Gospels in Syriac
HithertO Unknown in Europe (Londres, 1858) faisait connaître le texte du ms. Add.
MtM ™- FSRROECK, LES VERStONS ORIENTALES DE ] A Bl HU-: UNE ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE
14451 dans une écriture du V e siècle. On en découvrit trois feuillets a Berlin Or.
Quarto 528. L'ordre est Matthieu, Marc, Jean et Luc. De son côté, en 1892, A. Smith-
-Lewts découvrit dans l'écriture sous-jacente du ms. Sinaïtique syriaque 30, dont l'écri-
ture supérieure est datée de 708 (et non de 778 comme il a été longtemps supposé:
H. Husmann, «Die syrischen Handschriften des Sinai-Kloster: Herkunft und Schreiber»,
dans Osthirchliclw Studien 24 [19751, 298), une autre version syriaque antérieure à la
Peschitta. F. Burckiit, Evangclion da-Mepharreshe, 2 vol, (Londres, 1904) donna une
nouvelle édition de la «Curetoniennc en y incluant les feuillets de Berlin et les leçons
du sinaïtique. A. S. Lewis, Tlie Old Syriac Gospel or Evangelion da-Mephairesche (Lon-
dres, 1910), donne à l'inverse la sinaïtique avec les leçons de la Curetonienne en note.
Le palimpseste étant difficile à déchiffrer, il y a des suppléments de A. S. Lewis, Addi-
tions and Emcndations Collectée! from the Manuscripl in 1897, 1902 and 3906 (Cam-
bridge, 1913). 11 n'est même pas certain qu'il faille voir dans les deux textes une seule
recension. Les divergences sont nombreuses. Elles représentent lout-au-plus diffé-
rents stades du rapprochement progressif avec le grec. Les leçons de la vieille syri-
aque sont à l'origine des spéculations sur une vieille arménienne perdue (celle qui
nous reste est refaîte sur le grec) laquelle transparait encore dans des variantes géor-
giennes d'Adysh autrement peu compréhensibles. On peut évidemment se poser la
question: les évangiles ont-ils été les seuls à connaître le stade archaïque de la Vêtus
Syra'! J. Kcrschensteiner, Der allsyrische Pauiustext (CSCO 315: Subsidia 37; Louvain,
1970), répond négativement en rassemblant 687 citations de Paul reprises dans
quinze auteurs et ouvrages syriaques parmi les plus anciens. Le corpus choisi pour
l'analyse se distingue en ceci qu'il esi foncièrement syriaque: aucun de ces textes n'est
une traduction. Ephrem y a naturellement la pari du lion.
ce) La Peshitta du Nouveau Testament
Plus que dans le cas des autres versions, la transmission de la Peshiua impres-
sionne par son abondance et son antiquité, et non moins par l'ancienneté de sa tra-
dition imprimée. La littérature syriaque de E. Nestlé compte onze publications com-
plètes au XVI e siècle et six partielles. L'édition la plus ancienne est celle de J. A. Wid-
manstadt et M. Mardinensis, Liber sacrosancti evangelii dejesu Christo domino et deo
noslro . . . div. Ferdinando Rom. Imperatoris désignât! jussu et liberalitate characteri-
bus et lingua syra . . . scriplorio prelo diligenter expressa (Vienne, 1 555). Comme dans
la plupart des manuscrits de la Peshiua, les quatre petites lettres, 2 Pi, 2 et 3 Jn et Jude
et l'Apocalypse n'y sont pas présentes. La lacune est comblée par Ludovicus de Dieu,
Apocatypsis s. Johannis ex mantisaipto exemplari t? bibliotheca clariss. viri Josepbi
Scaiigeri deprompto, édita ebaractere syro et ebraeo cum norsione latina et notis (Ley-
de: Elzevier, 1627); et E. Pockocke, Epistolac quattttor. Pétri secundo, Johannis secun-
iNTi-nrnrrATioN ofthe bible
da et tenta, et Judae fratris Jacobi una, ex celeberrimae bibliothecac Bodleianae Oxo-
tiiensis ms. exempiari mine primum depromptae cl charactere hebraeo, versione Sati-
na notisque quibusdam insignitae, opéra et studio (Leyde, 1630). Le manuscrit de
Pockocke est le Bodl. Or. 119, copié vers 1610 a Alep pour P. Pindar. On trouvera chez
E. Nestlé une vingtaine d'autres éditions avant 1880, sans compter trente-six publica-
tions partielles depuis 1600. Avec G. H. Gwilliam, The Materials of the Pcshitto New
Testament, with Spécimens of the Syriac Massorah (Studia biblica et ecdesiasiica 3;
Oxford, 1891), on entre dans les premiers essais d'édition critique. Il utilise quarante-
deux manuscrits dont cinq des V e -VF siècles, cinq manuscrits datés de 548, 586, 600,
615 et 634, une dizaine de manuscrits des VF-VIF siècles, trois du VII e , trois du VIII e
et quatre du IX e siècle, soit trente manuscrits avant 900, mais son texte ne diffère
quasi pas de l'édition de J. A. Widmanstadt en 1555, tant le texte s'avère stable. L'édi-
tion parut sous les noms de P. E. Pusey et G. H. Gwilliam, Tctraevangelium sanctum
juxta simpticem Syrorum versionem (Oxford, 1901). F. C. Burkitt, Early Eastern Chri-
stianttv (Londres, 1904), qui venait de rééditer la Curetonienne la même année, en ti-
rait des conclusions historiques de grande portée. La Vie de Rabboula d'Édesse (t435)
raconte en effet que ce grand évêque écarta le Diatessaron comme lectionnaire dans
les églises et le remplaça par les évangiles séparés. La stabilité de la Peshitta, l'impo-
pularité de la Vêtus Syra et le succès du Diatessaron parurent à Burkitt des indices
suffisants de ce que la Peshitta venait de Rabboula lui-même. Entretemps, J. Gwynn,
11w Apocalypse of St. John in a Syriac Version llitherto Utiknown (Dublin / Londres:
llodges Figgis, 1897) publiait l'Apocalypse sur le ms. Crawford II, du XII e siècle, aussi
utilisé par G. H. Gwilliam, en considérant cette traduction comme celle demandée au
cliorévêque Polycarpe par Philoxène de Mabboug vers 508. De même, J. Gwynn, Rem-
uants ofthe Later Syriac Versions ofthe Bible (Londres: William et Norgate, 1909) pu-
bliait les quatre petites lettres sur vingt manuscrits. Son plus ancien témoin, Brit. Mus.
Add. 14623, est daté de 823; deux autres sont du IX e siècle (Add. 14473 et 14474); un
du X e (Add. 14865). Deux manuscrits du VI e siècle ont été complétés, l'Add. 17115 au
IX e -X e siècle et le Sinai 5 au XVIII e siècle. Les autres manuscrits plus récents provien-
nent de possesseurs privés. A. Allgeier, «Cod. Phillips 1388 in Berlin und seine Bedeu-
tung fur die Geschichie der Pesitta-, dans Oriens Christiamts 39 (1932), 1-15, consta-
tait que ce codex, mentionné comme Meersmanianum chez G. II. Gwilliam, et qui
date d'environ l'an 500, contient soixante-dix leçons de la sinaitique. La surprise des
spécialistes fut grande et le manuscrit devint célèbre comme rémanence de traces an-
ciennes dans la Peshitta. De 1932 a 1987, A. Vôôbus s'attacha a clarifier ce problème.
A Vôôbus, Sludies in the History ofthe Gospel Texl in Syriac (CSCO 128; Louvain,
1951), démontre d'abord que dans les citations du codex le plus ancien daté, Add.
12150, de 411 / 412, donc bien avant Rabbula, les leçons de la Peshitta interviennent
MMM m Esimar.cK, LES versions orientales de LA Bmi.n: une orientation mni.iOGRAHnQUE
déjà; et en second lieu, que Rabbula lui-même, traduisant vers 433 un ouvrage de
Cyrille d'Alexandrie. là où il s'écarte de son modèle grec, emploie des variantes de la
Velus Syra. A. Vôôbus, Studies in the History ofthe Gospel Text in S)riac: New Contri-
butions to the Sources Elucidating the History ofthe Traditions (CSCO 496; Louvain,
1987) réexamine à fond les quarante-deux manuscrits de G. H. Gwilliam, et leur ajoute
vingt-sept témoins supplémentaires, plus trente-six lectionnaires. I! note encore trente-
-neuf manuscrits des Actes et seize lectionnaires des mêmes. S'appuyant enfin sur dix-
huit manuscrits des Odes pour les hymnes de Luc, A Vôôbus a tenté de tracer des
lignes de recherche dans pas moins de 255 manuscrits se rattachant à première vue il
la Peshitta, En premier lieu, A. Vôôbus constate que la stabilité du texte de G. H. Gwil-
liam provient de manuscrits plus complets que les plus anciens. Arrivés ensemble d'E-
gypte au British Muséum, et au X 1 ' siècle, de Mésopotamie en Egypte, ils reflètent une
stabilité réduite à une douzaine de manuscrits, au VI e les Add. 12140 et 14461, au VI e -
VII e siècles les Add. 14458, 14457, 14452 et 12141; au VII e siècle les Add. 14463, 14450,
et 14448 et l'Add. 14471 daté de 615, enfin les Add. 14451 et 14456 du VIII e siècle.
Leur origine géographique commune explique ce consensus. Il constate que pour
plusieurs témoins hors du British Muséum, G. H. Gwilliam a dû se contenter des col-
lations faites par d'autres. Ainsi d'abord pour le codex Phillips 1388, mais aussi pour
Oxford Dawkins III du VF siècle, pour le Paris ar. 296 d'une écriture du V e siècle, pour
le Vat syr. 12, daté de 548, celui de Wolfenbûttel daté de 634, le ms. de Florence Plut. I
56 daté de 586. Quant aux manuscrits les plus anciens du Brit. Muséum, ils sont évi-
demment incomplets: Add. 14459, 17117, 14463 et 14470 des V e -VI e siècles. Prolon-
geant l'initiative de A. Allgeier, A. Vôôbus cueille dans tous ces témoins des leçons de
la Vêtus Syra, voire des Tatiantsmes caractérisés. Il leur ajoute le ms. de Tell Keff écrit
vers 600, celui de Diyarbakir Orth. 1/2 vers 550, celui de Basaranlar I des V e -VF siècles,
et ainsi pour vingt-sept témoins supplémentaires. De cette manière, A. Vôôbus dé-
montre que l'édition de la Peshitta et l'histoire de son origine ont à être établies sur
des bases radicalement nouvelles.
B, Aland, Das nette Testament in syrischer Oberlieferuug h Die grofien katholi-
schen Briefe (Berlin / New York: \V. de Gruyter, 1986), ne connaît encore que le pre-
mier tome de A Vôôbus, et garde une cenaine réserve sur la radicalité de sa thèse.
Bien que la version harqléenne soit ici prise en considération sur le même pied que la
Peschitta, celle-ci n'en demeure pas moins intégralement représentée sur la base de
neuf manuscrits, dont deux, les mss Add. 14470 (V e -VI e siècles) et 14448 (699/700)
étaient déjà utilisés par G. H. Gwilliam pour les évangiles. Les autres manuscrits, Add.
1772], 14473 et 17120 sont du VI e siècle, les mss Add. 14472 et 18812 des VF-VIF siè-
cles. Le ms. Sinaitique 53/5 est des VF-X L " siècles et le Vat. Syr. 266 des VIF-VIIF siè-
cles. On le voit, l'antiquité de la transmission n'est pas moins impressionnante que
INTERPRETATION OFTHE BW1.0
MfeM ™- KSOKOECK, LES VERSIONS ORIENTALES DE LA BIBLE UNE ORIENTATION JimUOCRAPIUQUE
pour celle des évangiles. À ces témoins s'ajoutent six manuscrits de la Massore occi-
dentale du IX e au XII e siècle, permettant de place à coup sûr les voyelles. Vu te déve-
loppement des témoins dans les citations, une place non moins considérable est dé-
volue aux citations des auteurs dans la tradition syriaque. B. Aland et A. Juckel, Dos
nette Testament in syrischer Ûberliefentng II: Die paidinischen Brie/e, Teil 1: Rome,--
und 1. Korintherbrief (Berlin / New York: W. de Gruyter, I99D et Teil 2; Korinther-
brief, Galaterbrief, Ephesusbrief, PlritipperbriefundKolossâerbrief(BerYxn / New York:
W. de Gruyter, 1995) est basé sur les mêmes principes. La base manuscrite est à nou-
veau exceptionnelle. Le fragment de l'Ambrosienne 30, Rom 10,9-11,6 est du V e siè-
cle. Quatre manuscrits sont du VI e siècle: le ms. Sin syr. 5, les Add. 14475, 17122 et
Munich syr. 8; trois des V<=-Vl e siècles, les mss Add. 1447$, 14480 et 14470, le dernier
figurant dans la liste de G. G. Gwilliam pour les évangiles; deux des Vl e -VII e siècles,
les Add. 14477 et 14481, l'Add. 171 57 daté de 767/768 utilisé aussi par G. IL Gwilliam,
l'Add. 14479 daté de 845 et le VaL Syr. 16 du XIII e siècle. On aura une idée de l'impor-
tance des citations en prenant par exemple Phil 2,7 dans le dernier volume, 352-355,
où le verset ne compte pas moins de 132 citations, incluses celles de l'Harqléenne
dont il faut maintenant signaler la tradition non moins mouvementée.
dd) La Philoxénienne et la Harqlccnne
Depuis longtemps, la version de Thomas de Harqel a été éditée par J. White, Sa-
crorum Evangeliorwn versiosyriacaPhiloxenianaexcodd. Ridleianis in bibl. Coll. Non
Oxon. reposais nutic primum édita atm interprctalionibits et amwtationibus (Oxford,
1778), sur la base du ms. Oxford, New Collège 333, du XI e siècle, complété par le ms.
de Cambridge Univ. Libr. 1700, daté de 1 169/70. La suite parut peu de temps après:
J. White, Actuum Apostolorum et Epistolarum tam catholicartim quant paulinantm ver-
siosyriaca Philoxeniana excodice ms. Ridleiano mtneprimum édita atm interprétatif
ne et annotationibns, tome 1 (Oxford, 1799) et tome 2 (Oxford, 1802). Comme le mon-
tre ce titre, J. White était persuadé de publier la traduction de la Bible par Phibxène de
Mabboug en 508, alors que Thomas de Harqel donne sa version en 6l6. Le rapport
entre ces deux traductions distantes d'un siècle a été récemment élucidé par S. P. Brock,
<The Resolution of the Philoxenian/Harclean Problem», in New Testament Textual Citi-
cism: Essays in Honour ofB. M. Metzger (Oxford, 1981), 325-343. Tout dépend du colo-
phon du manuscrit principal, où l'on apprend tout d'abord que le chorévêque Poly-
carpe fit une correction de la Peshitta à la demande de Philoxène de Mabboug en
507/508. Ensuite, dans le monastère de l'Enaton à Alexandrie en 6l6, Thomas de Harqel
retraduisit le Nouveau Testament en le révisant drastiquement sur un modèle grec La
lecture du colophon ne laisse point de doute que le texte de Philoxène a servi de base à
la réinterprétation de Thomas. La «philoxénienne» de J. White est donc toujours à cher-
cher. En fait, l'examen des citations de Philoxène lui-même amène à constater que la
correction demandée par l'évêque de Mabboug se limite à quelques termes sensibles
de la polémique christologique de son époque. D'une certaine manière, la Philoxéni-
enne n'a jamais existé. Le texie harqlécn calque si bien le grec, que déjà C. Amphoux,
■La parenté textuelle de Syh et du groupe 2 138 dans l'Épître de Jacques», dans Biblica 67
(1981), 259-271, identifiait le groupe grec dont Thomas dépend. B. Aland, dans les trois
tomes déjà mentionnés pour la Peshitta, confirme cette constatation en terminant les
différents livres pas une rétroversion grecque de l'Harqléenne, et en précisant encore
la position de Thomas dans le stemma grec du Nouveau Testament. Pour l'édition de
l'Harqléenne, B. Aland emploie outre le ms. d'Oxford et de Cambridge utilisés par
J, White, les mss Brit. Mus. Add. 14474 du IX e siècle, le ms. Syr 37 de Saint-Marc de Jéru-
salem (VIH e -IX e siècles) et les lectîonnaires Add. 12134 (XI e siècle), et Mardin Orth. 47
et 48, ces deux derniers ayant été reproduits en entier par A. Vôôbus, Tlie Lcctionary of
the .\ tonastery of'Azîzâ'êl in Tur 'Abdin, Mesopotam ta: A Startling Depasitory ofthe Sy-
ro-Ilexapta Texts.A Facsimile Édition o/MS. Mardin Orth. 47 (CSCO 466: Subsidia 73;
Louvain, 1985), et A. Vôôbus, A Syriac Leclionar)> front the Clutrch of the Fourty Martyrs
in Mardin, Ti'ir'Abdin, Mésopotamie! (CSC0485: Subsidia 76; Louvain, 1986). W. Stroth-
mann, «Die Handschriften der Hvangelien in cler Versio Heraclensis», in R. Schultz et
M. Gôrg, Lingtta restittila orientalis: Festgabefûrjulius AJSfalg (Wiesbaden: O. Harras-
sowiiz, 1990), 367-375, a montré que Denys bar Salibi a encore davantage hellénisé les
noms propres de l'Harqléenne, la langue calquant de plus en plus le modèle grec en
dépit de la logique sémitique des noms propres. A. Vôôbus a donné également une
édition d'une traduction harqléenne de l'Apocalypse: A. Vôôbus, Vie Apocalypse in the
Harklean Syriac Version: A Facsimile Édition o/Midyat Orth. 35 (CSCO 400: Subsidia
56; Louvain, 1978). Il faut attendre la suite de l'édition de B. Aland pour la fin des épîtres
de Paul et pour les Actes des Apôtres, dont trente-neuf manuscrits étaient déjà repérés
par A. Vôôbus. Ceux-ci se répartissent en un manuscrit du V e -VI e siècle, le ms. Add.
14470, qui est le témoin 17 de G. H. Gwilliam. Trois autres du VI e siècle, les Add. 14473,
17120 et 17121, et deux des VI e -VII e siècles Add. 14472 et 18812 terminent la série an-
cienne du British Muséum. Un seul autre témoin du IX e siècle, l'Add. 14474 a ceci de
remarquable qu'il a transcrit la Peshitta et l'Harqléenne. Tous les autres manuscrits ap-
partiennent à d'autres fonds. Une douzaine d'entre eux date d'avant le XII e siècle et une
autre douzaine est postérieure. Quelques manuscrits plus fragmentaires appartiennent
encore à des dates plus anciennes. Une dizaine de ces manuscrits contiennent le Nou-
veau Testament en entier et devrait de ce fait parachever l'édition de P. E. Pusey. Les
proportions touchant les Actes (six contre trente-trois) sont probablement celles
qu'une enquête plus complète sur les évangiles ferait apparaître, où trente manuscrits
proviennent du fonds archaïque de la British Library.
INTERPRETATION OETHE BIBLE
Mlch.1 mn FSDKOECK, LES VERSIONS OR] ENTALES DE LA Bl BLE' UNE ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE
W
Il faut encore mentionner l'édition de G. A. fSiaz, Comparative Edition ofthe
Syriac Gospels, Aligning ihe Siraiticus, Curetoniamss, PeSMttâ and Harkleian Versions
(Leiden / New York / Kôln, 1996) en quatre volumes, un pour chaque évangile. On y
trouve commodément les différences des textes. Sans commentaire ni citations.
d) La Bible syro-palcstinicnnc
L'ensemble des textes syro-palestiniens se divise nettement en deux périodes:
l'ancienne du V e au VIII e siècle et une nouvelle des XI e -XIII e siècles, à une époque où
la langue n'était plus vivante, mais servait de support à la liturgie melkite. La période
ancienne est reconstituée grâce à un travail acharné sur des manuscrits le plus sou-
vent palimpsestes et difficiles à lire, dispersés très tôt dans des fonds qui rendent la
recomposition des manuscrits particulièrement ardue. Tous les fragments ainsi récu-
pérés n'excèdent probablement pas de beaucoup une vingtaine de manuscrits à l'ori-
gine. L'ancienne période est corroborée par des inscriptions datées dans des mosaï-
ques d'églises palestiniennes dégagées lors de fouilles. Quasi symbolique est la photo
qui orne la couverture du catalogue du nouveau fonds sinaitique par S. 1'. Brock en
1995, qui présente un palimpseste doublement syro-palestinien. L'alphabet syro-pale-
stinien a un style propre qui permet de le reconnaître aisément. Son apparition est un
phénomène récent du V e siècle. La langue est plus proche de l'araméen de Daniel, et
les modèles et l'orthographe sont très influencés par le grec. L'ensemble syro-palesti-
nien a un caractère local et une aire d'expansion réduite qui le distingue des autres
versions syriaques.
La bibliographie la plus complète est celle de C. Muller-Kessler, Grammatik des
christlich-palâstinisch Aramàischen, Teil I: Schriftlehre, Lautlehre, Formenlehre (Hil-
desheim/ Zurich / New York, 1991), XXV-XXXIV. Elle compte quarante-deux publica-
tions pour les éditions de textes, quarante-quatre pour les inscriptions, quatorze pour
les Catalogues, encyclopédies et les bibliographies, 121 pour les articles linguistiques,
grammaticaux et les lexiques, et trente-et-une notices au sein d'ouvrages plus géné-
raux. Tous les fragments palestiniens ne sont pas bibliques. L'hagiographie et l'ho-
milétique y ont leur place également. Les fragments bibliques constituent cependant
sans doute plus de la moitié des restes accessibles, surtout en comptant les lection-
naires. Il est encore trop tôt pour visualiser d'un coup les manuscrits recomposés.
Plusieurs éditeurs y travaillent et ont déjà annoncé leur publication future. La lenteur
des publications s'explique par la difficulté de savoir où se sont finalement fixés des
manuscrits déjà connus qui ont abouti entre les mains des antiquaires, et de la chez
des collectionneurs privés.
Le lectionnaire récent Vatican XIX, écrit en 1030, a le premier attiré l'attention
de S. E. et J. E. Asscmani, Bibliothecae Aposlolicae Vaticanae codicum manuscripto-
nim catatogus, tome I, 2 (Rome, 1758), 70-103- Il est analysé par J. G. Adler, Novi Te-
stamenti versiones syriacae, Simplex, Philoxeniana et Hierosofymitana: Liber III (Co-
penhague, 1789), 135-202, puis édité par F. Miniscalchi Erizzo, Evangelianim Hieroso-
lymitanum e codice vaticano palestino, tome 1 (Vérone, 1861) et tome 2 (Vérone,
1864). P. de Lagarde, EvangcUariwn Hierosolymiiamtm: Biholiothecae syriacae (Gôt-
lingen, 1892), 257-240, en a ensuite donné une édition plus précise. A Smith-Lewis et
M. D. Gibson, The Paleslinian Syriac Lectionary ofthe Gospels (Londres, 1899) en ont
publié un exemplaire sinaitique daté de 1104, qu'elles avaient photographié, et col-
lationné sur un troisième manuscrit sinaitique daté de 1118. Enfin A. Smith-Lewis
acquit au Caire un quatrième lectionnaire en papier des Xl e -Xn c siècles, aujourd'hui
au Westminster Theological Collège à Cambridge, avec des lectures de l'Ancien et du
Nouveau Testament: A. Smith-Lewis, A Palestinian Syriac Lectionary (Londres, 1897).
Des fragments supplémentaires ont été trouvés ensuite et publiés par P. Schulthess,
•Christlich-paListinische Fragmente», dans Zeitschrift der deutschen morgenlàndischcn
Gesellscliaft 56 (1902), 249-261, et par H, Duensing, Christlich-patâstinisch-aramâische
Texte und Fragmente (Gôttingen, 1906), 152-156. A. Smith-Lewis, Supplément to a Pa-
lestinian Syriac Lectionary (Cambridge, 1907) a intégré ces textes à d'autres feuillets
qu'elle avait elle-même entreiemps acquis. Des feuillets de papier contenant des mor-
ceaux de l'évangile et des Psaumes, et provenant du monastère de Société en Egypte,
furent publiés par J, P. N. Land, Anecdota Syriaca, tome 4 (Leyde, 1875), 103-126, 129-
137, 146-154, 157, 160. C'est là tout ce qui reste de la période récente.
La période ancienne est beaucoup plus difficile à restituer en ses codices origi-
naux. À la suite de C. Muller-Kessler, nous distinguons six sources principales et une
suite de petits fragments parfois inédits.
Va première est consituée par A. Smith-Lewis, Codex Climaci Rascriptits (Cam-
bridge, 1909). H s'agit d'une version syriaque de Jean Climaque, dont les 136 Feuillets
sont palimpsestes. Quatre des six manuscrits sous-jacents sont syro-palestiniens. Le
premier contient des passages de Matthieu et Marc, le second des épîtres de Paul. Il a
été complété par un fragment Mingana de Birmingham, publié indépendamment par
H. Duensing, «Zwei christlich-palastinisch-aramàische Fragmente aus der Apostelge-
schichte», dans Zeitschrift fur die Neutestamcntliche Wissenschaft 38 (1938), 42-46, et
M. Black, «A Palestian Syriac Leaf of Acts XXI», dans Bulletin ofthe John Rylands I.ibra-
ry 23 (1939), 200-214. Le troisième contient des fragments de l'Ancien et du Nouveau
Testament.
La deuxième source est constituée par les fragments apportés du mont Sinaï en
1857 par K. Tischendorf à Saint-Pétersbourg. Ils comptent 129 feuillets, dont plusieurs
à peine lisibles. On y trouve des morceaux des évangiles, des Actes, du Deutéronome,
d'Isale, des Proverbes et Job. Un fragment du Ps 129 fut publié par N. Pigoulewsky,
INTERPRETATION OFTHE DlIM
•Fragments syro-palestiniens des psaumes CXXIII-IV», dans Revue Biblique 43 (1934).
519-523. Le détail s'en irouve dans M. Goshen-Gottstein, 77>e Bible in the Syropale-
stinian Version, Part 1: Pentateuch andProphets [hebr.] (Jérusalem, 1973).
La troisième source de fragments est la collection de la Geniza du Caire Taylor-
-Schtechter à la bibliothèque universitaire de Cambridge. A. Smith-Lewis et M. D. Gib-
son, Palestinien Syriac Texlsfrom Palimpscst Fragments in the Tayhr-Schlechter Col-
lection (Londres, 1900) en publièrent déjà soixante-dix. C. Mûller-Kessler a dressé
XXII-XXIV la concordance des sigles des fragments de Cambridge d'après les dif-
férents auteurs qui y travaillèrent. Elle-même a identifié T.-S. 12742 avec Is 36,16-37,4.
M. Goshen-Gottstein en a travaillé 25, touchant Jérémie et 2 Rois. \V. Baars, «Two Pale-
stinian Syriac Texts Identified as Parts of the Epistle of Jeremias», dans Vêtus Testa-
mentum 11 (196l), 77-81. Le texte hébreu supérieur de la Geniza, Genesis Rabba, gui-
da M. Sokoloff, Die Geniza Fragments of Genesis Rabba and MS, Vat. Ebr. 60 of Gene-
sis Rabba [hebr.] (Jérusalem, 1971) et M. Sokoloff et J. Yahalom, «Christian Palimpsests
from Cairo Geniza», dans Revue d'histoire des textes 8(1978), 122.
La quatrième source provient également de la Geniza du Caire, mais aboutit en
1891 a la bibliothèque Bodléienne. G. H. Gwilliam. Tlie Paies! inian Version ofthe Holy
Scriptures (Oxford, 1893). II s'agit de fragments des Nomb 4-6, qui semblent aujour-
d'hui disparus de la Bodléienne, et 1-2 Col, 1 Th, 2 Tim et Tit. G. H. Gwilliam, F. Craw-
ford Burkitt et J. F. Stenning, Biblical and Patristic Relies ofthe Palestinian Syriac Lite-
rature (Oxford, 1896) donnent des fragments d'Ex 12, des Prov 9-10. de 1 Rois 2 et de
Job 22. W. Baars, «A Palestinian Syriac Text or the Book of Lamentations», dans Vêtus
Testamentitm 10 (i960), 224-227, retrouve quelques versets de Lam 1. M. Goshen-
-Gottsteln lut en outre quelques passages de Jér 21 et 52, auxquels C. Mûller-Kessler
ajoute un passage de Jér 31.
La cinquième source provient de la geniza de la Mosquée de Damas, dans la-
quelle Bruno Violet obtint d'entrer en 1900. Vingt-et-un fragments en furent publiés
par F. Schulthess, Chtisllich-palâstinische Fragmente ans der Omajjaden Moschee m
Damaskus (Berlin, 1905). On y trouve notamment des fragments de la Genèse, de
l'Exode, des Nombres, de 1 Samuel, de Siracide, des morceaux des quatre évangiles et
des épîtres de Paul.
La sixième et dernière source provient d'acquisitions privées, en particulier de
F. Grote. H. Duensing, Christlich-palâstinisch-aramâîsche Fragmente (Gôttingen, 1906);
idem, >Neue christlich-palastinisch-aramiiische Fragmente., dans Nachrichten derAha-
demie der Wissenschaften in Gôttingen, Phil.-hist. Klasse (Gôttingen, 1944), nr. 9, 215-
227; idem, «Zwei chrisilich-palâstinisch-aramaische Fragmente aus der Apostelgcschich-
te», dans Zeitschrift fur die Neutestamentliche Wissenschaft 38 (1938). 42-46, et enfin
idem, .Nachlese christlich-palastinisch-aramaischer Fragmente-, dans Nachrichten des
Hiditl m ESUROtCK. LES VERSIONS ORIENTALES DE LA BIBLE UNE ORIENTATION BinUOORAPHIQUE
Akademie der Wissenschaften in Gôttingen, Phil.-hist. Klasse (Gôttingen, 1955, 5), 115-
191, en a édité progressivement le contenu. La collection fut ensuite vendue et disper-
sée, notamment à Gôttingen: J. AIsTalg, Syrische Haiulschriften, syrische karSunische,
christlich-palàstinische. neusyrische und mandàische (Wiesbaden, 1963), 183-187, au
Vatican ms. Syr. 623, et au Westminster Theological Collège de Cambridge. L'importan-
te collection dont l'écriture supérieure est géorgienne du X e siècle a abouti aujourd'hui
dans la collection de M. Scli0yen à Oslo, comme nous l'avons dit plus haut pour le Iec-
tionnaire géorgien. Rien d'étonnant que le contenu corresponde sensiblement aux
autres fragments du même manuscrit géorgien de Leningrad; Exode, Deuteronome,
I Sam, 1 Rois, Jérémie, Proverbes, Daniel, Siracide, les quatre évangélistes et les Actes.
Le tout provient du Sinai où le manuscrit complet géorgien portait encore en 1883 la
cote Tsagareli 81. L'édition du fonds Schoyen vient d'être fournie par A. Desreumaux,
Codex Sittaitictts Zosimi rescriptus (Lausanne: Éditions du Zèbre, 1997). C. Mûller-Kess-
ler signale encore des feuillets plus isolés: quelques fragments de l'épître aux Calâtes
publiés parj. Rendel U:\rrh, Biblical Fragments from Alount Sinai (Cambridge, 1890),
65-68; deux fragments de Mt etjn provenant de la reliure du ms. Géorgien 32 du Sinaî,
et deux autres fragments de Gai sont publiés par A. Smith-Lewis, Catalogue oftheSyriac
Mss in the Couvent ofSt. Catherine on MoutU Sinai (Londres, 1894), 98-102, 1 18-120.
C. Pcrrot,«Un fragment syro-palestinien découvert à Kliirbet MircI», dans Renne Biblique
70 (1963), 506-555, donne Act 10,28-41. Enfin M. Goshen-Gottstein dans sa publication
globale intègre un fragment du Département égyptien du Musée de Philadelphie E.
16507, contenant Ex 22,1 1-20, et C. Mûller-Kessler signale encore quelques menus frag-
ments inédits de Khirbet Mird.de Cambridge et de Leningrad.
Depuis lors, dans son Catalogue d'Athènes en 1995 S. P. Brock a publié 79-91 la
description de seize fragments syro-palestiniens retrouvés en 1975 dans les murailles
de Sainte-Catherine au Sinaî. Huit d'entre eux sont bibliques. Les fragments 2, 9, 10 et
II appartiennent à des lectionnaires des XI c -XII e siècles. Les fragments 5 et 6 don-
nent des morceaux de Phtl et de Gai du IX e siècle. Le fragment 16 présente en deux
colories du VU* siècle une partie de Le 18. Enfin, le fragment 12 donne des lambeaux
des Ps 73, 80-82, 84-88. 101, 136, 142 dans une écriture du VII e siècle. Ces fragments
devraient également être intégrés aux publications futures.
Le tome 3 non biblique de A Corpus of Christian Palestinian Aramaic par
C. Mûller-Kessler et M. Sokoloff a vu le jour aux «Styx Publications» de Groningen en
1996. On y annonce déjà les deux premiers tomes à venir, respectivement pour l'An-
cien Testament et le Nouveau Testament en deux parties. De son côté, aux éditions du
Zèbre à Lausanne, A. Desreumaux, qui avait en 1970 présenté à Nanterre un doctorat
non publié sur Les matériaux du syro-palestinien pour une élude théorique des docu-
ments d'un dialecte, annonce une publication, où sûrement les manuscrits originaux
INTERPRETATION OF THE BIBLE;
seront remembrés, et où la perception de cette province de la traduction biblique
deviendra beaucoup plus simple à saisir.
Pour les lectionnaires syriaques, G. Rouwhorst a donné un chapitre dans l'ou-
vrage collectif de C.-B. Amphoux sur La lecture liturgique des épilres catholiques, 105-
140, donne une vue détaillée des publications et des sources les plus anciennes sur le
système de lectures liturgiques. Son étude examine successivement la tradition syro-
■orientale, syro-occidemale et celle des Maronites.
7. La Bible en aghouanais ou albanais du Caucase
Dans le groupe linguistique nord-est caucasien, une seule langue a eu jadis un
alphabet en même temps que le géorgien et l'arménien. Cet alphabet a été d'abord
connu par des recueils de copies de divers alphabets dans des manuscrits arméniens
des XV c -XVI e siècles. A. Sanidze, -Alphabet des Albanais du Caucase récemment dé-
couvert et son importance pour la science», dans Bulletin de l'Institut Marrele langues,
d'histoire et de culture matérielle, tome 4, 1 (Tifiis, 1938), 1-68; et I. Abuladze, «De la
découverte de l'alphabet du Caucase», ibid., 69-71 [en russe et géorgien] donnent une
vue générale du problème. On sait ainsi qu'il y a cinquante-deux caractères dans cet
alphabet, on connaît leur nom en translitération arménienne, mais leur morphologie
est livrée à l'ignorance des copistes qui en reproduisent les contours. En 1948, au
cours des travaux de construction d'une centrale hydraulique sur la rive gauche de la
Kura, sur le territoire de Sudagylana, on a découvert les fondements d'une égise anti-
que, avec une pierre de base munie d'une inscription aghouanienne. L'inscription
dite de Mingetchaour a fait l'objet de nombreuses recherches. Elle compte 70 carac-
tères, mais le déchiffrement reste difficile. 11 ne fait pas de doute que la langue Udi,
encore parlée jusqu'il y a une dizaine d'années dans le villages de Nid?, et de Vartasen
en Azerbaïdjan, est le descendant direct de l'aghouanais, La meilleure bibliographie et
description de l'Udi en langue occidentale a été faite par W. Schulze, Die Sprache der
Uden in Nord-Azerhajdzciit: Studieu zur Synchronie und Diachronie einer sûdostkau-
kasischen Sprache (Wiesbaden: O. Harrasowitz, 1982). Depuis 1997, il ne fait pas de
doute qu'une soixantaine de feuillets palimpsestes sinaitiques contiennent un texte
biblique en aghouanais. Nous avons vu nous-mêmes quelques photos sur le bureau
de Z. Aleksidze à Tifiis, qui prépare la description des nouveaux manuscrits géorgiens
découverts en 1975 au Mont Sinaî. Il faudra encore du temps pour identifier quel
passage scripturaire est ainsi conservé. Nul doute que l'importance de ces fragments
antiques soit énorme comme seul témoin ancien du groupe nord-est caucasien, lequel
comprend une quarantaine de langues.
MMW ™« IMlKOCCK, LES VERSIONS ORIENTAIJiS DE LA BIBLE: UNE ORIENTATION nmUOGRAPIHQUE
8. La Bible en pchlvic
Il suffit d'un fragment pour jeter la lumière sur ce qui a disparu. Un des monu-
ments les plus impressionants pour l'écriture pehfvie primitive est constitué par des
fragments d'un psautier, écrit sur vingt lignes en un pehlvie très archaïque qu'on date
entre le IV e et le VI e siècle. Il a été trouvé par la seconde expédition allemande à Tur-
fan en 1904-1905, dirigée par A. von Le Coq, dans un monastère chrétien à Bulayik, au
Nord de Turfan: A. von Le Coq, AufHcllas Spuren in Osttttrkistan (Leipzig, 1926), 88.
les fragments sont édités par V. C. Andréas, «Bruchstucke einer Pehlvi-Ùbersetzung
der Psalmen: Ans dem Nachlass herausgegeben von Kaj Barr», dans Silzungsberichte
der Preussisclwn Akademic der Wissetiscliafleu, l'hil.-hist. Klasse 1933, 1 (Berlin, 1933).
11 s'agit de treize feuillets dont certains très abîmés (fol. 10 et 13). Ils vont du Ps 94,17
jusqu'au Ps 136,1. Les feuillets 7 et 8 sont les mieux conservés, et le Ps 128 a été inséré
par 11. S. Nyberg, A M annal of Pahlavi, part 1: Texts (Wiesbaden: O. Harrassowitz,
1964), 128, dans sa chrestomathie. H. S. Nyberg souligne l'importance linguistique de
ces fragments pour la connaissance du pehlvie sinon toujours plus récent.
9. La Bible en soghdien
De nombreux fragments bibliques ont été conservés en soghdien. Ils ont été
succinctement décrit par N. Sims-Williams, -Sogdian Translations of the Bible», dans
E. Yarshater, Encyclopaedia franica, tome IV, 2 (Londres / New York: Itoulledge et
Kegan Paul, 1989), 207. La codification des fragments de Turfan est celle de M. Boyce,
A Catalogue of the Iranicm Manuscripls in Manichean Script in the German Turfan
Collection (Berlin, i960). Les fragments chrétiens ont le sigle C, et proviennent tous du
couvent de Bulayiq. Un lectionnaire C 5 avec des extraits de Mt, Le et Jn, plusieurs
lectionnaires des évangiles en traduction syro-soghdienne interlinéaire. Deux petits
fragments C 13 donnent le début de Mt en syriaque et en soghdien. Un lectionnaire
des épitres C 23, avec les rubriques pour les psaumes avant et après la lecture, un psau-
tier avec titres et premier verset en syriaque, et un fragment contenant un bout du Ps
32, avec les premiers mots en grec. C 5 est édité par F. W. K. Mùller, «Soghdische Texte
I», dans Abhandlungen des Preussischen Akademie der Wissenschafteu 1912,2 (Berlin,
1913). On y a Ml 5,30-33,38-41; 10,14-19,21-33; 13,17-19,24-25; 16,24-17,7; 20,17-19;
21,28^13; 25,31-46; Le 1,1-4,63-80; 6,12-17; 9,13; 10,34^12; 12,35-39,42-44; 13,3-1; 16,
2-15; 19,15-27; 24,19-22,27-34,36-47; Jn 1,19-35; 5,25-40; 9,9-16,30-33; 15,18-20; 16,
20-33; 17,24-26; 20,19-25; 21,1,5-7; pour les épitres 1 Cor 5,7; 11,23-25 et Gai 3,25-4,6.
Cet ensemble permet de se faire une idée du délabrement des manuscrits soghdiens
chrétiens. Leur date ne peut être précisée, mais elle doit se situer dans entre le VI e et le
INTERPRETATION OFTHE BIBLE
X e siècle. L'écriture est encore très proche de l'écriture syriaque nestorienne. Le dé-
chiffrement de Mûller a subi la révision de W. Sundermann, «Nachlese zu F. W. K. Mûl-
lers 'Soghdischen Texten IX dans Altorientalischc Forschungen 1 (197-1), 217-255; 3
(1975), 55-90; 8 (1981), 169-225. Bien que les textes ne diffèrent pas de ceux édités un
demi-siècle plus tôt, W. Sundermann les améliore non seulement grâce au progrès de
la connaissance du soghdien, mais aussi par l'adjonction de petits fragments supplé-
mentaires, comblant les trous de certains feuillets. F.n outre, les notices liturgiques sy-
riaques sont utilisées pour apprécier l'état primitif d'un codex dont il reste si peu.
Ainsi, la lecture de Mt 12 s'applique à la fête de Serge et Bacchus, normalement le 7 oc-
tobre. Pour les Psaumes, M. Schwartz, «Sogdian Fragment of the Book of Psalms», dans
Morientaliselten Forsclumgen 1 (1974), 257-261, donne les Ps 5,4 à 6,4; 19-20; 23,4-24;
29-30 et 50,15-51,15. W. Sundermann, «Einige Bemerkungen zum syrîsch-neupersi-
schen Psalmenbruchstuck aus Chinesish-Turkestan», dans P. Gignoux et A. Taffazoli,
Mémorial Jean de Menasce (Louvain: Fondation culturelle iranienne 185, 1974), 441-
452, édite le Ps 147.5-18 (hébr.) en néopersan et en écriture sogdienne du XI e siècle,
en notant l'existence de plusieurs psautiers, dont lui-même ignore où ils se trouvent. Le
gros ouvrage de N. Sims-Williams. Tlte Christian Sogiiian Manuscript C2 (Berlin, 1 985),
ne contient pas de textes scripturaires, mais des citations dans des textes. Ce codex
[émoigne à sa façon de ce que l'ensemble de la tradition syrienne orientale a émigré en
Asie centrale.
1 0. La Bible en iranien
La Bible en iranien comporte deux types de traduction. La première est judéo-
-persane. La langue y est moins une langue parlée qu'un moyen de ne pas oublier le
sens de la Bible en hébreu; ces traductions sont faites en caractères hébreux et cou-
vrent la plus grande partie de l'Ancien Testament. L'épigraphie témoigne que ce gen-
re de translittération persane apparaît au IX e siècle. L'autre traduction plus récente
concerne la mise en persan de la Bible, à une époque moins reculée.
Les traductions judéo-persanes ont été présentées par J. P. Asmussen dans
E. Yarshater, Encyclopaedia Iranien, tome IV, 2 (Londres / New York; Routledge et Ke-
gan Paul, 1989), 208-209. Les plus anciens fragments se trouvent dans la Geniza du
Caire. Ils appartiennent à au moins six manuscrits et n'avaient pas encore été édités
en 1989. Les manuscrits se trouve principalement à New York, Jérusalem et Cincin-
nati, mais aussi a Paris, Londres et Copenhague. Ils sont tous écrits en caractères hé-
breux. Déjà P. de Lagarde, «Persische Studien», dans Abhandlungcn der Kônigl. Gesell-
schajî der Wissenschaften zu Gôttingen 31 (Gôtlingen, 1884) publiait le texte d'Isaie,
Jérémie et Ez 1-10 en caractères hébreux. W. Bâcher publie Samuel dans Zeitschrifl
WtM <«« K'nnOECK, LES VERSIONS ORIENTALES DE LA CIBLE: UNE ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE
der deutseben morgenlândisclien Gesellschafi 51 (1897), 392-425. Le Pentateuque a
été édité d'après le ms VaL Pers. 61 par H. H. Paper, «The Vatican Judeo-Persian Penta-
teuch», dans Acta Orientalia, tome 28 (Copenhague, 1964-1965), 268-340 [Genèse],
tome 29, 1-2 (1965), 75-181 [Exodus and Leviticus], tome 29 (1966), 253-310 [Nume-
ri] et tome 31 (1968), 55-113 [Deuieronomium]. Le texte est translitéré en alphabet
romain augmenté. H. H. Paper publie en outre AJudeo Pcrsian Pentatettch (Jérusa-
lem: Ben Zvi Institute, 1972) d'après le Brit. Libr. Or. 5446, le plus ancien manuscrit
judéo-persan daté écrit en 1319- Le même auteur donne «Another Judeo-Persian Pen-
tateuch Translation MS. HUC 2193", clans Hebrew Union Collège Annucil 43 (1972),
207-281. M. H. Paper, Bibliajudaeo-Persica, Editio Variorum [micorol'ilml (Ann Arbor,
1973) a repris le Pentateuque au vu des autres témoins. E. Mainz a publié Esther dans
le Journal Asiatique 268 (1970), 95 sqq. et les Lamentations dans Studio Iranien, tome
2 (Leyde: E. J. Brill, 1973), 193-202, également translittéré. H. H. Paper a publié l'Ecclé-
siaste dans Orientalia, tome 42 (1973), 328 sqq. ainsi que E. Mainz dans Journal As ta-
tique 264 (1976), 22 sqq. H. H. Paper a republié Is 1-2 dans «Isaiah in Judeo-Persian»,
dans Acta Iranica, tome 5 (Monumentum H. S. Nyberg 2; Téhéran / Liège / Leyde,
1975) en juxtaposant en trois couches le texte massorétique, celui de Lagarde et la tra-
duction judeo-tajik de Reb Shimon Akham, Sefer yelayalm vetafsir (Jérusalem, 1914).
B. H. Carlsen a publié Jonah àaxsActa Iranica, tome 11 (Téhéran / Liège, 1976), 113-
126. E. Mainz publie Ruth dans le Journal Asiatique 264 (1976), 9 sqq.J. P. Asmussen
el H. H. Paper, «The Song of Songs in Judeo-Persian», dans Det Videnskaberncs Sel-
skab, Hist.Jibs. Skr. 9/2 (Copenhague, 1977) rend compte également des Psaumes à la
9. J. P. Asmussen publie Obadiah dans Acta Aniiqua 25 (1977), 155-263. E. Mainz
public les Proverbes dans le Journal Asiatique 268 (1980), 71-106, en même temps
que H. IL Paper dans Irano-Judaica (Jérusalem, 1982), 122-147. Enfin B. H. Carlsen a
publié Ainos dans Orientalia J. Duchesne-Guilîemin Emcrito oblata, Acta Iranica 5
(Leyde, 1984), 73-112.
De son côté, K. J. Thomas a résumé dans les mêmes pages de l' Encyclopaedia
Iranica en 1989 une chronologie des traductions du XI e siècle jusqu'à aujourd'hui
(203-206) et avec Fereydun Vahman dans les 209-213 une description des traductions
persanes de la Bible. Maimonide déclare qu'une traduction iranienne de la Bible a
existé bien avant le Coran. Elle explique les citations pehlvies dans le Skand-gumânig
wizâr au IX 1 ' siècle. Un évangile de Matthieu daté de 1312-1313 et traduit du syriaque
fut apporté en Inde en 1556, et est aujourd'hui le Vat. Pers, n° 4. A la fin du XVI e siècle
G. Vecchietti se mit à la recherche de traductions persanes de la Bible. II rapporta de
Shiraz un psautier en caractères- hébreux daté de 1316, maintenant à Paris n° I, et un
Pentateuque daté de 1319, l'Oriental 5446 de la Brit. Library. De Hamadnn il rapporta
les prophètes Isaïe, Jérémie, Ezechiel, les Lamentations el Baruch, aujourd'hui ms. Pa-
lNTïRranTATIONOf THE BI1ILI:
MM ra* ESBROFOC, LES VERSIONS ORIENTALES DE LA BtBLE UNE ORIENTATION DIIlUOORAPiriQUE
ris Hebr. 97. Enfin de Lar il ramenn les Megilloth, aujourd'hui Paris. Hebr. 117. De 1600
à l606, avec l'aide de Sams-al-Dîn Kanji et d'un carme Dawlat Khan Tarazï b. Shaikh
'Abd-al-Wahh3b Gwâliàrï, il translitéra le texte du Pentateuque en persan, D'ailleurs,
Jacob ben Joseph Tâvùs, professeur de persan à l'Académie juive de Constantinople
fit une traduction qui fut publiée en caractères hébreux par Eleazar ben Gerson Son-
cino en 1546 à Constantinople, puis translitéré en caractères persans par Thomas
Hyde et reprise dans la polyglotte de Londres en 1657. Il est aujourd'hui certain que
cette traduction s'appuie sur les antécédents judéo-persans.
Pour les évangiles, R. Gulbenkian, «The translation of the four Gospels into Per-
sîan», dans Neue Zeitschrift fiir Missionswissenschaft 36 (1980), 186-218, 267-289; 37
(1981), 35-37, a donné une excellente description de l'histoire de la traduction des
évangiles en persan. Entre 1318 et 1328, Sarkis Lûj b. Amlr Maleik, sans doute membre
du couvent des prêcheurs a Urmiah, traduisit les évangiles du grec. L'exemplaire fut
apporté à Lahore en 1600 afin de satisfaire le désir exprimé par Akbar 1 en 1598
d'avoir un texte lisible de l'évangile. Le P. J. Xavier en fit un vingtaine de copies disper-
sées aujourd'hui dans de nombreuses bibliothèques, mais ses scrupules le contraigni-
rent à une correction sur la Vulgate qui n'était pas achevée lorsqu'Akbar I mourut. Les
quatre évangiles en persan par Yûhannâ b. al-Kass Yusof Ya'qûbï furent copiés en
13-11 a Kaffa en Crimée par Simon b. Yûsof b. EbrahTm Tâbrïzl, un Arménien catho-
lique, el envoyés en Inde. La traduction dépend du syriaque et est parente de celle du
Diatessaron. Ce texte semble être celui qui a été incorporé dans la Bible de B. Walton
en 1657. En 1618, les Psaumes et les évangiles furent traduits a la demande de Shah
Abbas par Jean Thaddeus, évêque d'ispahan, assisté de trois mollahs et d'un rabbin
pour l'hébreu des psaumes. Six manuscrits se trouvent dans les bibliothèques d'Euro-
pe. Comme on l'a déjà signalé plus haut, il y a une traduction persane en caractères
arméniens, et une autre en caractères géorgiens des années 1700 environ. En 1739,
Nâder Shah commmandiia une traduction qui embrasserait les trois religions mono-
théistes. Quatre rabbins s'appliquèrent à l'hébreu, et trais carmes pour les évangiles,
l'évêque Philippe Marie, le père Urbain de saint Elisée et le père Thomas Aquinas qui
travaillèrent sur un modèle arabe. Six Arméniens traduisirent le reste du Nouveau
Testament, et un groupe de quatre Mollahs le Coran. En 1741, quand la traduction fut
présentée au Shah, celui-ci n'était plus intéressé. Des manuscrits en demeurent à Paris,
Londres et au Vatican.
On trouvera encore auprès de K. J. Thomas une liste détaillée des éditions du
XIX e siècle à nos jours, principalement sur la base de Darlow et Moule, Il s'agit de
vingt-trois éditions souvent partielles de 1804 à 1979, provenant le plus souvent d'ini-
tiatives missionnaires protestantes. Ces éditions dépassent le cadre de notre orienta-
tion bibiographique centrée sur le premier millénaire.
1 1. La Bible en nubien
Bien que les fragments nubiens ne soient pas antérieurs au DC" siècle, la traduc-
tion faite sur le grec peut dater déjà du VI e siècle. Les fragments bibliques ont été ré-
unis, étudiés et commentés par G. M. Browne, BibHorum sacrorum versio palaeomi-
j biana (CSCO 547: Subsidia 87; Louvain: Peeters, 1994). La première publication de
fragments nubiens est due à F. L Griffith, «The Nubian Texts of the Christian Period.,
dmsAbhandhmgeii derKônigl. Pretasisdm Akademic (1er Wîssenschaftcn 1913, Phii-
■hist. Classe 8 (Berlin, 1913), 24-41. Elle comptait quatre extraits de Mt 1,2 et 5; Jn
16,33-17,25; Rom 8,3-7; Gai 4,4-7; Pliii 2,12 et 14-18; Héb 5,4-10, sans qu'on puisse
déterminer l'origine des fragments. Plusieurs autres débris de manuscrits proviennent
de Qasr lbrîm: on y trouve des bouts des Ps 26, 31, 46, 61, 83, 86, 90 et 95; des pas-
sages de Me 11,1-10; jn 11,13 et 20;Jude 9-16; Phil 4,4-9; 1 Cor 2,6-11; 14,35-40; 2 Cor
1,2-7; Héb 6,7-8; Apoc 7,15-8,8; 14,6-15- L'hymne des trois enfants de Daniel se trouva
sur un mur du château de Qasr el-Wizz. Enfin au village de Sunnarti, les fragn
Me 11,5-11 et de Le 1,27-29. D'origine inconnue est Apoc 6,8-9 i
11,1-10, tous les autres fragments de manuscrits proviennent i
ténus soient-ils, ces restes témoignent d'une traduction ar^Ôg
S'il est possible de faire une remarqupJfyfÇg ".aie sui les versions anti
ques orientales, ce serait la suivante. On ne sa ,- \, insister sur les Hexaples d'Ori-
gène, qui manifestement ont été utilisées dans u -:ws les langues
Résumé
Mid,r l rnn tSBKOFCK
LES VERSION ORIENTALES DE LA BIBLE: UNE ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE
[c panorama qui a clé donné ci-dessus vtoe i accélérer l'accès aux sources de la transmission biblique
manuscrite. La question de savoir où sont les manuscrits des versions orientales antiques de ta Bible semble
cire simple. Nous nous sommes volontairement abstenu de commenicr le rapport au modèle hébreu ou grec.
" C'est un problème qui a été largement abordé par d'autres, mais dont les contours s'avèrent constamment
moins accessibles, au fur et a mesure que l'on retrouve les fragments de ce qui a aujourd'hui lolalement dis-
paru. Nous avons eu tout te temps a l'esprit d'indiquer en pointillé une évaluation de la masse disparue, incom-
parablement plus grande que tout ce qui nous en est resté aujourd'hui. Il nous parait en effet, que la transmis-
sion de la Bible dans les différentes cultures, constitua en soi, indépendamment des problèmes de filiation in-
terne, ou de la fidélité ou de l'infidélité au texte original, u n phénomène qui vaut par lui-même un exposé.
Bien que nous ayons gardé l'ordre alphabétique des langues principales de l'Orient chrétien, il est bien
évident que leur ordre chronologique n'est pas le mime. Le copte et le syriaque sont les deux langues de tra-
duction les plus anciennes, aussi antiques que les traductions latines el dont bien entendu, les exemplaires les
pbs anciens on: entièrement d isparu. Il peut être utile d'indiquer ici quelques indices linguistiques qui Invitent a
donner a une traduction parthe, entièrement disparue, un certain degré de vraisemblance. Nombreux sont les
termes arméniens anciens qui ne peuvent dériver que du parthe. Le mot .païen., en grec tOvrç, donne en armé-
nien hefanos qui ne peut provenir que d'un emprunt au parthe, qui transcrit le grec de cette manière. De même
j le litre .vardapet. du .docteur, devrait selon les règles de la phonétique donner «variapel.. Le à qui s'est main-
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The Slovenian Academy of Sciences and Arts
Section Two: Philological and Literary Sciences
Slovenska akademija znanosti in umetnosti
Drugi razred: filoloSke in literarne vede
UniversityofLjubljana • Facultyof Arts.FacultyofTheology
Univerza v Ljubljani • Filozofska fakulteta, TeoloSka fakulteta
University of Maribor
Univerza v Mariboru
INTERPRETATION
" OF THE BIBLE
INTERPRETATION
DER BlBEL
Interprétation
de la Bible
Interpretacita
svetega pisma
Slovenska akademija znanosti in umetnosti
Ljubljana
Sheffleld Académie Press
Sheffield
1998
HÉMH
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